La destruction à Nabatiyé, le 17 avril 2026. Photo Mahmoud Zayyat/AFP
La Banque mondiale, en coopération avec le Conseil national de la recherche scientifique au Liban, prépare un nouveau rapport pour évaluer les dégâts causés par la guerre en cours avec Israël et estimer les coûts de reconstruction, a déclaré à L’Orient-Le Jour le ministre des Finances Yassine Jaber.
Selon le ministre, les destructions enregistrées au cours des quatre premières semaines de la guerre de 2026 avaient été initialement estimées à environ 1,5 milliard de dollars. Ce chiffre a fortement augmenté depuis, en particulier après l’intensification des bombardements en avril, qui, selon lui, ont détruit des ponts, des villages et des bâtiments aux abords de Beyrouth. Une seconde évaluation est attendue d’ici à la fin avril.
M. Jaber a indiqué que cette évaluation reposera sur l’imagerie satellitaire plutôt que sur des enquêtes de terrain, ce qui permet des estimations plus rapides et plus larges des destructions. Un programme d’intelligence artificielle sera utilisé « pour traiter les images et permettre d'estimer les coûts à partir de ces données », a-t-il précisé.
Bien qu’aucun chiffre final n’ait encore été arrêté, Jaber a affirmé que les pertes directes se chiffrent déjà en milliards, « pas moins de 3 à 4 milliards de dollars », a-t-il souligné. « Ce sont des pertes directes énormes », a-t-il ajouté, précisant que ce chiffre s’ajoute aux dégâts causés par la guerre de 2024, qu’il a estimés à environ 7 milliards de dollars.
Un rapport de la Banque mondiale publié en mars 2025 avait estimé le coût économique du conflit ayant affecté le Liban à 14 milliards de dollars, dont 6,8 milliards de dollars de dégâts matériels et 7,2 milliards de dollars de pertes économiques liées à la baisse de la productivité, aux revenus non perçus et à la hausse des coûts d’exploitation. Les besoins de reconstruction et de relèvement liés à ce conflit avaient, eux, été estimés à 11 milliards de dollars.
S’agissant du conflit actuel, M.Jaber a indiqué que les pertes économiques indirectes s’accumulent également, sans pouvoir en préciser le montant. « Les coûts indirects concernent, tout d’abord, les recettes de l’État », a-t-il déclaré, notant que les recettes publiques avaient chuté d’environ 35 à 40 % en mars. Il a ajouté que les remises de la diaspora avaient elles aussi reculé de « plus de 5 % » ce mois-là.
Au final, M. Jaber a affirmé que la guerre devrait également peser lourdement sur la croissance économique, le PIB pouvant se contracter jusqu’à 12 à 14 %, selon des économistes qu’il a rencontrés à Washington. En 2024, le PIB avait reculé d’environ 7,1 % selon des chiffres publiés en juin 2025.
Avec une aide internationale en nette diminution, M. Jaber indique que le gouvernement avait dû compter sur ses propres ressources, notamment en puisant dans les réserves et en réaffectant une partie de prêts existants pour couvrir les besoins humanitaires. Le 16 avril, sa collègue des Affaires sociales Hanine Sayyed a déclaré à Asharq News le 16 avril que seuls 30 % des besoins d’urgence du Liban avaient été couverts jusqu’à présent. Lors de la guerre précédente, en 2024, le Liban avait reçu environ 700 millions de dollars d’aide, contre moins de 100 millions de dollars qui sont jusqu’ici parvenus au pays via l’Appel éclair des Nations unies en 2026.
« La différence cette fois, c’est que le Liban n’est pas le seul à avoir été touché, la région est également affectée », explique Yassine Jaber, évoquant de potentielles baisses de salaires et des licenciements dans les pays du Golfe où travaillent de nombreux Libanais, notamment aux Émirats arabes unis, au Koweït, en Arabie saoudite et à Bahreïn. Cela, a-t-il dit, pourrait encore réduire les flux de transferts au cours des prochains mois.



Il paraît que le Brésil est prêt à nous aider…
08 h 37, le 23 avril 2026