Un panache de fumée s'élève après une frappe israélienne sur Saïda, le 3 mars 2026. Photo fournie par notre correspondant Mountasser Abdallah
Une frappe israélienne majeure a touché de plein fouet et détruit mardi en fin d’après-midi les locaux de la Jamaa Islamiya, dans la partie nord de la ville de Saïda, au deuxième jour d'une offensive israélienne d’envergure au Liban, menée en réaction à des tirs de missiles contre l’État hébreu revendiqués par le Hezbollah.
Peu après ces frappes israéliennes qui ont fait deux blessés civils, la Jamaa a estimé que cette attaque menée « sans aucun avertissement préalable » ne ferait que « renforcer notre foi dans la justesse de notre cause et notre attachement à notre terre ». « Aucune perte humaine n’a été déplorée après que la direction a décidé d’évacuer le centre par précaution », a ajouté le groupe. Dans un communiqué, la branche libanaise des Frères musulmans a affirmé que le ciblage d’un centre politique connu dans la ville de Saïda, situé dans un quartier résidentiel, constitue un crime de guerre « qui s’ajoute au bilan criminel de l’ennemi sioniste ».
Pour rappel, la Jamaa, qui avait été classée terroriste et sanctionnée par les Américains en janvier, s’est rapprochée de « l’axe de la résistance » et du Hezbollah après l’opération du 7 octobre 2023 du Hamas contre Israël. Dans le cadre du « front de soutien », la Jamaa avait réactivé sa branche militaire, les « Forces de l’aube », et conduit des opérations symboliques aux côtés du Hezbollah.
Le Hezbollah, qui avait promis de « faire face à l'agression » américano-israélienne contre l'Iran, a mis ses menaces à exécution lundi, après la mort samedi du guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, tué dans une frappe à Téhéran. Il a annoncé avoir tiré des missiles et des drones en direction d'Israël, ouvrant un nouveau front dans la guerre qui embrase le Moyen-Orient. Parallèlement à la guerre contre l'Iran déclenchée le 28 février, Israël mène depuis lundi une campagne de frappes massives sur le Liban, affirmant cibler le Hezbollah dans ses bastions du sud et de l'est du pays ainsi que dans la banlieue sud de Beyrouth. Mardi, Israël a annoncé que ses soldats prenaient le contrôle de « nouvelles positions » au Liban-Sud, afin d'y créer une « zone tampon ».

