Le nonce apostolique, Mgr Paolo Borgia, lors d'une distribution d'aides à Tyr, au Liban-Sud, le 30 mars 2023. Photo Stéphanie Khouri/L'Orient-Le Jour
Le patriarcat de l'Église maronite au Liban a exprimé dimanche sa « plus vive déception » après l'annulation d'un convoi humanitaire sous l'égide du Vatican, pour le village chrétien de Debel (Bint Jbeil), évoquant une « violation du droit international humanitaire. » Le convoi, planifié il y a plusieurs jours et qui devait avoir lieu en ce dimanche de Pâques, a été annulé samedi soir pour des « raisons de sécurité », à l'heure où l'armée israélienne poursuit son invasion du Liban-Sud et somme les habitants des villages sur une profondeur de 40 km de quitter leurs habitations.
Le convoi « devait permettre l’approvisionnement de plus de 40 tonnes de médicaments et de denrées de première nécessité aux habitants de cette région qui sont coupés du reste du pays, privés de ressources et menacés de disparaître par les combats en cours et les ordres d’évacuation répétés de l’armée israélienne », souligne le communiqué.
Les organisations catholiques l’Œuvre d’Orient et Caritas-Liban « rappellent que l’annulation d’un convoi humanitaire, même pour des raisons sécuritaires, constitue une violation du droit international humanitaire, en particulier quand ce convoi vise à aider des populations civiles vulnérables bloquées dans leur village », peut-on lire dans le communiqué.

« Elle constitue aussi une atteinte aux habitants demeurant au Liban-Sud, qui ne sont pas armés et sont pris en tenaille par une guerre entre le Hezbollah et Israël, laquelle met en danger leur existence et les menace chaque jour de déplacement forcé », dénonce le communiqué du patriarcat maronite. « Enfin, elle constitue un message douloureux envoyé aux chrétiens du Liban-Sud, qui se retrouvent empêchés de célébrer Pâques avec une délégation sous l’égide du Vatican », ajoute le patriarcat.
« Depuis Bkerké, Caritas-Liban et l’Œuvre d’Orient renouvellent leur attachement et leur admiration pour le courage et le témoignage de paix que donnent les habitants restés au Liban-Sud », conclut le communiqué.
De son côté, le curé de la paroisse de Rmeich (Bint Jbeil), le père Nagib Amil, a déclaré à la chaîne MTV que « les routes autour de Rmeich sont totalement coupées et nous ne pouvons pas transporter les cas médicaux vers les hôpitaux ». « Nous vivons dans l’inquiétude quant à notre sort, et les aides alimentaires nous suffisent pour deux mois seulement », a-t-il alerté. Il précise qu'il n'y a pas de route praticable aujourd'hui entre Rmeich et Debel, et que « l'hôpital le plus proche est situé à Saïda, à 70 km ».
Seize villages dans la zone frontalière du Liban-Sud, où Israël cherche à établir une zone tampon, demeurent habités à ce jour, dont Debel et Rmeich. Répartis entre les cazas de Bint Jbeil, dans le secteur central de la bande frontalière, et Marjeyoun et Hasbaya dans le secteur est, ces villages, allant de petits bourgs de centaines d'habitants comme Rmeich, à de simples hameaux peuplés de quelques familles seulement, sont isolés du reste du Liban.
Six convois humanitaires cherchant à les atteindre ont pu être organisés depuis le déclenchement de la guerre début mars, qui a déjà fait plus de 1 461 morts et 4 430 blessés, selon un bilan dimanche du ministère libanais de la Santé.



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Monseigneur Raï Ne perdez plus votre temps à visiter ce qui n’existe plus : que des maisons et de bâtiments en décombres . L’urgence est ailleurs : trouver des moyens sûrs et rapides pour acheminer les tonnes de vivres aux déplacés.
15 h 38, le 06 avril 2026