La statue du Christ à Debel qui a été détruite. Photo postée en 2021 sur Facebook
L’armée israélienne a annoncé mardi avoir installé « en coordination avec les habitants » du village chrétien de Debel, au Liban-Sud, une nouvelle statue de Jésus-Christ en remplacement de celle qui avait récemment été vandalisée dans la même localité par un de ses soldats. La nouvelle statue n'est pas similaire à l'ancienne.
« L'armée israélienne a mis la statue en place et nous a notifiés », a expliqué Joseph Atieh, président de la municipalité, contacté mardi soir par la chaîne MTV. Il a par ailleurs rejeté les critiques lancées contre le village, après l'intervention de l'armée israélienne. « Que ceux qui sont plus patriotes que nous viennent nous demander des comptes », a lancé M. Atieh. Il a encore révélé qu'une deuxième croix, offerte au village par l'Eglise italienne, sera bientôt installée. Une vidéo publiée mardi en ligne montre ce nouveau crucifix, emballé, être réceptionné dans le village. M. Atieh a indiqué à la MTV que cette croix serait installée par la Force intérimaire de l'ONU au Liban (Finul). Cette dernière n'a toutefois pas voulu confirmer ces informations à L'Orient-Le Jour, se contentant de souligner avoir accompagné un convoi humanitaire emmené par le nonce apostolique Paolo Borgia qui s'était rendu la veille dans la zone, sans qu'il ne soit immédiatement clair si la croix avait été acheminée lors de cette initiative.
Des images de cet acte de vandalisme, largement diffusées en ligne, montraient un homme en treillis militaire frappant à l’aide d’une masse la tête de la statue, décrochée de la croix sur laquelle elle était initialement fixée.
L’armée israélienne a également indiqué, via son porte-parole arabophone Avichay Adraee, avoir condamné à 30 jours de détention et écarté des combats deux de ses soldats, l’un pour avoir vandalisé la statue et l’autre pour avoir filmé la scène.
Avichay Adraee a précisé que les autres soldats présents lors de l’incident, « qui n’ont ni réagi ni signalé les faits », ont été convoqués à des séances d’explication, à l’issue desquelles des décisions seront prises concernant d’éventuelles mesures disciplinaires.
Selon lui, l’enquête a établi que les faits se sont produits lors d’une opération menée par une unité de l’armée israélienne dans le village de Debel. L’armée israélienne a par ailleurs exprimé ses « profonds regrets » face à cet incident, affirmant que ses opérations au Liban visent « le Hezbollah et d’autres éléments qualifiés de terroristes, et non les civils libanais ».
Ce genre de dégradation contre des symboles religieux commises par les troupes israéliennes au Liban-Sud n'est toutefois pas un cas isolé. Lors de la précédente offensive terrestre au Liban-Sud lancée lors de la guerre de l'automne 2024, des soldats israéliens s'étaient filmés alors qu'ils profanaient un monastère de Deir Mimas (Marjeyoun), ou encore une statue de saint Georges à Yaroun (Bint Jbeil). Plusieurs lieux de cultes, dont des mosquées et des églises, sont régulièrement touchées par les bombardements israéliens.
Malgré le cessez-le-feu de dix jours entré en vigueur la semaine dernière au Liban, l'armée israélienne mène toujours des frappes sporadiques au Liban-Sud et poursuit ses destructions systématiques des habitations et autres bâtiments dans les villages qu'elle occupe le long de la frontière.



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