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Lifestyle - Disparition

Milia M., le dernier envol d’une voyageuse qui soudait les cultures

Elle avait tenté – et réussi – une réinvention du vêtement en œuvre d’art, contribué à la renaissance créative du Liban au lendemain de la guerre civile, montré une autre dimension du stylisme à la nouvelle génération de créateurs de mode. L’astre de Milia M. continue à rayonner au-delà de son départ du monde des vivants.

Milia M., le dernier envol d’une voyageuse qui soudait les cultures

L'empreinte de Milia Maroun, solaire, est trop profonde pour s'effacer. Photo tirée du site officiel Milia Maroun

Boucles blanches sur teint brun, coiffure improbable qui lui donnait l’air d’un page du 18e siècle… Ce n’était que peu de chose à céder au cancer, et elle en avait pris son parti, affichant avec une fierté crâne son portrait préféré qui la représentait scalp à nu, regard droit et intense. Ainsi était Milia Maroun, une battante sereine derrière la créatrice de vêtements iconique dont la contribution avait fait entrer la scène artistique libanaise dans l’universalité. Entre l’architecture d’intérieur et la mode – qu’elle avait étudiée à Esmod Paris et enseignée à Damas où la célèbre école avait hissé ses couleurs –, elle avait préféré l’esthétique mobile et la présence publique du vêtement à l’intimisme des décors privés. Au milieu des années 1990, dans un Liban qui goûtait pour la première fois depuis vingt ans à une vie sans obus, la...
Boucles blanches sur teint brun, coiffure improbable qui lui donnait l’air d’un page du 18e siècle… Ce n’était que peu de chose à céder au cancer, et elle en avait pris son parti, affichant avec une fierté crâne son portrait préféré qui la représentait scalp à nu, regard droit et intense. Ainsi était Milia Maroun, une battante sereine derrière la créatrice de vêtements iconique dont la contribution avait fait entrer la scène artistique libanaise dans l’universalité. Entre l’architecture d’intérieur et la mode – qu’elle avait étudiée à Esmod Paris et enseignée à Damas où la célèbre école avait hissé ses couleurs –, elle avait préféré l’esthétique mobile et la présence publique du vêtement à l’intimisme des décors privés. Au milieu des années 1990, dans un Liban qui goûtait...
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