Le président de la République, Joseph Aoun, reçoit le ministre d’État britannique chargé des Affaires du Moyen-Orient, Hamish Nicholas Falconer, à Baabda le 16 avril 2026. Photo Baabda.
Il s'agit de leur premier contact direct. Jeudi, le président de la République, Joseph Aoun, a reçu un appel téléphonique de son homologue américain, Donald Trump, sur fond d'efforts accrus pour aboutir à un cessez-le-feu au Liban. Résultat : à peine une heure plus tard, le président américain a annoncé une trêve de dix jours entre le Liban et Israël à partir de jeudi minuit. Quelques heures plus tôt, le président libanais avait échangé avec le secrétaire d'État américain, Marco Rubio. Ces entretiens interviennent en outre après la polémique suscitée par l'annonce israélo-américaine d'un appel imminent entre le président Aoun et le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu. Une éventualité que le chef de l'État a rejetée, alors que même la réunion de mardi à Washington entre les ambassadeurs du Liban et d'Israël (pour préparer des négociations directes, lors desquelles le Liban serait représenté par l'ambassadeur Simon Karam) est sévèrement critiqué par le camp du Hezbollah.
Selon un communiqué du palais, lors de l'entretien, le président Aoun a « renouvelé ses remerciements pour les efforts déployés par Trump en vue de parvenir à un cessez-le-feu au Liban et d'assurer une paix et une stabilité durables, en prélude à la réalisation d'un processus de paix dans la région ». Joseph Aoun a ainsi exprimé le souhait de voir les efforts américains se poursuivre afin d'obtenir un cessez-le-feu dans les plus brefs délais. « En réponse, M. Trump a réaffirmé son soutien au président Aoun et au Liban, soulignant son engagement à répondre à la demande libanaise d'un cessez-le-feu dans les plus brefs délais », selon le communiqué. L'entretien entre les deux présidents a finalement accéléré les efforts pour atteindre un cessez-le-feu. La chaîne 12 israélienne a dans la même veine rapporté que M. Trump a échangé avec Benjamin Netanyahu avant sa discussion avec Joseph Aoun.
Une démarche « mûrement réfléchie »
Un appel qui remplace donc un autre ? Mercredi soir, le président américain avait affirmé que les « dirigeants d'Israël et du Liban » allaient se parler jeudi. L'annonce a été faite suite à une réunion entre le président Trump, l'ambassadeur américain à Beyrouth, Michel Issa, et le secrétaire d’État, Marco Rubio, rapportée par l'ambassade US à Beyrouth sur X. Quelques heures plus tard, la ministre israélienne des Sciences et des Technologies, Gila Gamliel-Demri, affirmait elle aussi que Benjamin Netanyahu allait « parler avec le président libanais ». Elle a également indiqué à la radio de l'armée israélienne qu'elle espérait « que cela mènera à terme à la prospérité et à l’épanouissement du Liban ». « Il s’agit d’une démarche qui a été mûrement réfléchie au fil du temps », a-t-elle ajouté.
Aussitôt, la polémique a éclaté au Liban. Selon des informations de presse, le président du Parlement, Nabih Berry, ainsi que le leader druze Walid Joumblatt, sont entrés en contact avec Baabda pour « déconseiller » au président de la République de parler directement à Benjamin Netanyahu. Les milieux proches du Hezbollah, qui rejettent les négociations directes avec Tel-Aviv, ont également fermement critiqué cette éventualité sur les réseaux sociaux, arguant même que ce serait « la fin du mandat Aoun ».
Mais le chef de l'État - qui conditionne les négociations directes à un cessez-le-feu - a vite contenu la situation. Ainsi, deux sources officielles ont indiqué à l'agence Reuters que Baabda a informé l'ambassade américaine que le président Aoun rejette cette possibilité. Trois officiels ont également indiqué à la même agence qu'aucun contact n'était prévu avec le Premier ministre israélien.
Une « porte d'entrée naturelle »
Joseph Aoun s'est d'abord entretenu avec Marco Rubio, qui semble avoir ouvert la voie à un contact avec Donald Trump. Selon un communiqué du palais, le président de la République a remercié le chef de la diplomatie américaine « pour les efforts déployés par Washington en vue d’obtenir un cessez-le-feu au Liban ». M. Rubio, de son côté, a exprimé « son soutien et son estime pour les positions du président Aoun ». Dans la même veine, l'ambassadrice du Liban à Washington, Nada Hamadé Mouawad, a indiqué que « l'appel était un échange bilatéral exclusivement entre MM. Rubio et Aoun ». Et d'ajouter : « L'appel s'est très bien passé. Il a constitué un indicateur fort de l'intérêt considérable que le ministre porte au dossier libanais ».
En outre, le président Joseph Aoun a reçu le ministre d’État britannique chargé des Affaires du Moyen-Orient, Hamish Nicholas Falconer, auquel il a affirmé qu'un cessez-le-feu devrait constituer la « porte d'entrée naturelle vers des négociations directes » avec Israël. M. Aoun a ainsi rappelé que ce cessez-le-feu préliminaire à des pourparlers est une revendication dans le cadre de « l’initiative présidentielle de négociation », selon des propos publiés sur X par la présidence. « Les négociations seront menées exclusivement par les autorités libanaises, car il s’agit d’une question de souveraineté dans laquelle aucun autre acteur ne peut être associé », a-t-il insisté, alors que l'Iran se félicitait mercredi d'avoir fait pression pour un cessez-le-feu prochain qui n'a pour l'instant pas été approuvé par Israël. « Le retrait des forces israéliennes du territoire libanais est une étape essentielle pour consolider le cessez-le-feu, permettre le redéploiement de l’armée libanaise jusqu’à la frontière internationale, renforcer l’autorité de l’État et mettre fin à toute présence armée », a encore insisté le chef de l'État, qui a réclamé « la fin des attaques contre les civils et de la destruction des maisons dans les villages libanais. » Il a en outre martelé que les décisions prises par le gouvernement, notamment concernant le monopole des armes, « seront appliquées dans l’intérêt du Liban et afin d’assurer la protection de tous les Libanais qui souhaitent voir leur État assurer seul la sécurité et la stabilité du pays. »




Est-ce que Aoun, qui prétend vouloir récupérer la souveraineté de notre pays, attend le feu vert des iraniens et de leurs mercenaires pour accepter de sauver notre pays? Parce que si c’est le cas, ça n’est pas la peine de pavoiser et de nous promettre la souveraineté et l’honneur retrouvés. Il ne peut lus se cacher derrière la peur d’une guerre civile. Cette possibilité est morte et enterrée. Alors qu’a-t-il comme excuse pour aller discuter personnellement de nos problèmes afin de trouver une solution sans utiliser le téléphone cassé qui a causé notre ruine? Nous attendons une réponse officie
12 h 33, le 17 avril 2026