Un bateau à moteur près de la ville d'Al Jeer, dans le détroit d'Ormuz, le 25 février 2026. Photo d'illustration Fadel Senna/AFP
Les États-Unis ont déployé des drones marins pour effectuer des patrouilles dans le cadre de leurs opérations contre l’Iran, a déclaré le Pentagone, confirmant ainsi, pour la première fois, que Washington utilise de tels navires dans un conflit en cours.
Le déploiement de ces vedettes rapides, qui peuvent être utilisées à des fins de surveillance ou pour des attaques kamikazes, n’avait jamais été rapporté. Il intervient malgré une série de revers essuyés par la marine américaine dans ses efforts, menés depuis des années, pour mettre en service une flotte de navires de surface sans équipage, des informations que l'agence Reuters avaient rapportées en 2025.
Les navires sans équipage ont pris de l'importance ces dernières années après que l'Ukraine a utilisé des vedettes rapides chargées d'explosifs pour infliger des dommages importants à la flotte russe en mer Noire. L'Iran a pour sa part utilisé des drones maritimes pour attaquer des pétroliers dans le Golfe au moins par deux fois depuis que les États-Unis et Israël ont lancé leurs frappes sur ce pays il y a près d'un mois.
Rien n'indiquait jusque-là que les États-Unis avaient utilisé des navires sans équipage pour des frappes offensives. En réponse aux questions de Reuters, Tim Hawkins, porte-parole du Pentagone pour le Commandement central au Moyen-Orient, a déclaré que des navires sans équipage construits par la société BlackSea, basée dans le Maryland, connus sous le nom de Global Autonomous Reconnaissance Craft (GARC), avaient été utilisés pour des patrouilles dans le cadre de la campagne américaine contre l’Iran, baptisée « Opération Epic Fury ».
« Les forces américaines continuent d’utiliser des systèmes sans équipage dans la région du Moyen-Orient, y compris des drones de surface comme le GARC. Spécifiquement, cette plateforme a accumulé avec succès plus de 450 heures de navigation et parcouru plus de 2 200 milles marins lors de patrouilles maritimes en soutien à l’opération Epic Fury », a déclaré M. Hawkins dans un communiqué. Il n'a cependant pas souhaité citer les autres systèmes autonomes déployés. BlackSea n'a pas voulu faire de commentaires à ce sujet.
Difficultés des drones marins de l'armée américaine
Les États-Unis tentent depuis des années de constituer une flotte de navires de surface et de sous-marins autonomes et sans équipage, afin de disposer d'une alternative moins coûteuse et plus rapide aux navires et sous-marins avec équipages, notamment pour contrer la puissance navale croissante de la Chine dans le Pacifique. Ces efforts ont toutefois pris du retard et ont été entravés par des problèmes techniques, des préoccupations liées aux coûts et une série de revers lors des essais. En 2025, Reuters a rapporté que le GARC, un bateau à moteur anguleux d'environ cinq mètres de long, avait connu de multiples problèmes de performance et de sécurité, y compris une collision à grande vitesse avec un autre bateau lors d'un essai militaire.
Ces dernières semaines, lors d’un autre essai infructueux au Moyen-Orient, un GARC est devenu inutilisable, selon une source informée. M. Hawkins a de son côté refusé de commenter ces revers lors des tests. « Le GARC est une capacité émergente et fait partie d’une flotte de drones de surface opérée par la Ve flotte américaine afin d’améliorer la reconnaissance de ce qui se passe dans les eaux régionales », a-t-il simplement déclaré.
Cet article est une traduction de l'agence Reuters.


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