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Notre co-rédacteur en chef, Anthony Samrani. Photo Mohammad Yassine / L'Orient-Le Jour

Direct Q&R

Cessez-le-feu USA-Iran ; le Liban exclu de l'accord : Anthony Samrani a répondu à vos questions

Ce qu’il faut retenir

Téhéran, Washington, ainsi que leurs alliés, ont accepté un cessez-le-feu de deux semaines, a confirmé le Pakistan dans la nuit du 7 au 8 avril.

Après l'annonce le Hezbollah a suspendu ses attaques, bien que Netanyahu ait exclu un arrêt de la guerre au Liban.

Posez les vôtres en commentaire de cet article (si vous êtes abonnés) ou par mail, à cette adresse : livechatolj@lorientlejour.com

14:58 heure de Beyrouth

Nous allons à présent devoir clore cette session de questions/réponses. Nous vous remercions pour vos nombreuses questions et votre participation. À bientôt !

14:51 heure de Beyrouth

Nous prenons une dernière question, posée par En passant :

Bonjour,

Merci pour la qualité de votre journal.

Quelle a été la séquence ? Plan pakistanais, accord iranien pour ouverture d'Ormuz contre arrêt des frappes, puis plan iranien en dix points ? Ou alors le plan iranien en dix points est une base de négociation suffisante qui permet l'arrêt des frappes contre l'ouverture d'Ormuz comme l'a dit Trump (je crois) ?

Bonjour En passant. Nous ne savons pas encore ce qui s’est passé réellement pendant les négociations. Entre les dix points iraniens et les 15 demandes américaines, il y a un monde et même un univers. Si la négociation se fait sur la base des dix points, cela voudrait dire que les États-Unis admettent leur défaite. Si, au contraire, Washington continue de réclamer d'importantes concessions iraniennes, les négociations vont droit dans le mur.

14:50 heure de Beyrouth

GA nous demande :

L'Iran peut toujours lancer des missiles, ses ripostes ont montré la faiblesse de l'appareil de défense israélien, les bases américaines sont en ruine (en dépit des affirmations contraires), l'uranium est toujours en la possession de l'Iran, l'Iran a pu exporter son pétrole à un prix très élevé, il a démontré qu'il contrôlait le détroit d'Hormuz, les sanctions ont été (même momentanément) levées. Le Hezbollah a démontré qu'il s'était refait une santé et les Israéliens sont dans l'incapacité (ils le disent eux-mêmes) de le désarmer. Est-ce une déroute totale pour le camp américano-israélien ?

Bonjour GA, merci pour votre question,

Je pense que le bilan est plus mitigé (je prépare un article aujourd’hui sur le sujet) mais l’Iran a, pour le moment, gagné cette guerre.

Il a survécu, peut continuer d’envoyer des missiles et détient encore les 400 kg d’uranium enrichi. Ces trois points méritent toutefois de nombreuses nuances. Ce qui permet réellement au régime iranien de proclamer victoire, c’est son contrôle du détroit d’Ormuz. C’est l’élément, à mon avis, qui change tout et offre à l’Iran une victoire stratégique malgré sa défaite militaire.

Mais cette victoire va-t-elle être consacrée par un accord final ou le cessez-le-feu n’est-il que provisoire ? Si l’accord se fait sur la base des dix points qui étaient hier au cœur des négociations, la victoire iranienne sera incontestable. Mais, à mon avis, nous n’en sommes pas encore là.

14:42 heure de Beyrouth

Voici la question de Thymothée :

Comment interpréter le rôle du Pakistan dans la médiation ? Islamabad signe-t-il son retour dans la région après l'accord sécuritaire avec l'Arabie Saoudite ? Et comment se traduit le rôle de la Chine dans les négociations ?

Merci pour votre question. Le Pakistan est l’un des seuls gagnants de cette guerre pour le moment. Il a pu s'imposer comme médiateur grâce au fait que les médiateurs traditionnels ont été attaqués par l’Iran mais aussi en raison de son alliance stratégique avec l’Arabie saoudite et de ses relations cordiales avec l’Iran. (Pour aller plus loin, je vous propose la lecture de cet article.)

Il faudra voir toutefois si ce rôle peut être pérenne.

Concernant la Chine, je manque d’informations pour le moment. On entend beaucoup de choses concernant le fait que Pékin aurait joué un rôle important pour convaincre Téhéran d’accepter le cessez-le-feu provisoire qui implique officiellement une réouverture du détroit d’Ormuz. Mais aucune confirmation pour le moment.

14:39 heure de Beyrouth

Les questions suivantes nous viennent de Mona :

Tout d'abord je tiens à vous remercier pour la qualité de l'information que L’OLJ transmet assidûment. Les médias qui diffusent des informations factuelles et non biaisées sont malheureusement de plus en plus rares.

Question 1:

En observant la chronologie récente de cette guerre américano-israélo-libano-iranienne +++, on pourrait conclure que Donald Trump, en déclarant les hostilités à l'Iran sous l'impulsion de Netanyahu, a accordé à Israël la réalisation d'un stratagème machiavélique imaginé et tissé par Israël pour enfin mettre la main sur le Sud du Liban jusqu'au Litani ?

Question 2

La France et l'Espagne ont déclaré que le Liban devait bénéficier de cette trêve avec la cessation des hostilités israéliennes au Sud-Liban, alors qu'Israël a annoncé de son côté que celui-ci n'était pas concerné par la trêve ! Quelle est selon vous la marge de manœuvre de la France et de l'Espagne pour aider le Liban ?

D'avance merci de votre éclairage.

Bonjour Mona, merci beaucoup pour vos encouragements et pour vos questions.

Concernant la première question, elle est au cœur d’un grand débat au Liban. Israël a-t-il toujours voulu s’emparer du Liban-Sud ? Si c’est le cas, pourquoi s’en est-il retiré à plusieurs reprises ? Je vous conseille la lecture de l’article de mon co-rédacteur en chef, Elie Fayad, sur le sujet.

Concernant la deuxième, je dirais que la marge de manœuvre espagnole est de zéro et que celle de la France est de un. Compte tenu de l’hostilité que voue le gouvernement israélien à Paris, il ne sera pas en mesure de poser. Ce que la France peut faire en revanche, c’est essayer de convaincre les pays du golfe, de convaincre Trump… de convaincre Netanyahu.

14:33 heure de Beyrouth

Nous continuons avec la question de WR :

Comment voyez-vous l’avenir du Liban ? Y en aura-t-il un ? On dit souvent « mille fois détruit, mille et une fois reconstruit ». Mais avec la milice active et la passivité de l'État, que peut-on attendre des prochains mois ? Les vacances d'été sont-elles compromises ?

Bonjour WR, merci pour votre question,

Pour les vacances d’été, je ne sais quoi vous répondre. Pour l’avenir du Liban, il paraît assez sombre. Israël a détruit une grande partie du Sud et a rendu cette zone inhabitable. Il va chercher à empêcher les résidents de retrouver leurs villages et va probablement rester présent sur le territoire libanais, dans une zone plus ou moins profonde en fonction de ses calculs.

En interne, la crise humanitaire et la bombe démographique vont venir alourdir le fardeau d’un État qui peine déjà à tenir debout.

Le Hezbollah va être affaibli militairement, isolé politiquement, mais renforcé dans sa rhétorique de « mouvement de résistance ».

L’État libanais est déjà le grand perdant de cette guerre. À mesure que les tensions vont se renforcer, que les discours vont se radicaliser, sa position sera de plus en plus intenable. Au mieux, nous allons végéter dans le gris. Au pire, nous allons basculer dans la guerre civile. La réalité est probablement entre les deux.

14:28 heure de Beyrouth

Voici plusieurs questions posées par Nada :

Deux hommes politiques, Samir Geagea et Fouad Makhzoumi, cette semaine ont mentionné l'État profond. Geagea a été plus spécifique en mentionnant l'État profond dans l'armée, les forces de sécurité intérieure et la justice. Est ce à comprendre que c'est l'État profond qui a empêché la démilitarisation totale du Liban Sud ? Qui empêche le déploiement de l'armée dans la banlieue Sud ? Qui se cache derrière cet État profond ? Cette appellation sous-entend-elle une connivence entre certains pour empêcher l'avènement de l'État souverain, en opposition à l'État profond ? Le Liban est-il pris en otage par cet État profond ?

Bonjour Nada,

L’expression l’ « État profond » renvoie souvent à des thèses complotistes dans les pays dans lesquels elle est utilisée. Son utilisation au Liban est une façon de ne pas mettre des mots sur les choses pour ne pas antagoniser ceux qu’elle désigne. Il s’agit en l'occurrence de « l’appareil sécuritaire » pris dans son acception assez large, qui semble effectivement avoir des accointances assez fortes, jusqu’à maintenant avec le Hezbollah.

Cet appareil a été habitué durant les dernières décennies à collaborer avec le parti et ne semble pas avoir complètement perdu cette habitude. Mais cela ne suffit pas à expliquer ce qui s’est passé dans le Sud ou bien ce qui se passe aujourd’hui. Il peut y avoir un partenariat entre les forces sécuritaires et le Hezbollah mais il y a d’autres considérations à prendre en compte. Le fait que le président et l’armée ont peur d’une implosion de la troupe et des risques d’affrontements en interne. Le fait aussi qu’au sein de cet appareil, on a beaucoup de mal, jusqu’à maintenant, à considérer, sur le plan intellectuel, le Hezbollah comme un ennemi.

14:25 heure de Beyrouth

Photo L'Orient-Le Jour

Au moment où nous vous écrivons, l'armée israélienne vient de mener une série de frappes simultanées sur Beyrouth.

14:21 heure de Beyrouth

Beyrouth ne devrait-il pas profiter de cette situation pour reprendre la main par des actions de terrain contre le Hezbollah ?

Nous poursuivons avec la question de Coroll :

Le gouvernement libanais ne devrait-il pas profiter de l’entracte qu’offre la politique spectacle de Trump pour réaffirmer son autorité, s’il lui reste quelque peu de crédibilité, et reprendre la main par des actions de terrain proactives visant à combattre le Hezbollah, une milice qu’il a déclaré lui même illégale ? En arrêtant par exemple ses représentants ? Avant que le point de non retour ne soit atteint.

Bonjour Coroll, merci pour votre question.

Les autorités libanaises dans leur ensemble - le gouvernement n’étant pas le seul décisionnaire - devraient sortir de leur relative passivité. Cela implique à la fois de mettre en œuvre, au moins par des actions symboliques, leur politique de désarmement du Hezbollah et, dans le même temps, de négocier le retrait des troupes israéliennes. Nous sommes dans une situation où sans faire le premier, les autorités n’ont quasiment aucun levier pour parvenir au second. Je crois toutefois que rien ne sera fait compte tenu des désaccords importants au sommet de l’Etat et de la volonté de l’armée de ne pas s’engager dans cette bataille.

14:10 heure de Beyrouth

Comment mettre Netanyahu politiquement dos au mur ?

La question suivante est celle de Nader Ezzeddine.

Comme à son habitude. Netanyahu ment et interprète les accords selon ses désirs. C'était déjà le cas lors du précédent cessez-le-feu où les assassinats ciblés étaient quotidiens.

Comment arriver à le mettre politiquement au dos du mur pour lui imposer une pression par la communauté internationale ? Sur quels leviers le gouvernement libanais peut-il jouer pour contrer son argumentaire guerrier ?

Bonjour Nader, merci beaucoup pour votre question,

Je crois, malheureusement, que Donald Trump est la seule personne en capacité de faire plier Benjamin Netanyahu. Trois choses peuvent aujourd’hui permettre d’arrêter la guerre au Liban : une pression de Trump, un enlisement des forces israéliennes qui les pousse à reculer, une victoire militaire du point de vue israélien.

Le gouvernement n’a pas beaucoup de cartes à ce sujet. Il pourrait toutefois être plus pro-actif dans son activité diplomatique afin de mobiliser ses alliés pour qu’ils exercent davantage de pression sur Israël.

14:03 heure de Beyrouth

S'il n'inclut pas le Liban, le cessez-le-feu pourrait-il être vu comme un abandon du Hezbollah par l'Iran ?

On débute avec la question de Jean-Baptiste :

Le fait que le Liban ne soit pas inclus dans le cessez-le-feu, si cela se confirmait, pourrait-il être interprété comme un abandon du Hezbollah par les Iraniens, qui passeraient le parti par pertes et profits ?

Merci de continuer de nous tenir informés dans ces conditions si difficiles.


Bonjour à tous et sincèrement désolé pour le retard. C’est la question qui revient le plus ce matin. D’après le Premier ministre pakistanais, le Liban est inclus dans l’accord de cessez-le-feu. Le Hezbollah en a également pris acte en arrêtant ses opérations depuis ce matin. Mais Israël ne l’entend pas de cette oreille. Le bureau de Benjamin Netanyahu a indiqué que le Liban n’était pas concerné et les Israéliens poursuivent leurs attaques comme si de rien n’était.

Il va donc falloir attendre que Donald Trump se réveille pour savoir ce qu’il en est de la situation au Liban. Il est possible qu’il laisse à son allié israélien- qui a subi un revers important avec l’accord de cessez-le-feu en Iran - une fenêtre de deux semaines - le temps des négociations - pour poursuivre sa guerre au Liban. Il est également possible que Donald Trump lui accorde un feu vert, sans délai, compte tenu du fait que la guerre au Liban n’a pas d’impact sur l’économie mondiale ou sur la base populaire de Trump.

Il serait plus surprenant que le président américain oblige son allié à accepter un cessez-le-feu au Liban, mais ce n’est pas totalement exclu compte tenu de la détérioration des relations israélo-américaines en raison de la guerre en Iran.

Le Hezbollah joue la partie habilement. Il pourra dire qu’il a respecté le cessez-le-feu contrairement à son ennemi. Quant à l’Iran, fera-t-il du Liban une condition sans laquelle l’accord de cessez-le-feu serait remis en cause ? On peut supposer que non à ce stade, mais qu’il tentera à tout prix de l’inclure dans un éventuel accord final, car cela symboliserait une victoire non seulement pour le régime mais aussi pour l’Axe.

10:21 heure de Beyrouth

Bonjour à tous,

Alors que l'Iran et les États-Unis ont conclu un cessez-le-feu, quarante jours après le début de la guerre, les questions affluent.

Posez-nous les vôtres ! Nous y répondrons aujourd'hui, à 13h (heure du Liban).


commentaires (3)

C'est pour quand le dialogue constructif? c'est pour quand la fin du transfert des personnes aux cimetières? c'est pour quand que l'on va arreter de dire que la guerre est le seul instrument possible? Je sais un journaliste raconte le quotidien et suit l'événement ....c' est-à-dire suit la guerre depuis 50 ans,... mais encore ... a quand le journaliste qui va argumenter haut et fort: "ça suffit!"

Achikbache Dia

14 h 26, le 08 avril 2026

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Commentaires (3)

  • C'est pour quand le dialogue constructif? c'est pour quand la fin du transfert des personnes aux cimetières? c'est pour quand que l'on va arreter de dire que la guerre est le seul instrument possible? Je sais un journaliste raconte le quotidien et suit l'événement ....c' est-à-dire suit la guerre depuis 50 ans,... mais encore ... a quand le journaliste qui va argumenter haut et fort: "ça suffit!"

    Achikbache Dia

    14 h 26, le 08 avril 2026

  • Bonjour Anthony, d’un point de vue iranien, est-ce que le fait que le Liban et plus précisément le Hezbollah, soit exclu du cessez-le-feu ne pourrait pas être interprété comme un signe de faiblesse de l’Iran ?

    Abi Nasr Mario

    13 h 18, le 08 avril 2026

  • Le gouvernement libanais ne devrait il pas profiter de l’entracte qu’offre la politique spectacle de Trump pour réaffirmer son autorité, s’il lui reste quelque peu de crédibilité, et reprendre la main par des actions de terrain proactives visant à combattre le Hezbollah, une milice qu’il a déclaré lui même illégale ? En arrêtant par exemple ses représentants ? Avant que le point de non retour ne soit atteint

    Coroll

    10 h 32, le 08 avril 2026

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