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Dernières Infos - Soudan Du Sud

Au moins 169 tués dans un massacre dans le nord du Soudan du Sud


Des personnes assises à bord d'une camionnette, prêtes à parcourir environ 250 km vers le sud, jusqu'à Adré, à la frontière entre le Tchad et le Soudan, dans une gare routière de Tine, dans l'est du Tchad, le 25 novembre 2025. Ce déplacement intervient dans un contexte de conflit persistant entre les Forces de soutien rapide (FSR), une milice paramilitaire, et l'armée soudanaise. Photo d'archives Amr Abdallah Dalsh/Reuters

Au moins 169 personnes ont été tuées par des attaquants armés dimanche dans le nord du Soudan du Sud, où les violences ont fortement empiré ces dernières semaines, ont déploré lundi les autorités locales.

Les violences inter-communautaires sont fréquentes dans le plus jeune pays du monde, en proie aux conflits et à une corruption massive depuis son indépendance du Soudan en 2011.

Quelque « 169 corps ont été inhumés dans une fosse commune », a déclaré par téléphone à l'AFP Elizabeth Achol, ministre de la Santé de la région administrative de Ruweng, où les tueries ont eu lieu.

« Mais c'est la réalité à laquelle nous sommes confrontés, et nous prions pour qu'un jour les choses changent », a-t-elle ajouté, se disant « profondément touchée ».

« Ce chiffre pourrait encore augmenter si d'autres corps sont découverts », a de son côté indiqué James Monyluak, ministre de l'Information de la région, faisant état du même nombre de morts et assurant que la situation sécuritaire s'était depuis stabilisée.

Une source diplomatique a parlé à l'AFP, sous couvert d'anonymat, d' »au moins 70 morts, mais ce nombre pourrait dépasser 100 ».

Selon cette source, le massacre est le fait de jeunes de l'ethnie Nuer venus de l'État voisin d'Unité, qui se seraient vengés du meurtre de certains des leurs dans un marché d'Abiemnom, dans la région de Ruweng.

Les assaillants ne sont, selon cette source, pas proches du parti d'opposition de Riek Machar, dont la branche militaire est opposée à l'armée loyale au président Salva Kiir.

Nyakenya Yohannes, ministre de l'Information de l'État d'Unité, a déploré une attaque « profondément regrettable », mais démenti que les assaillants soient venus de son territoire.


État d'urgence

M. Kiir avait décrété en juin l'état d'urgence dans plusieurs régions, dont l'État d'Unité, après une flambée de violences inter-communautaires liées à du vol de bétail, qui avaient selon l'ONU fait des centaines de morts en quelques mois.

Les combats entre les camps de MM. Kiir et Machar se sont également intensifiés ces dernières semaines, notamment dans l'État du Jonglei (centre-est), où au moins 280.000 personnes ont été déplacées, selon l'ONU.

L'ONG Médecins Sans Frontières (MSF) a déploré lundi avoir perdu le contact avec 26 de ses employés dans cet État à la suite des violences.

Le massacre de dimanche a démarré par une attaque vers 04H30 (02H30 GMT) dans le comté d'Abiemnom, près de la frontière avec le Soudan, et a duré plus de trois heures, a expliqué James Monyluak.

Ce responsable avait d'abord donné un premier bilan de plus de 120 morts, parmi lesquels « environ 80 des victimes étaient des civils, principalement des femmes, des enfants et des personnes âgées ».

Une quarantaine d'autres étaient des militaires, avait-il ajouté.

« A la suite des violences survenues hier à Abiemnom, nos Casques bleus ont rapidement renforcé leur présence, accueillant temporairement un millier de civils dans notre base et prodiguant des soins médicaux d'urgence aux blessés », a expliqué la porte-parole de la mission des Nations unies dans le pays Priyanka Chowdhury.

« Nous avons appelé toutes les parties impliquées à cesser immédiatement les hostilités et collaborons avec le gouvernement pour rétablir le calme », a-t-elle précisé à l'AFP.

L'ONU a averti la semaine dernière du risque de « reprise de la guerre civile généralisée » au Soudan du Sud. En janvier, 189 civils tués ont été recensés, ainsi que de nombreuses violations des droits humains.

Un conflit sanglant entre les partisans des MM. Kiir et Machar, avait fait quelque 400.000 morts et quatre millions de déplacés entre 2013 et 2018.

Au moins 169 personnes ont été tuées par des attaquants armés dimanche dans le nord du Soudan du Sud, où les violences ont fortement empiré ces dernières semaines, ont déploré lundi les autorités locales.Les violences inter-communautaires sont fréquentes dans le plus jeune pays du monde, en proie aux conflits et à une corruption massive depuis son indépendance du Soudan en 2011.Quelque « 169 corps ont été inhumés dans une fosse commune », a déclaré par téléphone à l'AFP Elizabeth Achol, ministre de la Santé de la région administrative de Ruweng, où les tueries ont eu lieu.« Mais c'est la réalité à laquelle nous sommes confrontés, et nous prions pour qu'un jour les choses changent », a-t-elle ajouté, se disant « profondément touchée ».« Ce chiffre pourrait encore augmenter si d'autres...