L'OCDE a fait état jeudi d'une « baisse historique » de 23,1% de l'aide publique au développement (APD) dans le monde en 2025, principalement en raison d'un désengagement massif des Etats-Unis, dans un contexte tendu sur les plans budgétaire et géopolitique. Les montants consacrés à l'aide publique au développement par les pays membres du comité d'aide au développement (CAD) de l'OCDE ont atteint 174,3 milliards de dollars l'an dernier, en recul pour la deuxième année consécutive, selon des chiffres préliminaires publiés par l'Organisation de coopération et de développement économiques, basée à Paris.
« La baisse constante de l'APD en 2025 (...) représente un choc important pour le système de coopération pour le développement et soulève des questions quant à la marge de manœuvre budgétaire et la capacité de mobilisation des ressources dont disposent les pays en développement pour inscrire leur développement sur le long terme », a souligné l'OCDE dans un rapport. « Cette baisse interroge également sur l'efficience et l'efficacité de l’APD qui reste déployée, ainsi que sur les perspectives incertaines à court terme de l'architecture internationale du financement du développement », a ajouté l'institution internationale.
Et ce, d'autant que l'OCDE s'attend à une nouvelle baisse de l'APD en 2026, de 5,8%. Sur fond de multiplication des crises internationales et de finances publiques exsangues, de nombreux pays développés ont réalisé des coupes dans leur aide au développement. Si 26 des 34 pays membres du CAD ont réduit leur aide au développement l'an dernier, cinq d'entre eux ont représenté 95,7% du recul total: Allemagne, Etats-Unis, France, Japon et Royaume-Uni. A eux seuls, les Etats-Unis ont entraîné trois quarts (75,1%) de la chute, l'arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche s'étant accompagnée d'une réduction drastique de l'aide humanitaire avec le démantèlement de l'agence USAID.


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