L’émissaire spécial de l’Élysée pour le Liban, Jean-Yves Le Drian, à Aïn el-Tiné, le 11 septembre 2025. Mohammad Yassine/L’Orient-Le Jour
L'envoyé spécial du président français Emmanuel Macron pour le Liban, Jean-Yves Le Drian, a dénoncé vendredi la responsabilité du Hezbollah dans le conflit armé au Proche-Orient, estimant qu'il a « joué la carte de l'Iran et non pas la carte du Liban ».
Dans un entretien sur la chaîne française TF1, M. Le Drian a poursuivi : « Ils ont commencé à frapper sur Israël en même temps que les Iraniens juste au début du conflit, comme si c'étaient les Iraniens qui tiraient. Ils ont fait le choix de l'Iran contre le Liban ».
M. Le Drian, ancien ministre des Affaires étrangères, a jugé toutefois que « la manière dont Israël réagit, malheureusement, va solidifier l'unité chiite, car sa réaction est disproportionnée par rapport à la situation ». Saluant le « courage » du président de la République Joseph Aoun et de son gouvernement qui demandent l’aide de la France, il a assuré qu’Emmanuel Macron « a pris les initiatives nécessaires » pour aboutir à un compromis comme lors du précédent conflit en 2024.
Le Hezbollah a ouvert un front de soutien avec l’Iran lundi dernier, deux jours après le début de l’attaque américano-israélienne sur l’Iran, au cours de laquelle le Guide suprême de la République islamique Ali Khamenei été tué. Les salves de missiles du Hezbollah sur le nord d’Israël ont provoqué de nouvelles ripostes aériennes très violentes sur plusieurs de ses fiefs, dans la banlieue-sud de Beyrouth, le Liban-Sud et la Békaa-nord. Cette escalade a mis fin au cessez-le-feu de novembre 2024.
Au sujet de l’intervention israélo-américaine en Iran, M. Le Drian s’est dit pessimiste quant à une issue rapide de la crise. « On est parfois surpris du fait que les Iraniens tapent un peu partout. En réalité, ce qu’ils veulent, c'est créer le chaos, c'est causer l'embrasement », a-t-il observé. « Ils veulent élargir (les frappes) pour faire pression sur le président (américain Donald) Trump, pour lui montrer les dégâts que produit l'intervention américaine en Iran et pour faire pression sur l'opinion publique américaine ».
Selon lui, « la France doit être très vigilante » car le conflit va se poursuivre, étant donné « la résilience de l'Iran et sa volonté d’élargissement du conflit pour enflammer l’ensemble de la région ».
« La France n'est pas dans la guerre. Cette guerre n'est pas la nôtre. Mais la France a des amis et des alliés qu'elle doit défendre », a également souligné M. Le Drian.


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