Le président iranien Massoud Pezeshkian, l’ayatollah ultra-conservateur Gholamhossein Mohseni-Ejei (à gauche sur la photo) et l’ayatollah Alireza Arafi (à droite sur la photo), nommé membre juriste du conseil de direction chargé d’assumer temporairement les fonctions du Guide suprême iranien, réunis le 1er mars, après l'assassinat de l'ayatollah Khamenei par les frappes américano-israéliennes contre l'Iran. IRIB/WANA (West Asia News Agency)/Handout via REUTERS
Ces derniers jours, la hiérarchie iranienne montre des signes de fragmentation à propos d’une guerre que ses dirigeants considèrent comme existentielle. Les divisions parfois violentes entre les plus conservateurs et les factions plus pragmatiques sont apparues au grand jour après une polémique déclenchée par la promesse, samedi, du président Massoud Pezeshkian de ne pas frapper les États du Golfe. M. Pezeshkian s'était ainsi excusé auprès des pays voisins pour les frappes iraniennes les ayant visés depuis le début de la guerre le 28 février avec les États-Unis et Israël, et a affirmé qu'ils ne seraient plus attaqués, sauf si des frappes étaient tirées depuis ces pays.
Les fissures au sein de l’élite dirigeante iranienne ont longtemps été étouffées sous la poigne de fer du Guide suprême Ali Khamenei, mais son assassinat il y a une semaine a permis à ces tensions de s’exprimer plus ouvertement, alors que les frappes américaines et israéliennes accentuent la pression sur Téhéran. Le bombardement ininterrompu met mortellement en danger la République islamique et a incité ses partisans les plus farouches, les gardiens de la révolution, à s’emparer d’un rôle stratégique plus important. Ce, malgré le fait que nombre de hauts commandants de cette force aient été tués par des frappes dans le cadre de l'offensive israélo-américaine.
Le message d'excuses adressé samedi par le président Pezeshkian aux États du Golfe, après une semaine de bombardements de leur territoire, et sa promesse de limiter de telles attaques ont rapidement suscité des réactions de la part des conservateurs des gardiens de la révolution et de l’élite religieuse, le contraignant à faire partiellement marche arrière. Un peu plus tard, le président réitérait son précédent communiqué sur les réseaux sociaux, mais sans la partie relative aux excuses qui avaient tant irritées les gardiens et les autres conservateurs. Un recul embarrassant. Et dans la journée, les frappes de drones et de missiles contre les pays du Golfe continuaient.
Les excuses de Pezeshkian : « inacceptables »
Dans l’une des critiques les plus ouvertes à l’encontre du président iranien – un autre signe des divisions internes –, le religieux ultraconservateur et député Hamid Rasai l'a interpellé sur les réseaux sociaux, déclarant : « votre position était non professionnelle, faible et inacceptable ».
Signe de la pression accrue au sein de l'establishment, des religieux accélèrent la nomination d’un nouveau Guide suprême. « Il faut accélérer le processus afin de décevoir l’ennemi et de préserver l’unité et la solidarité de la nation », a déclaré l’ayatollah Nouri Hamedani dans un communiqué relayé samedi par l’agence semi-officielle Fars News Agency. Il est d'ailleurs possible qu'une décision soit prise dès dimanche – même s’il est loin d’être certain que le successeur de Khamenei disposera de l’autorité suffisante pour étouffer les querelles entre factions.
Alors que son fils, Mojtaba Khamenei, est considéré comme favori, qu'il est soutenu par les gardiens et le puissant entourage de son père, il n’a jamais été testé, est « junior » par rapport à la plupart des grands ayatollahs iraniens et n'a pas le soutien des « modérés » du régime. Par ailleurs, Mojtaba Khamenei aurait été blessé par une frappe ces derniers jours.
D’autres candidats potentiels pourraient avoir du mal à obtenir l’obéissance sans faille des gardiens, condition nécessaire au maintien de la discipline au sein de l’appareil.
« Les périodes de guerre tendent à clarifier les structures de pouvoir et, dans ce cas, la voix décisive n’est pas celle de la direction civile, mais bien celle des gardiens de la révolution », estime Alex Vatanka, chercheur senior au Middle East Institute.
Des divisions sur la stratégie
Certes, toutes les figures majeures au sein de la hiérarchie restent déterminées à défendre la République islamique et sa théocratie révolutionnaire contre les attaques américaines et israéliennes, mais des divisions nettes subsistent quant à la stratégie à adopter. Il est arrivé que les divergences entre conservateurs et modérés soient utilisées comme une carte lors des négociations avec l’Occident. Mais l’incident lié à la déclaration de Pezeshkian a mis en lumière de véritables divisions, selon deux sources haut placées. Les propos de Pezeshkian ont littéralement exaspéré de nombreux hauts commandants des gardiens, a confirmé à Reuters un conservateur proche de l’entourage de Khamenei.
Le poids du guide suprême
Un autre haut responsable iranien, un ancien modéré, estime, pour sa part, que personne ne pourra remplacer Khamenei, rappelant que le défunt dirigeant était un stratège redoutable qui a guidé l’Iran à travers de nombreuses périodes difficiles.
Dans le système particulier de l’Iran, un président, un gouvernement et un parlement élus restent subordonnés à un ayatollah nommé par le clergé, détenteur de l’autorité suprême et qui supervise directement les gardiens de la révolution et d’autres puissants organismes étatiques. Pendant 36 ans, Khamenei a souvent joué les conservateurs contre les modérés au sein du système, tout en conservant la décision ultime, permettant aux divergences de s’exprimer tant qu’elles ne remettaient pas en cause sa volonté.
À sa mort, la direction est revenue formellement à un conseil intérimaire, prévu par la Constitution, réunissant Pezeshkian, le chef religieux du système judiciaire et un autre religieux issu de l’organe conservateur appelé Conseil des gardiens. En l’absence de Khamenei, des tensions apparaissent même au sein de ce cercle restreint, le chef du pouvoir judiciaire, l’ayatollah ultra-conservateur Gholamhossein Mohseni-Ejei, affirmant que certains États de la région avaient permis que leur territoire soit utilisé pour des attaques. « De lourdes frappes sur ces cibles vont se poursuivre », a-t-il déclaré, contredisant le ton plus conciliant de Pezeshkian.
Cependant, même si Khamenei permettait parfois aux voix modérées ou réformatrices de l’emporter sur les conservateurs lors de ces disputes, elles étaient généralement mises en minorité dès lors que le système semblait menacé...



Il y en a qui n'ont rien appris de l'histoire.. Plus ils seront têtus et pkus dure sera leur chute cg Saddam, Khadafi, Assad, Hamas qui ont ruiné leur pays par leur entêtement futile l. Les des dont jetés faut savoir lire et Pezichian l'a vite comptis lui, la seule question maintenant ce n'est pas si mais quand et a quel prix piur l'Iran en tant que nation.
17 h 58, le 08 mars 2026