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Lifestyle - nos petites guerres

Avoir vingt ans à Beyrouth, la chronique de Sabyl Ghoussoub


Avoir vingt ans à Beyrouth, la chronique de Sabyl Ghoussoub

Illustration Charles Berberian et Michèle Standjofski, issue de la bande dessinée « Et toi, comment ça va ? »

Rawa a des yeux si beaux et si grands qu’à chaque fois qu’elle me regarde, j’oublie la guerre qui a lieu ici, avant et maintenant. Rawa a vingt ans, elle est ma petite cousine, elle est étudiante aux Beaux-Arts de Beyrouth. Elle n’a jamais arrêté ou presque de se rendre à la faculté depuis le début de la guerre, des guerres. Parfois, elle ne comprenait plus le sens de ses études, ni même le sens de l’existence. Au cours des pires jours des bombardements israéliens à Beyrouth, elle m’a longuement répété : « À quoi bon vivre encore ? » Elle se recroquevillait ensuite sur elle, sans bouger, pendant des heures, et voir cette jeune fille solaire et intelligente dans un tel état de désespoir me poussait à en vouloir à la terre entière.Rawa a appris très jeune à garder les fenêtres ouvertes pour éviter que le souffle d’une explosion brise tout...
Rawa a des yeux si beaux et si grands qu’à chaque fois qu’elle me regarde, j’oublie la guerre qui a lieu ici, avant et maintenant. Rawa a vingt ans, elle est ma petite cousine, elle est étudiante aux Beaux-Arts de Beyrouth. Elle n’a jamais arrêté ou presque de se rendre à la faculté depuis le début de la guerre, des guerres. Parfois, elle ne comprenait plus le sens de ses études, ni même le sens de l’existence. Au cours des pires jours des bombardements israéliens à Beyrouth, elle m’a longuement répété : « À quoi bon vivre encore ? » Elle se recroquevillait ensuite sur elle, sans bouger, pendant des heures, et voir cette jeune fille solaire et intelligente dans un tel état de désespoir me poussait à en vouloir à la terre entière.Rawa a appris très jeune à garder les fenêtres ouvertes pour éviter que...
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