Une colonne de fumée s'élève après une frappe iranienne présumée contre des réservoirs de carburant à Muharraq, le 12 mars 2026. Photo Fadhel MADHAN / AFP
Le Bahreïn a dit vendredi enquêter sur les circonstances de la mort en détention d'un jeune militant de confession chiite, en affirmant qu'il avait été arrêté pour « espionnage » au profit de l'Iran.
L'Institut bahreïni pour les droits et la démocratie (BIRD, basée à Londres) avait réclamé plus tôt une « enquête urgente » sur la mort de Mohamed Almosawi, 32 ans, arrêté avec des amis à un checkpoint le 19 mars.
Sa famille, qui n'avait pas réussi à avoir de nouvelles de lui depuis, a été contactée vendredi matin pour aller récupérer son corps sans vie à l'hôpital militaire du royaume.
L'ONG a publié des photos montrant des traces de coups et de blessures sur le visage, le corps et les pieds, faisant « sérieusement craindre qu'il ait subi des tortures avant sa mort ».
« Le défunt était détenu par les services de renseignement nationaux dans le cadre d'une affaire d'espionnage, de communication et de transmission d'informations et de données au corps des Gardiens de la Révolution islamique, concernant des sites stratégiques du pays dans le but de les prendre pour cible », a indiqué le ministère de l'Intérieur dans un communiqué.
Il a ajouté qu'un mandat d'arrêt avait été émis à son encontre.
« L'unité d'enquête spéciale du parquet a été saisie pour enquêter sur l'incident et vérifier les circonstances des blessures ainsi que les causes ayant conduit au décès », a ajouté ce ministère.
Il a toutefois affirmé que les photos circulant sur les réseaux sociaux étaient « inexactes ».
Le petit royaume du Golfe est dirigé par une dynastie sunnite et abrite, comme en Iran, une importante communauté chiite, qui estime depuis longtemps être marginalisée.
Human Rights Watch (HRW) s'est alarmé la semaine dernière d'arrestations de « dizaines » de personnes depuis l'offensive israélo-américaine en Iran le 28 février, certaines accusées d'espionnage, d'autres interpellées pour avoir manifesté.
Sur les vidéos publiées par des militants lors de l'enterrement de Mohamed Almosawi dans la journée à Muharraq (nord), d'où il était originaire, on voit une large foule en colère suivre son cercueil, criant notamment « Non à l'humiliation ».
Mohamed Almosawi avait déjà passé 12 ans en prison, comme des centaines de manifestants emprisonnés lors des manifestations prodémocratiques inspirées par le Printemps arabe en 2011.
Il avait fait partie en 2024 des quelque 1.500 prisonniers graciés et relâchés.


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