Beyrouth au crépuscule, le 9 avril 2026. Photo Mohammad Yassine / L'Orient-Le Jour
Pour la première fois depuis le 5 mars et le premier ordre d'évacuation de quartiers entiers de la banlieue sud de Beyrouth lancé par Israël, l'armée israélienne a ajouté jeudi à ses menaces quasi quotidiennes le quartier de Jnah, dans le sud de la capitale, qui est traversé par l'autoroute menant au seul aéroport du Liban.
Dans ses menaces publiées sur X, le porte-parole arabophone de l'armée Avichay Adraee a nommément appelé à évacuer huit quartiers, au lieu des sept constituant habituellement sa liste, à savoir : Haret Hreik, Ghobeiri, Laylaki, Chiyah, Tahouitat el-Ghadir, Bourj el-Brajné, Hadath... et Jnah. C'est la première fois que les menaces israéliennes concernent cette zone, qui relève administrativement de Beyrouth et non de la banlieue sud, ce qui a provoqué un exode massif des habitants, qui se sont dirigés entre autres vers le sud de la capitale en direction de Khaldé et ses environs. Ces menaces ont également provoqué l'évacuation notamment des bureaux de la chaîne NBN, liée au mouvement chiite Amal, qui a annoncé qu'elle ne diffuserait pas son bulletin du soir.
L'inclusion de Jnah dans ces menaces a fait craindre pour la sécurité des passagers souhaitant se rendre à l'Aéroport international de Beyrouth (AIB), l'autoroute principale reliant la capitale à l'aéroport traversant ce quartier densement peuplé, qui a été bombardé à plusieurs reprises, sans avertissement, au cours des dernières semaines, notamment par la marine israélienne.
Garanties pour la sécurité de l'AIB et la route de l'aéroport
Toutefois, le ministre des Travaux publics et des Transports, Fayez Rassamny, a affirmé jeudi soir avoir reçu « des garanties de diplomates étrangers et des autorités compétentes selon lesquelles la route menant à l’Aéroport international Rafic Hariri à Beyrouth, ainsi que l’enceinte de l’aéroport, resteront en dehors de toute zone de ciblage dans le cadre du conflit actuel, tant que leur utilisation reste limitée au transport de passagers, de marchandises et aux activités civiles ».
Peu avant, le directeur de l'AIB, Mohammad Aziz, avait confirmé au quotidien an-Nahar que des contacts sont toujours en cours pour assurer la sécurité de l'espace aérien et que des frappes ne visent pas la proximité de l'AIB. Les opérations s'y poursuivent dans ce cadre « normalement ».
Outre Jnah, un mouvement de panique s'est produit dans de nombreuses autres régions de la capitale, plus ou moins voisines de celles menacées, en raison de la carte publiée par le Colonel Adraee avec son avertissement. Cette carte couvre une zone qui semble englober plusieurs quartiers voisins de ceux cités nommément dans les menaces israéliennes. Elle a été publiée sans aucune mention de zones hors des huit nommées, au lendemain d'accusations israéliennes selon lesquelles le Hezbollah avait commencé à se baser hors de la banlieue sud et de frappes sur des quartiers de Beyrouth intra-muros, comme Tallet el-Khayat, Aïn el-Mreissé ou encore Mazraa, qui ne sont cependant pas inclus dans la carte publiée jeudi.
Réagissant à ce mouvement dr panique, des sources au sein de la Cellule de gestion des risques, au Grand Sérail, ont affirmé à la chaîne MTV qu'aucune mesure n'avait été prise pour évacuer la Cité sportive, stade du quartier de Tarik Jdidé où sont réfugiés des centaines de déplacés du Sud et de la banlieue sud de Beyrouth.
Le 5 mars, lors de son premier appel à évacuer sept quartiers de la banlieue sud, le porte-parole avait également publié une carte avec une superficie plus étendue, prêtant à confusion.


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