Le président français Emmanuel Macron salue la foule depuis le palais de l'Élysée à Paris, le 24 mars 2026. Photo Ludovic MARIN / AFP
La France, l'Espagne et l'Égypte ont appelé mercredi à inclure le Liban dans le cessez-le-feu conclu entre Téhéran et Washington, après que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a déclaré que l'accord ne concerne pas la guerre au Liban.
Le président français Emmanuel Macron a qualifié mercredi de « très bonne chose » l'annonce d'un cessez-le-feu entre les Etats-Unis et l'Iran, en demandant que cette trêve inclut « pleinement » le Liban alors qu'Israël refuse de stopper son offensive dans le sud du pays. « Nous attendons, pour les jours et les semaines qui viennent, que (le cessez-le-feu, ndlr) puisse être pleinement respecté dans toute la région », a dit le président français au début d'un Conseil de défense, souhaitant des négociations, « comme d'ailleurs la France le défend depuis 2018 », pour permettre « de régler de manière durable les questions nucléaires, balistiques, régionales qui ont trait à l'Iran ». La mission « strictement défensive » d'une quinzaine de pays initiée par la France pour aider à la reprise de la circulation dans le détroit d'Ormuz se mettra en place « quand les conditions seront remplies », « en coordination avec l'Iran », a réitéré le chef de l'Etat qui a lié son engagement à l'arrêt des hostilités. « Notre souhait, c'est de nous assurer que le cessez-le-feu inclut pleinement le Liban » sur la durée, a-t-il par ailleurs insisté.
Emmanuel Macron a aussi demandé que le mécanisme de coordination pour la stabilité dans le sud du Liban, qui inclut les États-Unis et la France, soit « pleinement réactivé ». Il a aussi réitéré la nécessité de « renforcer le soutien aux forces armées libanaises » pour qu'elles puissent « pleinement reprendre le contrôle de leur territoire et lutter efficacement contre le Hezbollah ». « L'Irak, où la situation reste très volatile, avec l'action des milices pro-iraniennes, doit-elle aussi être incluse dans le cessez-le-feu « , a encore insisté le président français.
Situation « critique » au Liban
De son côté, le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Albares, a jugé mercredi « inacceptable » qu'Israël poursuive les combats au Liban. « Il est inacceptable que la guerre d'Israël, l'invasion par Israël d'un pays souverain comme le Liban (…) se poursuivent », a déclaré M. Albares à la radio RNE, tandis que le chef du gouvernement espagnol, Pedro Sánchez, a qualifié la trêve en Iran de « bonne nouvelle » sur X. « Les cessez-le-feu constituent toujours une bonne nouvelle », mais « le gouvernement d'Espagne ne va pas applaudir pas ceux qui incendient le monde parce qu'ils se présentent avec un sceau », a ajouté le dirigeant socialiste.
Pour sa part, l’Égypte a estimé que la situation au Liban demeurait « critique » et appelé Israël à arrêter ses agressions contre le pays. « La situation au Liban demeure critique. L'annonce de la cessation des opérations militaires doit se traduire par un arrêt immédiat par Israël de ses agressions répétées contre le Liban, de sorte à préserver sa souveraineté, son unité et l’intégrité de son territoire, conformément à la résolution 1701 du Conseil de sécurité », a souligné la diplomatie égyptienne dans un communiqué. Elle a également appelé à « assurer les conditions nécessaires au retour des déplacés dans leurs foyers de manière sûre et digne ».
Moins catégorique, l'Allemagne a, elle, appelé Israël à limiter son offensive au Liban à la « légitime défense », selon un porte-parole du ministère allemand des Affaires étrangères. « Le ministre allemand des Affaires étrangères a plaidé (mercredi, NDLR) lors d'un entretien (téléphonique, NDLR) avec son homologue israélien qu'Israël se limite à la légitime défense nécessaire contre le Hezbollah et n'aille pas au-delà », a dit ce porte-parole lors d'un point presse régulier du gouvernement allemand.
Les Etats-Unis et l'Iran se sont mis d'accord pour un cessez-le-feu de deux semaines en échange d'une réouverture du détroit d'Ormuz, par lequel transite 20% du commerce mondial de pétrole et de gaz liquéfié et dont le blocage par l'Iran depuis le début du conflit pèse lourdement sur l'économie mondiale. En dépit de cet accord, l'armée israélienne a mené plusieurs frappes sur le sud du Liban mercredi matin, après avoir émis un nouvel ordre d'évacuation pour la région de Tyr. Elle a également menacé de frapper la banlieue sud de Beyrouth.


L'Iran renoncera à respecter le protocole d'accord si les États-Unis ne tiennent pas leurs engagements