Des enfants font le geste de la victoire depuis un véhicule coincé dans les embouteillages alors que des centaines de personnes déplacées rentrent chez elles après l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu de dix jours entre le Liban et Israël, près de Tyr, au Liban, le 17 avril 2026. Photo Aziz Taher / Reuters

« 10 jours de répit… » Ce vendredi 17 avril, ces quelques mots font la Une de notre journal. C’est un titre court, comme notre souffle après un mois et demi de guerre. Comme ces nuits « interminables » que nous avons passées. Court comme ce sursis qui nous est accordé.
Mais aussi courte et incertaine qu’elle soit, cette trêve, nous l’accueillons avec soulagement.
Pendant dix jours, nous pourrons respirer l’air du Liban, déchargé de sa poudre à canon. Nous retournerons chez nous, dépoussiérerons les meubles, rangerons nos affaires à leur place. Nous ferons joyeusement semblant, en attendant l’heure du prochain verdict.
Mais en réalité, nous n’oublierons pas. Les villes et villages détruits, ou toujours assiégés, les victimes innocentes, le « mercredi noir », la rédaction en ébulliton… Alors, en cette fin de semaine, nous vous proposons de lire ou relire ces histoires, et d’autres, plus légères aussi, parce que nous en avons tous besoin.
Bonne lecture.


« J’ai rêvé que le Liban avait disparu » : le roman coup de poing de Manal Salamé

Saluée par la presse hexagonale et invitée à la Grande Librairie, la primo-romancière Manal Salamé, auteure de « Habibi Beyrouth », s’annonce comme une voix forte de la nouvelle génération d’auteurs libanais d’expression française. Elle se confie à Zéna Zalzal sur ce livre qu'elle a pensé comme un cri du cœur.

Haïssam, le gardien du bus du 13 avril 1975, la chronique de Sabyl Ghoussoub

La scène est digne d’un film d’Elia Suleiman, de Jim Jarmusch ou Wim Wenders. On voit un gardien assis dans une petite loge face à un bus rouillé, tordu et criblé de balles, cette carcasse étant celle qui a mené son pays à une guerre civile de quinze ans. Haïssam passe chaque jour de la semaine, huit heures par jour, face au bus du 13 avril 1975. Pourtant, il évite le plus souvent de le regarder. La chronique de Sabyl Ghoussoub.

Mahdi et Ali, 18 et 37 ans : deux artistes du Liban-Sud tués par Israël pour avoir refusé de fuir

Derrière les chiffres, il y a des noms et des visages. Mahdi Rihane et Ali Sbaity ont été tués les 16 et 18 mars dans des bombardements israéliens sur leurs villages respectifs, Kfarsir et Kafra. À l'aide d'une caméra ou d'un pinceau, les deux artistes racontaient chacun à leur manière le sud du Liban, qu'ils voulaient immortaliser. Gabriel Blondel vous raconte leur histoire.

Tyr, la vie dans un Liban au bord du siège

Après une frappe sur le dernier pont reliant le nord au sud du pays, l'armée libanaise a réussi à rétablir la circulation dans les deux sens, le 9 avril. Les habitants peuvent souffler, le blocus n’aura pas lieu. Du moins pas cette fois. Mais tout le monde le sait : le prochain coup peut sévir à n’importe quel moment. La grande ville du Liban-Sud, et son arrière-pays, ne tiennent plus qu’à un fil. Notre journaliste Stéphanie Khouri s'est rendue sur place.

Dans les coulisses de « L'OLJ » : cessez-le-feu en Iran, feu à volonté au Liban

Le 8 avril dernier, au sein de la rédaction, la matinée était marquée par des questions que le reste de la journée devait apporter. Le Liban fera-t-il finalement partie du cessez-le-feu ? Doit-on, au contraire, s'attendre à un acharnement israélien sur le pays ? Peu après 14h, la réponse est tombée, fracassante. Dans l'après-midi, le journal est en ébullition. Sami Sioufi vous emmène dans les coulisses de L'Orient-Le Jour.

Venu pour un an, toujours à Beyrouth 33 ans plus tard : l’histoire libanaise du chef pâtissier français Lionel Pellé

Confectionneur de douceurs, Lionel Pellé a posé ses bagages, ses émotions, sa vie professionnelle et personnelle au Liban il y a 33 ans… Depuis, il n’a jamais eu envie de repartir. Même si les occasions de le faire étaient et restent nombreuses. Carla Henoud l'a rencontré.

D'où que l'on soit, le billet de Sophie Fontanel après le « mercredi noir » au Liban

Le 8 avril au soir, après une journée d'horreur, Sophie Fontanel ne sait quoi dire mais elle décide de dire quand même, sur ses réseaux sociaux. Au-delà des commentaires fraternels qui s'accumulent sous sa publication, elle reçoit rapidement une avalanche de critiques, lui rappelant combien la nuance est aujourd'hui perçue comme une radicalité. Et combien elle n'en est que plus essentielle. Retrouvez son billet.

Quand Jamil Molaeb peignait la guerre dans un esprit d'union nationale

Connu pour ses radieuses variations autour des thèmes de la nature, des oiseaux et des villes aimées – en tête de liste desquelles figure Beyrouth – Jamil Molaeb a aussi peint les conflits au Liban. Dans une tentative de les exorciser. « Malheureusement, dans ce pays, elle ne nous lâche pas », confie-t-il à Zéna Zalzal. Rencontre.
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