Alors que le monde, et la région en particulier, retient son souffle en attendant la décision du président américain Donald Trump au sujet de l’Iran, le Hezbollah, lui, se prépare à une longue confrontation. Celle-ci pourrait durer plus d’un an.
Dans ses réunions internes – de plus en plus rares en raison du ciblage de ses cadres par les Israéliens –, le Hezbollah se déclare prêt à une telle éventualité, surtout depuis qu’il a commencé à utiliser ce qu’il considère comme « son arme fatale », les drones explosifs. Ces engins sont reliés à une fibre optique, et il serait très difficile pour les Israéliens de les déceler et de les détruire avant qu’ils n’atteignent leurs objectifs. Selon le Hezbollah, ces drones téléguidés sont apparus il y a deux ans du côté russe dans la guerre en Ukraine. Ils sont désormais fabriqués et utilisés par la milice, lui permettant de viser des cibles précises sans être interceptés.
Ces drones ne sont toutefois pas le seul élément de force du Hezbollah, qui estime aussi ne pas avoir de problème en matière de recrutement des combattants ni en matière de mobilité au sol, en dépit de la présence de soldats israéliens dans plusieurs localités frontalières. À ceux qui relèvent le fait qu’avant le déclenchement de la dernière guerre, les soldats israéliens n’avaient pas avancé en territoire libanais, se contentant d’occuper certaines positions à la frontière, le Hezbollah rétorque que sa tactique a désormais changé. Il ne s’agit plus d’empêcher les Israéliens d'entrer en territoire libanais, mais de rendre leur présence au Liban très difficile, en leur faisant subir de grandes pertes à la fois en vies humaines et en équipements militaires. Le Hezbollah est en effet arrivé à la conclusion suivante : seules les pertes subies pourraient faire renoncer le Premier ministre israélien à sa détermination à occuper le sud du Liban et peut-être même aller au-delà.
Toujours selon le Hezbollah, c’est à un nouvel Israël qu’il fait désormais face et cet Israël-là ne respecte aucun accord conclu, que ce soit l’accord sur Gaza ou celui avec le Liban. Son principal souci est désormais de créer des zones tampons autour de ses frontières avec tous les États limitrophes, qu’il s’agisse du Liban, de la Syrie ou d’autres. En même temps, il se réserve le droit de frapper violemment tout ce qui pourrait, à ses yeux, constituer une menace. C’est d’ailleurs ce qu’il fait au Liban et en Syrie et même à Gaza, en dépit des accords conclus et des perspectives de négociations. Pour cette raison, le Hezbollah estime qu’aucun accord, même garanti par une tierce partie comme les États-Unis, ne pourrait protéger le pays et le mettre à l’abri des attaques israéliennes. C’est pour cette raison que sa stratégie actuelle est donc de se préparer à une longue confrontation destinée à faire le plus de mal possible aux Israéliens, en leur causant des pertes et en mettant la pression sur les habitants du Nord.
Le Hezbollah garde toutefois un œil sur le processus d’Islamabad entre les États-Unis et l’Iran, sachant que les Iraniens lui ont clairement déclaré qu’ils n’accepteront pas un accord qui n’inclue pas un cessez-le-feu au Liban. Ce point, toujours selon ce que lui ont dit les Iraniens, est même en tête du dernier plan en 14 points qu’ils ont envoyé aux médiateurs pakistanais. Contrairement aux précédentes propositions, le cessez-le-feu sur tous les fronts, dont le Liban, constitue désormais le premier point. Il est suivi de l’ouverture du détroit d’Ormuz qui précède à son tour le dossier sur l’uranium enrichi et le nucléaire. C’est dire, toujours selon le Hezbollah, que les priorités iraniennes ont changé et que le Liban est désormais en tête. En insistant sur ce point, le Hezbollah veut répondre à tous ceux, au Liban, qui affirment que l’Iran le laissera tomber dès qu’une véritable perspective d’accord avec les Américains se profilera à l’horizon.
Mais cette insistance iranienne à inclure le dossier libanais dans tout accord avec les Américains peut aussi être motivée par une prise de conscience à Téhéran de la précarité de la situation au Liban, où les troupes israéliennes sont en profondeur. Le Hezbollah balaie cette éventualité et souligne que les rapports militaires et sécuritaires israéliens expliquent régulièrement que les forces israéliennes ont été surprises par les capacités du Hezbollah, sa réorganisation et ses moyens. Ces mêmes rapports précisent également que le Hezbollah envoie chaque jour, depuis le 2 mars, près d’une cinquantaine de missiles et de drones. Ce qui montre qu’il dispose de grandes réserves et qu’il n’est certainement pas sur le point de s’essouffler.
En tout cas, les responsables du parti répètent dans leurs déclarations quasi quotidiennes qu’il n’est pas question de revenir au scénario d’avant le 2 mars. Autrement dit, le Hezbollah n’a pas l’intention de suspendre ses attaques, quelle que soit l’issue des négociations entre le Liban et Israël. Le Hezbollah ne se conformera donc qu’au résultat des négociations entre l’Iran et les États-Unis. Cela place l’État libanais devant une situation particulièrement difficile : si ces négociations aboutissent, le Hezbollah ne compte pas respecter l’accord conclu, et ce sera alors aux autorités libanaises d’agir pour en assurer l’application. Les autorités libanaises en ont-elles la volonté et les moyens ? Le Hezbollah, lui, pense que ces négociations, si elles ont lieu, n’ont qu’un objectif : briser le tabou que constitue le dialogue direct avec les Israéliens, tout en ternissant l’image de la « résistance » aux yeux des Libanais. Mais que fera-t-il si un nouveau cessez-le-feu est annoncé en prélude aux négociations, comme le réclame le chef de l’État ? Le Hezbollah maintient le flou, rappelant que les Israéliens ne se sont pas conformés à ces annonces jusqu’à présent.


C’est sur et certain que le Hezbollah possède des tactiques de guerre comparables à celles des grandes armées, la preuve est que le Hezbollah est à 2 km d’envahir Tel Aviv en attendant d’arriver à Eilat. L’armée israélienne est complètement désintégrée et ses soldats se terrent dans les abris. Le nord d’Israel est entièrement détruit ainsi que sa banlieue nord. Sans parler des milliers de morts israéliens et des dizaines de milliers de blessés plus une économie par terre. On n’a jamais vu de meilleurs tacticiens. Ils ont même abandonné les bipeurs pour des pigeons voyageurs (mdr)
16 h 38, le 04 mai 2026