Le Premier ministre libanais, Nawaf Salam. Photo non datée publiée sur le compte X du Grand Sérail.
Le Premier ministre, Nawaf Salam, a déclaré dimanche que le Liban-Sud ne serait pas « abandonné une nouvelle fois », et que le gouvernement poursuivait ses efforts pour mettre fin à une guerre « qui n’était pas notre choix », via des négociations directes prévues la semaine prochaine avec Israël, à Washington. Il a tenu ses propos à l'occasion de la commémoration du 51e anniversaire du déclenchement de la guerre civile (1975-1990), le 13 avril 1975, et à l'heure où le Liban est de nouveau en proie à une guerre qui a déjà fait plus de 2 000 morts depuis le 2 mars, jour de la reprise de l'escalade entre Israël et le Hezbollah.
M. Salam a également appelé à « l'unité » dans le contexte actuel, jugeant que « ce qui était une richesse pour ce pays — sa diversité — peut parfois devenir un facteur de division », dans un discours dont le contenu a été relayé sur le compte X du Grand Sérail. Commentant le déclenchement de la guerre civile, il a affirmé que « nous devons aujourd’hui apprendre de notre passé, et non le mobiliser pour l’intimidation et la terreur, ni en faire une arme les uns contre les autres. » Le Premier ministre se trouve sous le feu des critiques, voire menacé par les milieux du Hezbollah, pour sa volonté de négocier directement avec Israël, dont l'armée rase des pans entiers du Liban-Sud pour y établir une zone tampon.
« Notre unité aujourd’hui est une nécessité nationale »
Nawaf Salam a poursuivi en dressant implicitement un parallèle entre la guerre civile et la guerre actuelle, appelant à privilégier les intérêts nationaux, dans une adresse claire au Hezbollah, que la présidence libanaise et le gouvernement Salam tiennent pour responsable de la guerre en cours, lancée en soutien à la République islamique d'Iran, attaquée quelques jours plus tôt par les États-Unis et Israël.
« Dans cette guerre (civile), qui a produit d’immenses destructions, des souvenirs douloureux et des divisions qui ont coûté cher à des générations entières, beaucoup se sont trompés. Certains d’entre nous se sont trompés en surchargeant le Liban de ce qu’il ne pouvait supporter, en donnant la priorité à la solidarité avec des causes justes au détriment des impératifs de souveraineté et de sécurité de l’État », a-t-il avancé, en allusion au soutien de Libanais (dont M. Salam faisait partie) à la lutte de milices palestiniennes contre Israël depuis le Liban-Sud, entériné par l'accord du Caire en 1969.
« D’autres parmi nous se sont trompés en pensant que la faiblesse du Liban pouvait devenir une force», a-t-il dit, en allusion cette fois à la formule de Pierre Gemayel, fondateur des Kataëb, pour justifier la non-participation du Liban à la guerre de 1967. « Tous ceux qui ont eu recours à des appuis extérieurs, croyant que ces parties n’avaient d’autre objectif que de les soutenir, se sont retrouvés prisonniers d’un jeu plus grand qu’eux », a-t-il conclu.
« La dignité de la patrie est la dignité de chacun d’entre vous, sans distinction. Et si la préserver exige aujourd’hui humilité et responsabilité, alors je m’y engage… et j’appelle chacun d’entre vous à s’accrocher à ce qui nous unit, afin de protéger notre patrie et l’avenir de nos enfants. Affrontons ensemble les dangers qui nous menacent avec raison, unité et responsabilité nationale. Notre unité aujourd’hui n’est pas un slogan émotionnel, mais une nécessité nationale. Tous pour la patrie, et la patrie pour nous tous » a martelé le chef du gouvernement.
Initiative de Joseph Aoun et Taëf
« Il est de notre devoir national aujourd’hui d’affirmer que le Sud ne sera pas abandonné une nouvelle fois, seul face à la peur, à la destruction et à l’angoisse du destin. Sa protection, comme celle de tout le Liban, ne peut se faire qu’à travers un État unique, fort et juste, et nous continuerons à œuvrer pour mettre fin à cette guerre qui n’était pas notre choix », a déclaré le Premier ministre.
« Nous poursuivons nos efforts pour mettre fin à la guerre, en particulier l’initiative présentée par le président de la République (Joseph Aoun) pour la négociation (avec Israël), l’arrêt de la guerre et le renforcement des institutions de l’État légitime afin qu’elles jouent pleinement leur rôle dans la protection du Liban et des Libanais », a-t-il ajouté. « Nous continuerons à œuvrer pour mettre fin à cette guerre, récupérer tous nos prisonniers, et reconstruire nos villages et villes détruits, permettre le retour sûr de nos déplacés dans leurs localités et leur assurer une vie digne et sécurisée, et rétablir l’autorité de l’État sur l’ensemble de son territoire par ses propres forces (...) Nul ne doit être au-dessus de la loi ou en dehors d’elle », a encore dit le chef du gouvernement.
Nawaf Salam a également appelé les Libanais à « mettre en œuvre les dispositions de l’accord de Taëf (qui a mis fin à la guerre civile le 22 octobre 1989, et prévoit l'extension de l'autorité de l'État sur l'ensemble du territoire national, ndlr), à corriger ce qui a été appliqué à l’encontre de son texte ou de son esprit, à combler les lacunes révélées par la pratique et à le développer chaque fois que nécessaire ». « Je connais et comprends parfaitement la douleur de ceux qui ont perdu leurs proches, leurs maisons, leurs villages et leurs champs d’oliviers, et de ceux qui se retrouvent aujourd’hui à passer d’un refuge à un autre. Je comprends votre colère et votre besoin que votre voix soit entendue, même aux portes du Grand Sérail », a encore déclaré le Premier ministre.
« Je sais que la mémoire du 4 août (date de la double explosion au port de Beyrouth, qui a ravagé des pans entiers de la capitale, ndlr) n’a pas encore cicatrisé, surtout chez mes compatriotes à Beyrouth, et qu’elle a été ravivée dans toute sa dureté avec la tragédie du 8 avril (lors duquel plus de 350 Libanais ont été tués par des frappes massives lancées par Israël, dont une centaine en plein coeur de Beyrouth, Ndlr) et ses victimes civiles désarmées. Je sais aussi que vous êtes fatigués de vous voir dépossédés de votre droit à décider de votre destin », a-t-il ajouté. L’enquête sur les responsabilités de cette explosion survenue dans un hangar où étaient stockées plus de 2000 tonnes de nitrate d’ammonium n’a toujours pas abouti, tandis que le travail du juge d’instruction Tarek Bitar a été ralenti par plusieurs procédures visant à l’en écarter.




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Un vrai homme d'etat! Que Dieu vous garde et courage en face de ces mercenaires assassins et ingrats! Pauvre peuple Libanais, la communaute chiite merite mieux que leurs leaders dechus: duo d'enfer qui a mene le Liban a la ruine. L'etat et rien que l'etat pour toutes les communautes Libanaises! Il est temps de s'imposer fermement et sans ambiguites!
11 h 51, le 13 avril 2026