Le président libanais, Joseph Aoun (g.), et le chef du Législatif, Nabih Berry, à Baabda, le 23 mars 2026. Photo X / @LBPresidency
Un Conseil des ministres doit avoir lieu jeudi au Grand Sérail, afin d'évoquer plusieurs sujets liés à la guerre en cours au Liban, qui a fait plus de 1.000 morts, dont les armes du Hezbollah et le plus d'un million de déplacés, a appris L'Orient-Le Jour.
Cette information a été obtenue quelques heures après des réunions consécutives au palais présidentiel entre le chef de l'État, Joseph Aoun, et le président de la Chambre, Nabih Berry, et le Premier ministre Nawaf Salam. Après sa réunion avec le chef de l'Etat, Nawaf Salam a dit « travailler » avec lui pour « mettre un terme à la guerre le plus rapidement possible. »
Lors de leur réunion, MM. Aoun et Berry ont dressé un état des lieux de la situation et insisté sur leur « refus d'un retour à la guerre civile », sur fond de tensions autour du désarmement du Hezbollah et du déplacement de plus d'un million de personnes dans le pays. Ils ont discuté, selon la présidence, des frappes israéliennes sur les ponts reliant le sud du Litani du reste du Liban, et leurs « conséquences potentielles », ainsi que du déplacement de plus d'un million de Libanais. Ils ont « évalué positivement » l'accueil fait à ces déplacés dans les différentes régions et insisté sur l'importance de « l'unité nationale et de la solidarité ». Des tensions et polémiques ont éclaté dans certaines régions au cours des deux dernières semaines, concernant l'accueil des déplacés, et notamment dernièrement concernant la construction d'un centre d'accueil près du port de Beyrouth. Ils ont appelé à « préserver la paix civile et ne pas se laisser influencer par les rumeurs diffusées par des parties qui ne souhaitent pas le bien du Liban », selon le communiqué publié par Baabda, qui souligne « le rejet des expériences douloureuses du passé, et surtout d'un retour à la guerre civile. » Interrogé sur la situation au Liban à sa sortie du palais présidentiel, M. Berry a répondu que « tant que le président est là, je suis rassuré. »
Le président Joseph Aoun s'est en outre entretenu à Baabda avec le commandant de l’armée, le général Rodolphe Haykal, sur la situation au sud du pays, réclamant des « mesures de sécurité renforcées » dans les différentes régions, notamment à Beyrouth et une surveillance accrue dans les centres d'hébergement pour déplacés.
L'ex-chef du Parti progressiste socialiste (PSP) et leader druze Walid Joumblatt a lui aussi été reçu au palais présidentiel, avec son fils, chef du parti et député, Taymour Joumblatt. Il a déclaré à l'issue de l'entretien que « la bataille pourrait être longue, mais la priorité est de mettre fin à la crise le plus rapidement possible », appelant au « dialogue et à la sécurité intérieure ». « En ce qui concerne les négociations (avec Israël), (Joseph Aoun) et (...) Nawaf Salam ont été accusés de trahison. Or, la négociation est légitime si elle repose sur des bases connues.(...) En revanche, refuser toute négociation par principe et utiliser le Liban comme terrain de combat est inacceptable », a affirmé M. Joumblatt, en allusion claire à la position du Hezbollah. « Aujourd’hui, nos devoirs sont les suivants : la sécurité intérieure, le dialogue et la prise en charge de tous les besoins des déplacés. J’ai proposé au président de fournir (aux déplacés) des habitations préfabriquées : c’est préférable, car les tentes sont humiliantes et nous rappellent la Palestine en 1949. Demandons des logements prêts à l’emploi, et les habitants du Sud retourneront dans leurs villages à la fin de la guerre », a encore dit l'ancien chef du PSP.
Les autorités libanaises veulent lancer des négociations directes avec Israël pour mettre fin au conflit actuellement en cours, une initiative refusée jusque là par Tel-Aviv, tout comme par le Hezbollah et son allié, le mouvement Amal. M. Berry, à la tête d'Amal, refuse jusqu'à présent de nommer une personnalité chiite dans la future délégation libanaise qui devrait mener ces négociations.
Après sa réunion à Baabda, M. Berry s'est également entretenu avec le ministre de l'Intérieur, Ahmad Hajjar, sur toutes les conséquences de l'offensive israélienne, au niveau sécuritaire et militaire ainsi que concernant l'accueil des déplacés.


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