Des passagers indiens arrivent à l’aéroport d’Ahmedabad dans la soirée du 3 mars 2026, Photo Shammi Mehra/AFP
La guerre déclenchée par Israël et les États-Unis contre l’Iran, qui a débordé dans plusieurs pays du Golfe mais aussi au Liban, a fortement affecté le transport aérien dans la région.
Des centaines de milliers de passagers en ont fait les frais, tandis que certains voyageurs sont encore coincés dans les pays dont les aéroports ou les espaces aériens ont été fermés.
Cinq jours plus tard, la situation se débloque très lentement. Mardi, les autorités israéliennes ont indiqué qu’elles étaient prêtes à rouvrir graduellement l’espace aérien à partir de lundi prochain, sans toutefois garantir que cette décision ne serait pas modifiée.
L’Arabie saoudite n’a jamais totalement fermé son espace aérien depuis le 28 février, tandis que le Liban ou Oman ne l’ont pas fermé du tout – le sultanat a cependant fermé son aéroport au début du conflit. D’autres pays qui avaient fermé leur espace aérien et leurs aéroports les ont depuis rouverts totalement ou partiellement, principalement pour assurer des vols de rapatriement. Enfin, certains pays ont maintenu jusqu'à présent leurs espaces aériens totalement fermés.
« Les aéroports situés dans les zones les plus à risques, de la Méditerranée au Golfe, sont les plus affectés, tandis que l’activité est quasiment normale dans les infrastructures en périphérie de cette zone (Égypte ou Turquie notamment), à l’exception des trajets vers le Moyen-Orient et le Golfe », synthétise le président de l’Association des agences de voyage et de tourisme au Liban (ATTAL), Jean Abboud. Le cas de Chypre est particulier, vu que l'île a dû fermer son espace aérien mercredi au-dessus de l'aéroport de Larnaca, après la détection d'un « objet suspect » en provenance du Liban.
« Que ce soit à Beyrouth ou ailleurs, les compagnies aériennes réagissent au jour le jour et les aéroports sont tenus par les décisions des autorités, qui évoluent au fur et à mesure de la situation », ajoute-t-il.
« Au Moyen-Orient et dans le Golfe, certains aéroports publient des annonces indiquant qu’ils sont ouverts, mais en réalité, c’est uniquement pour les vols de rapatriement, comme au Koweït ou à Dubaï », rapporte de son côté Christelle Majdalani, directrice de l’agence Nakhal. Elle ajoute que les conditions d’éligibilité au rapatriement peuvent être très strictes selon les pays et les compagnies aériennes, citant l’exemple de Emirates et de Dubaï. Jean Abboud ajoute enfin que certaines solutions de fortune, incluant des trajets combinant avion et transport terrestre, ont été mises en place pour rejoindre certaines destinations dont les aéroports et/ou les espaces aériens sont fermés.
Mises à jour attendues
L’Orient-Le Jour a fait un tour d’horizon des pays de la région qui sont en pleine zone de conflit :
Liban : l’espace aérien libanais et l’Aéroport international de Beyrouth sont ouverts. La Middle East Airlines est quasiment la seule à assurer des liaisons régulières, mais elle a suspendu la majorité de ses vols vers le Golfe. De rares compagnies étrangères ont assuré certains vols ces derniers jours. Après les appels israéliens à évacuer plusieurs quartiers de la banlieue sud jeudi, en prévision de frappes ou d’attaques massives à venir, il n’était pas clair si le Liban allait maintenir son espace aérien ouvert.
Le PDG de la MEA, Mohammad el-Hout, s’est en tout cas rendu à l’AIB jeudi soir pour rassurer les voyageurs et les employés sur la poursuite des opérations, malgré les rumeurs d’annulation de vols.
Syrie : les aéroports internationaux de Damas et d'Alep sont actuellement fermés jusqu’au 7 mars, tout comme l’espace aérien du pays, selon les informations de Jean Abboud couplées avec celles du site FlightRadar24.
Iran : l’espace aérien et les aéroports de la République islamique, sous bombardement, sont totalement fermés jusqu’au matin du 7 mars.
Irak : l’espace aérien reste totalement fermé, tout comme les aéroports, également jusqu’au 7 mars, à la suite d'une mise à jour de la décision des autorités prise mercredi.
Bahreïn et Koweït : leurs espaces aériens sont fermés, selon FlightRadar24 et les sources contactées. Les autorités doivent mettre leur évaluation à jour.
Qatar : l’émirat gazier a partiellement rouvert son espace aérien samedi après une semaine de fermeture totale, afin de permettre le départ de vols spéciaux de rapatriement. au courant de la semaine, les autorités qataries avaient décidé de prolonger gratuitement d'un mois les visas des voyageurs pris au piège. Doha a aussi imité les Émirats arabes unis en annonçant prendre en charge les frais d'hôtels et de repas des passagers bloqués.
Émirats arabes unis : l’espace aérien est partiellement fermé jusqu’à nouvel ordre. FlightRadar24 explique que les Émirats ont publié un NOTAM définissant leur espace aérien comme partiellement fermé, tandis que les précédents NOTAM relatifs aux zones dites d’« Emergency Security Control of Air Traffic » (ESCAT) restent en vigueur. Cette combinaison offre aux autorités locales une certaine flexibilité pour ajuster la disponibilité de l’espace aérien à court terme. L'ouverture de couloirs aériens reliant les Émirats aux autres pays du Golfe a également été annoncée.
Arabie saoudite : l’espace aérien est partiellement fermé au niveau des frontières avec l’Irak et le golfe Persique, jusu'à nouvel ordre. Les administrations des principaux aéroports internationaux ont appelé les passagers à vérifier directement auprès de leurs compagnies aériennes les mises à jour concernant leurs vols avant de se rendre à l’aéroport.
Oman : l’espace aérien demeure ouvert. Des compagnies utilisent Mascate comme base pour des vols d’évacuation, rapporte FlightRadar24, et plusieurs compagnies étrangères ont opéré des vols de rapatriement depuis Mascate.
- Cet article est régulièrement mis à jour pour intégrer les nouveaux développements.


