Des débris jonchent une rue alors que de la fumée s’élève du site d’une frappe aérienne israélienne visant le quartier de Haret Hreik, dans la banlieue sud de Beyrouth, avec au premier plan un portrait de l'ancien chef du Hezbollah Hassan Nasrallah, le 10 mars 2026. Photo d'illustration AFP
L'armée israélienne s'est déchaînée dans la nuit de vendredi à samedi sur la banlieue sud de Beyrouth après avoir à nouveau appelé à évacuer les lieux. Ces frappes interviennent alors que se poursuivent les combats au sol avec le Hezbollah - qui a revendiqué vendredi 55 attaques, une première depuis le début de la guerre - notamment au niveau de la localité de Khiam à Marjeyoun. Dans ce contexte tendu, l'accès aux médias a été interdit à Jdeidet Marjeyoun pour des raisons sécuritaires.
Dans un bref communiqué, l'armée israélienne a affirmé dans la nuit « frapper des cibles de l'organisation terroriste Hezbollah à Beyrouth », après avoir publié une nouvelle fois son avis d'évacuation de sept quartiers : Haret Hreik, Ghobeiri, Laylaki, Hadath, Bourj el-Brajné, Tahwitet el-Ghadir et Chiyah, un appel régulier depuis le 5 mars. De son côté, le Hezbollah a indiqué, dans un communiqué, avoir lancé à 2h05 un barrage de roquettes sur la base de Filon, au sud de Rosh Pinna, en face de la localité libanaise de Houla (Marjeyoun).
Maisons et commerces détruits à Khirbet Selm
Au Liban-Sud, les bombardements et l'avancée au sol de l'armée israélienne se poursuivent. Après 22h, des tirs d’artillerie israéliens ont ciblé Bint Jbeil et Aïta el-Chaab (caza de Bint Jbeil). Des avions de guerre israéliens ont également mené une frappe aérienne sur plusieurs habitations dans la zone de Bir al-Salasil, dans la localité de Khirbet Selm (Bint Jbeil), provoquant d’importantes destructions de maisons, de commerces et de véhicules, et bloquant les routes avec des débris et des pierres. Des équipes de la Défense civile, du Comité sanitaire islamique et des pompiers de l’Union des municipalités de Bint Jbeil se sont précipitées sur les lieux pour tenter de retirer les gravats et rouvrir les routes, selon notre correspondant.
Des avions de guerre israéliens ont également frappé une maison sur la route principale entre Ansar (Nabatiyé) et Zrariyé (Saïda), en face du bâtiment de la municipalité, mais le missile n’a pas explosé. Des tirs d’artillerie israéliens ont ciblé Naqoura (Tyr) après 23h. Une frappe aérienne a par ailleurs touché la localité de Kafra (Bint Jbeil) et des tirs d’artillerie Khiam à minuit.
Des blessés et un mort à Hoch et Ghandouriyé
Une autre frappe aérienne a été menée sur la zone de Hoch (Tyr) ; des ambulances sont intervenues et ont transporté plusieurs blessés, indique notre correspondant. Une autre frappe a ciblé une maison dans la localité de Ghandouriyé (Bint Jbeil), faisant un mort et deux blessés. Des tirs d’artillerie israéliens ont ciblé les localités de Yater et Beit Lif (Bint Jbeil).
Après 02h, une forte explosion a été entendue à Khiam, vraisemblablement due à la démolition de maisons dans le quartier est. À 03h du matin, de lourds tirs d’artillerie lourds ont été signalés sur des quartiers résidentiels à Khiam.
Au moins 36 villages du Liban-Sud ciblés
Selon notre correspondant au Liban-Sud, l'armée israélienne a mené vendredi des frappes sur au moins 36 villages du Liban-Sud, sur des habitations et des bâtiments, provoquant une destruction généralisée de biens, de véhicules et de commerces. Dix-sept parmi eux ont été soumis à des bombardements d’artillerie intensifs tout au long de la journée.
La zone frontalière du Liban-Sud a aussi connu vendredi un changement radical dans le rythme des affrontements terrestres. Alors que l’intensité des combats s’est concentrée dans la localité de Khiam (secteur est), le front s’est aussi transporté vers l’extrême ouest, particulièrement Naqoura et Alma el-Chaab (caza de Tyr). Côté Hezbollah, des sites proches du mouvement chiite montrent ce qui semble être des éléments de l’unité d’élite Radwan avec un nouvel écusson portant l’inscription « Paille mâchée », nom de la bataille en cours, en référence à un verset du Coran.
À Khiam, l’armée israélienne a tenté de lancer une opération d’encerclement à grande échelle. Des tentatives d’avancée depuis le nord et l’est ont été observées, accompagnées de bombardements intensifs. Des colonnes de fumée noire ont été observées, tandis que des combats à l’arme automatique ont duré plusieurs heures. Le Hezbollah a annoncé avoir visé des regroupements de forces israéliennes avec des salves de roquettes. Dans le secteur ouest, une avancée terrestre israélienne a été signalée vers Naqoura, Alma el-Chaab et Dhaïra (Tyr), à laquelle le Hezbollah a riposté à l'aide de drones. Le parti a également annoncé avoir visé un radar maritime à Ras Naqoura avec un drone, ainsi qu’une autre cible à Aïtaroun (Bint Jbeil).
Une source du Hezbollah a affirmé à la chaîne al-Jazeera que l’avancée israélienne reste limitée à la première ligne de villages. Elle a aussi précisé que des combats étaient en cours vendredi à Naqoura, Alma el-Chaab, Aïtaroun et Khiam, qu’une partie de Meis el-Jabal était sous contrôle israélien avec des des combats au sol, et que les tentatives d’encerclement vers Taybé ont été repoussées.
Le Hezbollah a publié 55 communiqués militaires vendredi, le nombre le plus élevé depuis le 2 mars, afin de contrer les mouvements israéliens le long de la frontière sud du Liban, ainsi que des attaques contre des positions militaires, des bases et des localités israéliennes dans le nord d’Israël.
L'accès aux médias interdit à Jdeidet Marjeyoun
Dans ce contexte tendu, la municipalité de Jdeidet Marjeyoun a publié vendredi un communiqué demandant à « tous les médias et journalistes de s’abstenir de filmer ou de couvrir les événements et les bombardements depuis l’intérieur de la localité, afin de préserver la sécurité publique et celle des habitants ».
« La municipalité appelle également les citoyens à ne pas filmer ni partager toute séquence liée à ces événements. La publication ou la diffusion de telles images depuis l’intérieur de la localité est strictement interdite sous peine de poursuites », indique le texte.

