Un homme en scooter dans une rue de la banlieue sud de Beyrouth, après des frappes israéliennes, le 20 avril 2026. Photo Mohammad Yassine / L'Orient-Le Jour
Des tensions ont éclaté dimanche après-midi dans le quartier Kafaat de la banlieue sud de Beyrouth, lorsque l'armée libanaise s'est déployée dans le secteur pour tenter d'arrêter des tireurs en l'air pendant les obsèques de partisans du Hezbollah tués dans des frappes israéliennes.
Une source de sécurité a indiqué à L'Orient-Le Jour qu'après une série de coups de feu, l'armée libanaise « s'est lancée à la poursuite des tireurs. » Une vidéo extraite des réseaux sociaux montre notamment un homme tirer une roquette en direction d'une route dans la banlieue sud.
Des médias locaux ont rapporté un regain de tension pendant le déploiement de l'armée dans le quartier, et des vidéos montrent notamment des centaines d'hommes, principalement vêtus de noir, certains brandissant des drapeaux du Hezbollah, bloquer dans une rue au moins deux véhicules blindés de la troupe. Des slogans partisans sont scandés. Interrogée au sujet de cet incident, la source de sécurité a refusé de donner plus de détails et évoqué la publication prochaine par l'armée d'un communiqué détaillant les circonstances des événements de l'après-midi.
Le gouvernement libanais s'était engagé en août 2025 à désarmer tous les groupes ne relevant pas de l’État, en tête desquels le Hezbollah, et à restaurer le monopole des armes. L'armée libanaise avait annoncé en janvier 2026 avoir terminé la première phase de son plan de désarmement de la milice chiite, dans la région du sud du Litani. Sauf que le Hezbollah a entraîné le Liban dans la guerre régionale le 2 mars en lançant une attaque contre Israël, qui mène depuis des frappes sur le pays ayant fait jusque-là plus de 2 600 morts. Ces attaques se poursuivent malgré une trêve entrée en vigueur le 17 avril. Depuis, le parti chiite a repris ses opérations au Liban-Sud, dont une partie est désormais occupée par l'armée israélienne, qui a créé une « zone tampon » dans le secteur. Dans un entretien vendredi avec un groupe de journalistes, le directeur des relations avec les médias du Hezbollah, Youssef Zein, a révélé que la formation pro-iranienne a acheminé des renforts en armes et en effectifs « au cours de la bataille » au Liban-Sud depuis le début de la guerre avec Israël le 2 mars. M. Zein s'est en outre dit « convaincu » que l'armée « n'entrera pas en confrontation avec le Hezbollah ».
Par ailleurs, le gouvernement avait également annoncé son intention de faire de Beyrouth une ville « sans armes », tandis que le président Joseph Aoun avait exhorté l'armée et les forces de l'ordre à effectuer des descentes dans les dépôts d'armes. Une initiative qui ne semble pas s'être encore traduite sur le terrain.


Des voyous restent des voyous.
09 h 15, le 04 mai 2026