Le nouveau complexe de raffinage et de pétrochimie de Hengli Petrochemical est visible sur l’île de Changxing, à Dalian, dans la province du Liaoning, en Chine, le 16 juillet 2018. Photo d’archives : Chen Aizhu / Reuters
L'administration américaine a intensifié ses pressions sur Téhéran en imposant des sanctions à 35 entités et individus pour leur rôle dans le système bancaire parallèle iranien, et en menaçant de sanctions les banques travaillant avec des raffineries chinoises dites « teapot », qu’elle accuse de verser des droits pour le passage de cargaisons à travers le détroit d’Hormuz.
Le département du Trésor, à travers l’Office of Foreign Assets Control (OFAC), a indiqué mardi que les personnes et entreprises désignées avaient facilité le transfert de l’équivalent de dizaines de milliards de dollars liés au contournement des sanctions et à ce que Washington qualifie de soutien de l’Iran au terrorisme.
L’OFAC a également averti les banques contre toute relation avec des entreprises versant des paiements au gouvernement iranien ou aux Gardiens de la révolution islamique pour le passage dans le détroit, estimant qu’elles s’exposent à des sanctions importantes.
L'Office a particulièrement ciblé les raffineries indépendantes chinoises dites « teapot », principalement situées dans la province du Shandong, en raison de leur rôle dans l’importation et le raffinage du pétrole iranien, soulignant que certaines ont utilisé le système financier américain pour effectuer des transactions en dollars et se procurer des biens américains.
La Chine a déclaré s’opposer aux sanctions unilatérales « illégales ». Les efforts visant à mettre fin à la guerre entre l’Iran et ses adversaires, qui dure depuis deux mois, sont restés dans l’impasse mardi, le président Donald Trump se disant insatisfait de la dernière proposition de Téhéran, qui suggérait de reporter les discussions sur son programme nucléaire jusqu’à la fin du conflit et la résolution des différends commerciaux liés au transport maritime.
Le Trésor a indiqué que les sanctions visaient des individus et des entreprises permettant aux forces armées iraniennes, y compris les Gardiens de la révolution, d’accéder au système financier international pour recevoir des paiements issus de ventes illégales de pétrole, acheter des composants sensibles pour missiles et autres systèmes d’armement, et transférer des fonds vers les réseaux alliés de l’Iran.
« Le système bancaire parallèle iranien constitue une ligne de vie financière essentielle pour ses forces armées, permettant des activités qui perturbent le commerce mondial et alimentent la violence au Moyen-Orient », a déclaré le secrétaire au Trésor Scott Bessent.
« Les fonds illicites transitant par ce réseau soutiennent les opérations terroristes du régime, représentant une menace directe pour le personnel américain, les alliés régionaux et l’économie mondiale », a-t-il ajouté, précisant que toute institution facilitant ces réseaux s’expose à de « graves conséquences ».
Plus de 1 000 mesures de sanctions
Les désignations visent à exposer et perturber les mécanismes utilisés par Téhéran pour être payé sur ses exportations de pétrole et d’autres matières premières, et à réduire ses revenus, selon le Trésor. Depuis février 2025, l’OFAC a imposé des sanctions à environ 1 000 individus, navires et aéronefs liés à l’Iran, dans le cadre d’une campagne de « pression économique maximale » contre les réseaux bancaires parallèles de blanchiment d’argent et de contournement des sanctions.
Les banques iraniennes, coupées du système financier occidental, s’appuient sur des sociétés privées appelées « rahbar », qui gèrent des milliers de sociétés écrans à l’étranger pour exécuter les paiements liés aux importations et exportations iraniennes. Parmi les entités sanctionnées figure la société Farab Soroush Afagh Qeshm, accusée de travailler avec la banque iranienne Shahr Bank pour faciliter les ventes de pétrole, ainsi que deux de ses dirigeants.
L’OFAC a également sanctionné plusieurs sociétés « rahbar » travaillant avec Bank Sina, contrôlée par le guide suprême iranien, ainsi que la banque Sepah, liée à l’armée et impliquée dans le financement du programme de missiles balistiques iranien. Deux entreprises, Nix Energy et Tai Lung Trading, ont aussi été sanctionnées pour avoir transféré des millions de dollars pour le compte d’individus iraniens déjà sanctionnés.
Dans un avertissement distinct, le Trésor a souligné qu’aucun paiement à l’Iran ou aux Gardiens de la révolution pour un passage sécurisé dans le détroit ne serait autorisé pour les personnes ou institutions américaines, et que les institutions financières étrangères risquent des sanctions en cas de transactions liées à ces « péages ». L’administration Trump a déjà sanctionné cinq raffineries chinoises indépendantes, dont Hengli Petrochemical (Dalian), l’un des principaux acheteurs chinois de pétrole iranien.
Ces sanctions, qui bloquent les avoirs américains des entités visées et interdisent aux Américains de faire affaire avec elles, ont dissuadé certaines grandes raffineries indépendantes d’acheter du pétrole iranien. La Chine achète plus de 80 % du pétrole exporté par l’Iran, selon des données de 2025 de la société d’analyse Kpler. Enfin, Brett Erickson, responsable chez Obsidian Risk Advisors, a estimé que l’administration Trump devrait cibler plus largement les banques chinoises soutenant Téhéran. « Washington parle d’une campagne de pression maximale, mais évite encore la seule mesure qui compterait vraiment. Si vous n’êtes pas prêt à cibler les banques chinoises qui soutiennent le régime à Téhéran, vous ne visez pas la jugulaire, vous mettez en scène un simulacre. »



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