Rechercher
Rechercher

Politique - guerre au liban 2026

Expulsion de l'ambassadeur iranien : le gouvernement ne recule pas, malgré le boycott du tandem chiite 


Le cabinet décide de saisir le Conseil de sécurité pour dénoncer les attaques israéliennes.

Expulsion de l'ambassadeur iranien : le gouvernement ne recule pas, malgré le boycott du tandem chiite



Le Grand Sérail à Beyrouth, le 13 février 2024. Photo Philippe Hage Boutros / L'Orient-Le Jour

C'est en l'absence des ministres d'Amal et du Hezbollah (Yassine Jaber, Rakan Nassereddine, Tamara Elzein et Mohammad Haïdar), que s'est tenu jeudi après-midi au Grand Sérail le Conseil des ministres, qui aurait normalement dû se pencher sur la question de l'expulsion de l'ambassadeur d'Iran au Liban. Le sujet n'a finalement pas été abordé par le gouvernement en l'absence des ministres du tandem chiite, qui n'ont pas été suivis dans leur boycott de la séance par Fadi Makki, cinquième ministre chiite non affilié aux deux groupes. Une dynamique qui reflète la volonté du président de la République, Joseph Aoun, et du Premier ministre, Nawaf Salam, de ne pas faire marche arrière sur la décision du ministère des Affaires étrangères, malgré le mécontentement dans les milieux du Hezbollah et d'Amal.

« L’ordre du jour de cette séance comportait un seul point, traitant spécifiquement de la question des déplacés, des conséquences du déplacement, des agressions israéliennes et de leurs effets à différents niveaux : hébergement, secours, social, économique, financier, et naturellement militaire en priorité », a souligné le ministre de l'Information Paul Morcos à l'issue du Conseil des ministres.

Toutefois, l'ombre de la polémique suscitée par la décision de retirer l’accréditation de l’ambassadeur iranien, Mohammad Reza Chibani, planait sur la séance. Avant la réunion, une source du ministère des Affaires étrangères contactée par notre publication avait indiqué que le chef de la diplomatie, Joe Raggi, ne compte pas faire marche arrière. « Il n'y a pas de solution médiane pour le moment. Si tel était le cas, le tandem chiite aurait annoncé la participation de ses ministres », souligne la source. Une source proche du Sérail allait dans le même sens, excluant toutefois la chute du cabinet. Un responsable proche de Aïn el-Tiné a pour sa part indiqué que le président du Parlement, Nabih Berry, n'a pas demandé au président de la République de revenir sur la décision. On ajoute que le député en chef est contre tout scénario susceptible de faire tomber l'équipe ministérielle.

Expliquant sa présence au Conseil des ministres, contrairement à ses coreligionnaires, Fadi Makki a souligné que, bien qu'il s'oppose à l'ultimatum lancé à l'ambassadeur iranien, il reste convaincu que sa participation active à la réunion est une « nécessité nationale pour assurer le bon fonctionnement des affaires publiques et faire face à l’escalade des défis ». L'absence des cinq ministres chiites aurait pu entraîner l'annulation de la séance. « À la lumière de la crise existentielle que traverse le Liban, il est nécessaire de renforcer la présence de l’État et de privilégier la logique de responsabilité nationale sur toute autre considération », a-t-il indiqué dans un communiqué, appelant le cabinet à prioriser le dossier des déplacés, renforcer le dialogue interne, intensifier les efforts diplomatiques pour mettre fin à la guerre et activer la diplomatie libanaise afin de contrer les velléités d’expansion et d’occupation territoriales israéliennes. En début de soirée, la décision de M. Makki a été désavouée par des habitants de Habbouche, son village natal du Liban-Sud.

Les décisions du Conseil des ministres

À l'issue de sa réunion, le gouvernement a décidé de saisir « immédiatement » le Conseil de sécurité de l'ONU pour les actions israéliennes qui « menacent la souveraineté » du Liban, a annoncé M. Morcos, à l'heure où Israël dit vouloir intensifier sa campagne militaire contre le Hezbollah. Le ministre a précisé que cette décision était motivée par « le bombardement de la plupart des ponts du Litani », fleuve qui sépare une partie du sud du reste du pays, « le déplacement massif forcé des habitants » et « la progression des troupes israéliennes sur le territoire libanais, accompagnée de destructions (..) qui menacent la souveraineté du Liban et l'intégrité de son territoire ».

« Nous considérons ces actes et paroles, sous quelque intitulé que ce soit, qu’il s’agisse de ceinture de sécurité ou de zone tampon, comme extrêmement graves, menaçant la souveraineté du Liban, l’intégrité de ses territoires et les droits de ses citoyens, et totalement contraires au droit international et au droit humanitaire international ainsi qu’à la Charte des Nations unies, a déclaré le Premier ministre Nawaf Salam. Par conséquent, je demande au ministre des Affaires étrangères et des Libanais de l’étranger de déposer immédiatement une plainte auprès du Conseil de sécurité à ce sujet, et je communiquerai aussi directement avec le secrétaire général de l’ONU à l’issue de cette séance pour le même objectif ».

« Solidarité totale du Liban avec le Koweït »

M. Salam a regretté, par ailleurs, les « informations faisant état de la découverte d’une nouvelle cellule terroriste au Koweït frère ». Mercredi, le ministère de l’Intérieur du Koweït a annoncé avoir déjoué un complot terroriste et arrêté les membres d'un réseau de 20 personnes, dont certaines en fuite à l’étranger, incluant des ressortissants koweïtiens, iraniens, libanais et d’autres nationalités. Les suspects étaient « liés au Hezbollah » et le réseau préparait des assassinats de figures et de dirigeants de l’État, ainsi que le recrutement de personnes pour mener à bien ces missions, a précisé le ministère. « Ce qui nuit au Koweït nuit au Liban et que la relation bilatérale entre nos deux pays est stable et historique, a-t-il indiqué. La majorité écrasante de la communauté libanaise respecte les lois en vigueur et contribue activement à la vie économique koweïtienne, établissant un excellent pont de coopération entre nos pays. J’espère que ce sera la dernière fois que le nom du Liban sera lié à ce genre d’affaires, et j’exhorte tous nos citoyens à respecter strictement les lois dans les pays où ils travaillent ». M. Salam a aussi indiqué avoir contacté son homologue koweïtien et lui voir exprimé sa « vive condamnation de ces actes terroristes ainsi que la solidarité totale du Liban avec le Koweït frère ».

Le Premier ministre a également dénoncé les frappes iraniennes sur les pays du Golfe, notant que depuis le début du conflit 83 % des attaques par missiles ou drones ont visé ces pays, ainsi que la Jordanie, la Turquie et l’Azerbaïdjan, contre seulement 17 % Israël. « Le Liban ne peut rester silencieux alors que ses frères arabes subissent des attaques quotidiennes », a-t-il souligné.

Sur le plan interne, il a rappelé que « nos concitoyens déplacés, tout comme nous, sont victimes de cette guerre imposée » et annoncé « de nouvelles mesures pour renforcer la sécurité dans la capitale », avec un renforcement des patrouilles de l’armée et des forces de sécurité.

C'est en l'absence des ministres d'Amal et du Hezbollah (Yassine Jaber, Rakan Nassereddine, Tamara Elzein et Mohammad Haïdar), que s'est tenu jeudi après-midi au Grand Sérail le Conseil des ministres, qui aurait normalement dû se pencher sur la question de l'expulsion de l'ambassadeur d'Iran au Liban. Le sujet n'a finalement pas été abordé par le gouvernement en l'absence des ministres du tandem chiite, qui n'ont pas été suivis dans leur boycott de la séance par Fadi Makki, cinquième ministre chiite non affilié aux deux groupes. Une dynamique qui reflète la volonté du président de la République, Joseph Aoun, et du Premier ministre, Nawaf Salam, de ne pas faire marche arrière sur la décision du ministère des Affaires étrangères, malgré le mécontentement dans les milieux du...
commentaires (13)

d;aucun arguent du fait que, Liran en guerre, pas d'aeroports..... comment mettre a la porte quelqu'un ? pour l'envoyer ou ? par quels moyens ? MOI-hehehe- je l'enverrais dans bus climatise vers baghdad.... ou il a bcp bcp d'amis prets a l'y heberger-GRATIS-

L’acidulé

11 h 11, le 29 mars 2026

Commenter Tous les commentaires

Commentaires (13)

  • d;aucun arguent du fait que, Liran en guerre, pas d'aeroports..... comment mettre a la porte quelqu'un ? pour l'envoyer ou ? par quels moyens ? MOI-hehehe- je l'enverrais dans bus climatise vers baghdad.... ou il a bcp bcp d'amis prets a l'y heberger-GRATIS-

    L’acidulé

    11 h 11, le 29 mars 2026

  • Notre état a une occasion en or pour prouver aux mollahs que le Liban reste un pays souverain qui décide de son sort malgré les pressions qui s’exercent sur lui depuis des décennies. Il ne faut pas flancher, nous n’avons plus rien à perdre. Il est temps de prouver que cet état sert à quelque chose. Il n’a pas besoin d’armée pour faire appliquer ses décisions, ils suffit de rester droit dans ses bottes, unis et la tête haute sans jamais flancher face à ces fossoyeurs qui ont toujours tiré leur force de notre faiblesse. N’importe quelle guerre serait plus supportable que la soumission.

    Sissi zayyat

    12 h 00, le 27 mars 2026

  • au pire des cas , le cabinet se trouve entierement inutile... mais restera a faire le peu de boulot qui lui est possible de faire, sous la denomination AFFAIRES COURANTES. parfaitement suffisant.

    L’acidulé

    10 h 19, le 27 mars 2026

  • Quelle situation tragique, notre sort depend de l’Iran? On n’a pas le droit de decider de l’avenir de notre pays, pris en otages entre l’Iran et Israel? Une force internationale serait la bienvenue pour repousser les deux! Et nos parlementaires sont minables, ils ont laisse faire cette invasion au fil des décennies dernières alors que le peuple vaquait a ses occupations, passivement! Nous méritons notre sort, pas de gouvernance ni de principes patriotiques, rien que de la corruption

    CW

    09 h 56, le 27 mars 2026

  • Le gouvernement peine à s’occuper d’un million de déplacés jetés sans pitié à la rue, et le tandem pleure le départ de celui qui est la cause de son propre malheur. Comment discuter avec pareils interlocuteurs ? Mourir pour venger un mort étranger est non seulement stupide mais aussi criminel. On en veut au courageux ministre Raggi d’avoir fait son devoir national. A-t-on oublié que l’ancien ambassadeur-milicien iranien avait perdu son oeil lors de sa guerre chez nous ? Encore heureux que le nouveau rentre chez lui sain et sauf. Là bas on ne peut rien lui garantir !

    NG

    05 h 46, le 27 mars 2026

  • Si un ministre n'est pas d'accord sur une decision presentee en conseil, il a le choix de voter contre. La designation du nouveau gouverneur de la banque centrale en a ete un exemple. Par contre, la mauvaise habitude de "boycotter" le conseil des ministres souligne un desaccord total avec la politique du gouvernement. Dans ce cas, qu'attendent donc les ministres de Amal et du Hezb pour demissioner ?

    Michel Trad

    23 h 41, le 26 mars 2026

  • Si les ministres du tandem chiite n'approuvent pas la décision d'expulser l'ambassadeur iranien, qu'ils laissent la place à des chiites patriotes, je suis convaincue qu'ils sont nombreux et tout aussi compétents.

    Saliba Patricia

    23 h 11, le 26 mars 2026

  • Je ne vois q’une seule solution au problème Libanais. Coalition d’une force étrangère au sol avec ou sans l’armée, pour désarmer le HZB et en même temps repousser les forces d’israël chez eux. Du contraire bye bye Litani et son sud, bonjour l’Iran sur tout le territoire Libanais. C’est une bien triste réalité

    Antoine Chouery

    21 h 25, le 26 mars 2026

  • Ce qui est interessant c'est que l'ordere du jour etait les refugies chiites de la guerre commanditee par Ha'zbala! Alors les ministre chiites prennet plus de soin de n pas froisser le Iranien plutot que de s'occuper de leur base qui est dans les rues, le froid et la misere! On ne peut tomber plus bas et tous les masques sont tombes! L'historie vous jugera severement et nous payons les pots casses de leur mepris du Liban comme etat!

    Cadmos

    20 h 58, le 26 mars 2026

  • Une bonne prise de position. il s'agit de continuer!

    Cadmos

    20 h 53, le 26 mars 2026

  • QUELS ENERGUMENES nous gouvernent et avec quelle tete ils pensent et decident ? Celle d,en haut ou celle d,en bas ?

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    20 h 51, le 26 mars 2026

  • Saisissez le conseil de securite pour l,occupation de notre pays par les iraniens. Le tandem chiite etant fourre d,iraniens qui le dirigent et attaquent un tiers pays voisin du notre DE NOTRE SOL ! Voila ce qu,il faut faire.

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    20 h 38, le 26 mars 2026

  • "Les habitants de Hbouch ont desavoué la participation de Makki au conseil des ministres". Qui a fait le sondage pour savoir ce que les habitants de Hbouch veulent? Ou c'est une opinion n=1? En tout cas si les "habitants de Hbouch" insistent pour garder le chef milicien Iranien ici, lui qui a poussé 1 million de personnes a devenir des refugiés, il vaudrait mieux de commencer serieusement a reflechir au divorce avec les habitants de Hbouch.

    ..... No comment

    20 h 21, le 26 mars 2026

Retour en haut