Le Grand Sérail à Beyrouth, le 13 février 2024. Photo Philippe Hage Boutros / L'Orient-Le Jour
C'est en l'absence des ministres d'Amal et du Hezbollah (Yassine Jaber, Rakan Nassereddine, Tamara Elzein et Mohammad Haïdar), que s'est tenu jeudi après-midi au Grand Sérail le Conseil des ministres, qui aurait normalement dû se pencher sur la question de l'expulsion de l'ambassadeur d'Iran au Liban. Le sujet n'a finalement pas été abordé par le gouvernement en l'absence des ministres du tandem chiite, qui n'ont pas été suivis dans leur boycott de la séance par Fadi Makki, cinquième ministre chiite non affilié aux deux groupes. Une dynamique qui reflète la volonté du président de la République, Joseph Aoun, et du Premier ministre, Nawaf Salam, de ne pas faire marche arrière sur la décision du ministère des Affaires étrangères, malgré le mécontentement dans les milieux du Hezbollah et d'Amal.
« L’ordre du jour de cette séance comportait un seul point, traitant spécifiquement de la question des déplacés, des conséquences du déplacement, des agressions israéliennes et de leurs effets à différents niveaux : hébergement, secours, social, économique, financier, et naturellement militaire en priorité », a souligné le ministre de l'Information Paul Morcos à l'issue du Conseil des ministres.
Toutefois, l'ombre de la polémique suscitée par la décision de retirer l’accréditation de l’ambassadeur iranien, Mohammad Reza Chibani, planait sur la séance. Avant la réunion, une source du ministère des Affaires étrangères contactée par notre publication avait indiqué que le chef de la diplomatie, Joe Raggi, ne compte pas faire marche arrière. « Il n'y a pas de solution médiane pour le moment. Si tel était le cas, le tandem chiite aurait annoncé la participation de ses ministres », souligne la source. Une source proche du Sérail allait dans le même sens, excluant toutefois la chute du cabinet. Un responsable proche de Aïn el-Tiné a pour sa part indiqué que le président du Parlement, Nabih Berry, n'a pas demandé au président de la République de revenir sur la décision. On ajoute que le député en chef est contre tout scénario susceptible de faire tomber l'équipe ministérielle.
Expliquant sa présence au Conseil des ministres, contrairement à ses coreligionnaires, Fadi Makki a souligné que, bien qu'il s'oppose à l'ultimatum lancé à l'ambassadeur iranien, il reste convaincu que sa participation active à la réunion est une « nécessité nationale pour assurer le bon fonctionnement des affaires publiques et faire face à l’escalade des défis ». L'absence des cinq ministres chiites aurait pu entraîner l'annulation de la séance. « À la lumière de la crise existentielle que traverse le Liban, il est nécessaire de renforcer la présence de l’État et de privilégier la logique de responsabilité nationale sur toute autre considération », a-t-il indiqué dans un communiqué, appelant le cabinet à prioriser le dossier des déplacés, renforcer le dialogue interne, intensifier les efforts diplomatiques pour mettre fin à la guerre et activer la diplomatie libanaise afin de contrer les velléités d’expansion et d’occupation territoriales israéliennes. En début de soirée, la décision de M. Makki a été désavouée par des habitants de Habbouche, son village natal du Liban-Sud.
Les décisions du Conseil des ministres
À l'issue de sa réunion, le gouvernement a décidé de saisir « immédiatement » le Conseil de sécurité de l'ONU pour les actions israéliennes qui « menacent la souveraineté » du Liban, a annoncé M. Morcos, à l'heure où Israël dit vouloir intensifier sa campagne militaire contre le Hezbollah. Le ministre a précisé que cette décision était motivée par « le bombardement de la plupart des ponts du Litani », fleuve qui sépare une partie du sud du reste du pays, « le déplacement massif forcé des habitants » et « la progression des troupes israéliennes sur le territoire libanais, accompagnée de destructions (..) qui menacent la souveraineté du Liban et l'intégrité de son territoire ».
« Nous considérons ces actes et paroles, sous quelque intitulé que ce soit, qu’il s’agisse de ceinture de sécurité ou de zone tampon, comme extrêmement graves, menaçant la souveraineté du Liban, l’intégrité de ses territoires et les droits de ses citoyens, et totalement contraires au droit international et au droit humanitaire international ainsi qu’à la Charte des Nations unies, a déclaré le Premier ministre Nawaf Salam. Par conséquent, je demande au ministre des Affaires étrangères et des Libanais de l’étranger de déposer immédiatement une plainte auprès du Conseil de sécurité à ce sujet, et je communiquerai aussi directement avec le secrétaire général de l’ONU à l’issue de cette séance pour le même objectif ».
« Solidarité totale du Liban avec le Koweït »
M. Salam a regretté, par ailleurs, les « informations faisant état de la découverte d’une nouvelle cellule terroriste au Koweït frère ». Mercredi, le ministère de l’Intérieur du Koweït a annoncé avoir déjoué un complot terroriste et arrêté les membres d'un réseau de 20 personnes, dont certaines en fuite à l’étranger, incluant des ressortissants koweïtiens, iraniens, libanais et d’autres nationalités. Les suspects étaient « liés au Hezbollah » et le réseau préparait des assassinats de figures et de dirigeants de l’État, ainsi que le recrutement de personnes pour mener à bien ces missions, a précisé le ministère. « Ce qui nuit au Koweït nuit au Liban et que la relation bilatérale entre nos deux pays est stable et historique, a-t-il indiqué. La majorité écrasante de la communauté libanaise respecte les lois en vigueur et contribue activement à la vie économique koweïtienne, établissant un excellent pont de coopération entre nos pays. J’espère que ce sera la dernière fois que le nom du Liban sera lié à ce genre d’affaires, et j’exhorte tous nos citoyens à respecter strictement les lois dans les pays où ils travaillent ». M. Salam a aussi indiqué avoir contacté son homologue koweïtien et lui voir exprimé sa « vive condamnation de ces actes terroristes ainsi que la solidarité totale du Liban avec le Koweït frère ».
Le Premier ministre a également dénoncé les frappes iraniennes sur les pays du Golfe, notant que depuis le début du conflit 83 % des attaques par missiles ou drones ont visé ces pays, ainsi que la Jordanie, la Turquie et l’Azerbaïdjan, contre seulement 17 % Israël. « Le Liban ne peut rester silencieux alors que ses frères arabes subissent des attaques quotidiennes », a-t-il souligné.
Sur le plan interne, il a rappelé que « nos concitoyens déplacés, tout comme nous, sont victimes de cette guerre imposée » et annoncé « de nouvelles mesures pour renforcer la sécurité dans la capitale », avec un renforcement des patrouilles de l’armée et des forces de sécurité.



d;aucun arguent du fait que, Liran en guerre, pas d'aeroports..... comment mettre a la porte quelqu'un ? pour l'envoyer ou ? par quels moyens ? MOI-hehehe- je l'enverrais dans bus climatise vers baghdad.... ou il a bcp bcp d'amis prets a l'y heberger-GRATIS-
11 h 11, le 29 mars 2026