Les équipes de l’OML aidées par les habitants déchargent les paquets de farine. Photo fournie par l’OML
Malgré l’annonce d’un cessez-le-feu, une partie du Liban-Sud continue de vivre à l’écart de toute accalmie. Dans les villages frontaliers situés au cœur de la « ligne jaune », la réalité demeure inchangée : les bombardements se poursuivent, tandis que l’isolement prive les habitants de ressources essentielles et de soins vitaux.
Pour les quelque 1 700 familles restées sur leurs terres, chaque jour est un défi. Mais au milieu de cette épreuve, des gestes concrets viennent rappeler que la solidarité ne connaît pas de frontières.
Les camions arborant la croix de l’ordre de Malte. Photo fournie par l’OML
Mercredi, dès l’aube, un convoi de cinq camions de l’ordre de Malte Liban (OML) a quitté Beyrouth en direction des villages de Rmeich, Aïn Ebel et Debel. À leur bord, des denrées alimentaires – farine, fruits, légumes –, des médicaments et des kits d’hygiène symbolisent un engagement profond : celui de ne pas abandonner les populations les plus vulnérables. Cette initiative, soutenue par la Fondation Pierre Fabre, incarne une réponse humanitaire directe à une situation volatile qui ne cesse de se détériorer.
Sur place, certains ont fait le choix de rester, malgré les risques. C’est le cas des équipes médicales locales et des centres de l’ordre de Malte à Rmeich et à Aïn Ebel, qui poursuivent leur mission auprès des habitants. Leur présence est devenue un pilier essentiel pour une population privée d’accès aux services hospitaliers de base.
L’histoire de Clara, 18 ans, illustre à elle seule les défis de cet isolement. Après trois jours de souffrance, son état s’est aggravé : une appendicite s’était transformée en péritonite. Grâce à une coordination intense entre les équipes de l’OML à Rmeich et les autorités, une évacuation vers Beyrouth a finalement pu être organisée. Opérée en urgence, la jeune femme est aujourd’hui hors de danger. Une issue qui, dans ce contexte, relève presque du miracle.
Dans ces villages coupés du monde, où les infrastructures médicales sont limitées au strict minimum, chaque intervention devient une course contre la montre. Pourtant, malgré les difficultés, une détermination silencieuse anime les soignants, volontaires et habitants qui ont décidé de rester.
Au-delà de l’aide matérielle, ces convois acheminés depuis Beyrouth, ainsi que la présence continue de l’OML sur le terrain, portent un message essentiel : celui d’un engagement indéfectible. Ils rappellent aux habitants qu’ils ne sont ni oubliés ni seuls. Dans un paysage marqué par l’incertitude, ces élans de solidarité dessinent une autre réalité, celle d’une humanité qui persiste et d’un espoir qui, même fragile, continue de circuler.

