Le député Gebran Bassil, chef du Courant patriotique libre, Photo AFP
Le porte-parole arabophone de l’armée israélienne, Avichay Adraee, a pris le chef du Courant patriotique libre (CPL), le député Gebran Bassil, à partie dans l’un de ses messages sur X, critiquant son alliance, entre 2006 et 2023, avec le Hezbollah.
« Cher M. Bassil, Israël n’est pas l’agresseur, il vous suffit de revenir un peu en arrière pour vous assurer que c’est ce parti démoniaque (le Hezbollah, ndlr) que vous défendez qui est l’agresseur, vous êtes trop jeune pour être atteint d’Alzheimer », a-t-il écrit.
M. Bassil avait déclaré, dans un communiqué publié à l’issue d’une réunion du CPL, « faire assumer à Israël la responsabilité de la guerre au Liban parce que c’est un État agresseur et occupant, comme nous faisons assumer au Hezbollah la responsabilité de cette guerre parce qu’il a lié son sort à celui de Gaza puis d’Iran, liant par le fait même le Liban à eux ». Il a également accusé les autorités libanaises de négligence et de ne pas avoir su protéger le pays par une stratégie de défense digne de ce nom. Ancien allié du Hezbollah sur le plan politique, le CPL est actuellement dans l’opposition et ne participe pas au gouvernement de Nawaf Salam.
Messages inédits entre des députés libanais et Adraee
En réponse directe à Avichay Adraee, deux députés du CPL ont pris la défense de M. Bassil et interpellé le porte-parole sur X. La députée aouniste Nada Boustani a écrit sur son compte X que celui-ci « n’a pas compris que Gebran Bassil ne prend pas la défense du Hezbollah, mais celle du Liban, et qu’il s’était opposé depuis le début à l’ouverture d’un front de soutien avec Gaza puis avec l’Iran ».
De son côté, le député Salim Aoun, s'en prenant à M. Adraee, a écrit que « notre histoire dans la lutte contre la tutelle et l’occupation n’a pas besoin d’un certificat de bonne conduite de la part du porte-parole de l’armée d’occupation » israélienne. « La souveraineté du Liban est décidée par les Libanais, au sein de leur État et de leurs institutions — ni à Tel-Aviv ni sur la plateforme « X ». Épargne-nous tes conseils et va prêcher ailleurs », a encore écrit le député.
Des échanges publics quasi inédits entre des députés libanais et le porte-parole israélien, la loi libanaise de 1955 sur le boycott d’Israël interdisant toute interaction entre Libanais et Israéliens. « Le Courant patriotique libre brise le tabou du contact direct avec Israël à travers deux tweets des députés Nada Boustani et Salim Aoun. Certains concepts appartiennent désormais au passé… », commente ainsi le journaliste Rikardo Chidiac sur son compte X, qui se présente comme indépendant.
La loi en question prohibe à tout individu ou entité juridique d’entrer en contact avec des Israéliens ou des personnes résidant en Israël. Elle interdit également toutes transactions commerciales, financières et autres. La violation de cette loi est sanctionné par une peine de trois à dix ans de travaux forcés. Mais ces dernières années, elle a été évoquée à plusieurs reprises pour accuser, convoquer voire incarcérer des activistes opposés au Hezbollah ou à l'ancien président Michel Aoun.



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