Procession à Tyr pour les funérailles de Youssef Assaf, un secouriste de la Croix rouge libanaise tué par une frappe israélienne au Liban-Sud, le 11 mars 2026. Photo Kawnat HAJU / AFP
C'est vêtus de leur veste rouge, et en musique, que les collègues de Youssef Assaf, ambulancier de la Croix-Rouge libanaise (CRL) tué la veille dans une frappe israélienne, lui ont rendu un dernier hommage mercredi, avec une procession le long de la corniche maritime de Tyr et une messe de funérailles en l'église Saint Thomas de la ville. Youssef Assaf fait partie de la quinzaine de secouristes tués depuis le début de l'offensive israélienne sur le Liban, le 2 mars, et le premier issu des rangs de la CRL.
Il a succombé mercredi à ses blessures résultant d'une frappe israélienne sur l'ambulance qu'il conduisait, alors qu'il se trouvait sur le lieu d'un précédent bombardement à Majdel Zoun, dans le caza de Tyr, au Liban-Sud. « Il accomplissait son devoir humanitaire : servir les gens et de sauver des vies » lorsqu'il a été tué, a déclaré l'organisation de secours dans un communiqué lui rendant hommage. « Youssef Assaf faisait partie des ambulanciers qui se sont précipités pour porter secours aux victimes » de l'attaque à Majdel Zoun, a-t-elle ajouté. « [La CRL], tout en déplorant profondément la perte de l’un de ses bénévoles humanitaires dévoués, souligne que les ambulanciers et le personnel médical ne sont pas des cibles militaires et doivent être protégés moralement, en vertu du droit international humanitaire, des conventions internationales et des résolutions des conférences diplomatiques », a-t-elle ajouté.

Coordination avec la Finul
Un membre de la CRL qui travaillait avec Youssef Assaf dans le sud du Liban a indiqué à L’Orient-Le Jour que l’organisation « prévient toujours la Force intérimaire de l'ONU au Liban (Finul) avant de se rendre sur le site d’une frappe, laquelle informe à son tour l’armée israélienne ». Ce n’est qu’ensuite que les ambulanciers se rendent sur place. « Malgré le respect de tous les protocoles de sécurité requis, un membre de la Croix-Rouge a tout de même été tué », a-t-il déploré. Un autre de ses collègues secouristes avait également été grièvement blessé dans ce raid.
Depuis le début de ses frappes à travers le pays le 2 mars, Israël a tué 570 personnes au Liban, dont 86 enfants et 14 secouristes, a annoncé mercredi le ministère libanais de la Santé. La veille, il avait condamné l'attaque sur Majdel Zoun et précisé que « c'est la première fois depuis octobre 2023 que la Croix-Rouge est la cible d'une telle attaque » israélienne.
Aoun salue « les sacrifices de la Croix-Rouge »
C'est dans ce contexte que le président Joseph Aoun a rencontré mercredi matin le secrétaire général de la CRL, Georges Kettané, qui lui a confirmé « la disponibilité de la Croix-Rouge » face à aux « développements sécuritaires » au Liban, a rapporté l’Agence nationale d’information (Ani, officielle). M. Kettané a précisé que l’organisation compte 12 000 bénévoles, dont 5 000 ambulanciers, déployés sur l’ensemble du territoire libanais et équipés d’ambulances et de matériels complets.
Il a également souligné que la CRL s’emploie à fournir une assistance humanitaire, des hébergements, des soins de santé primaires et un soutien psychologique, en plus de l’approvisionnement en unités de sang aux hôpitaux et aux personnes dans le besoin. Joseph Aoun a à son tour salué « les sacrifices de la Croix-Rouge » et présenté ses condoléances à M. Kettané pour le « martyre » de Youssef Assaf.



Paix à son âme. Je m incline devant la Croix Rouge Libanaise. Notre fierté. Mais qui va condamner ces actes odieux? Israël s en fout carrément tant que l impunité prévaut.
21 h 14, le 12 mars 2026