Une femme et un garçon passent devant une fresque nationaliste à Téhéran, le 21 avril 2026, sur fond de cessez-le-feu dans la région. Photo Atta Kenare / AFP
La guerre qui a opposé pendant près de six semaines les États-Unis et Israël d’un côté à l’Iran de l’autre côté a laissé derrière elle un lourd bilan matériel et humain. Au moins 7 645 bâtiments ont été endommagés ou détruits à travers la République islamique entre le début des hostilités, le 28 février, et l’entrée en vigueur de la trêve de deux semaines, le 8 avril, dont 60 établissements éducatifs et 12 structures de santé, selon l'agence Bloomberg, citant une étude des chercheurs de Conflict Ecology à l’Université d’Oregon State fondée sur des images radar.
Malgré la prolongation sine die de la trêve fragile de deux semaines, annoncée unilatéralement par le président américain Donald Trump, le bilan humain continue de s’alourdir. La Fondation des martyrs en Iran a fait état samedi de 3 468 morts, dont 1 701 civils, parmi lesquels au moins 254 enfants, rapporte l’ONG Human Rights Activists News Agency, basée aux États-Unis. Sur le plan diplomatique, la situation reste incertaine. Les discussions entre Washington et Téhéran, censées reprendre en début de semaine à Islamabad après une première session le 11 avril, n’ont toujours pas repris, l’Iran conditionnant la reprise des pourparlers à la levée du blocus naval américain.
Dans la capitale iranienne, mégapole de neuf millions d’habitants, les stigmates des bombardements sont visibles : immeubles éventrés, amas de gravats et quartiers partiellement dévastés, rapporte Bloomberg. Une analyse de l’agence américaine, centrée sur Téhéran, estime que 2 816 bâtiments y ont été touchés : environ 32 % étaient liés à des activités militaires, 25 % à l’industrie, 21 % à des usages civils, tandis que 19 % relevaient du secteur commercial et 2 % d’infrastructures gouvernementales.
Si des frappes ont été signalées dans plusieurs régions d’Iran, notamment à Ispahan - capitale culturelle historique du pays et important pôle industriel -, Téhéran apparaît comme l’une des villes les plus durement touchées, selon le média. Les destructions y sont toutefois inégalement réparties : de larges zones ont été épargnées, tandis que d’autres présentent des concentrations importantes de dégâts, souligne encore Bloomberg. L’analyse des zones sinistrées montre que des cibles militaires ou gouvernementales se trouvent souvent à proximité immédiate d’infrastructures civiles et commerciales, illustrant l’imbrication des fonctions urbaines.
La municipalité de Téhéran affirme par ailleurs que plus de 39 000 unités résidentielles ont été gravement endommagées depuis le début des bombardements.
Dans le quartier de Vanak, au cœur de la capitale, où se mêlent habitations, bureaux, commerces et infrastructures publiques, des habitants évoquent des pâtés de maisons entiers rasés, notamment dans les zones résidentielles. Plus au sud, l’hôpital Gandhi a été frappé, subissant d’importants dégâts, selon des images diffusées par les médias d’État.
Au-delà de la capitale, certaines frappes ont fait un nombre particulièrement élevé de victimes civiles. Dans la ville de Minab, dans le sud du pays, une attaque ayant visé une école dès le premier jour du conflit aurait tué au moins 150 enfants, selon les autorités et médias d’État iraniens.

