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Société - Grand Angle

Sous les pierres de Tripoli, treize vies englouties

Le 8 février, un bloc de deux immeubles s’effondre sur ses résidents, laissant une dizaine de famille endeuillées.

Sous les pierres de Tripoli, treize vies englouties

Le portrait des victimes de l'effondrement d'un bloc de deux immeubles donnant sur la rue Syrie, entre les quartiers de Jabal Mohsen et Bab el-Tebbané. Photos fournies par les familles des victimes. Illustration Céline Bejjani/L’Orient-Le Jour

C’est un après-midi comme un autre. Farah sirote un café avec sa mère, Sahar Raï. Aux alentours de 13h30, la femme de 26 ans, hôtesse dans un restaurant d’un quartier aisé de Tripoli, est prête à partir pour le travail. D’habitude, Sahar l’embrasse. Pas cette fois : la quinquagénaire est malade. Avant de prendre son tour, Farah appelle une dernière fois sa mère, seule à la maison : « Va dormir, maman », lui dit-elle avant de raccrocher. Vers 16h, son téléphone sonne : c’est sa sœur. Farah répond, mais n’entend que la cohue. Puis son cousin l’appelle. Quelque chose cloche, il ne le fait jamais. Elle sort pour répondre : « Ton immeuble est tombé. » « Maman est à la maison ! » crie-t-elle. La Tripolitaine s’effondre, ses collègues la portent pour la conduire jusqu’à chez elle. Trois kilomètres la séparent de sa mère. Le trajet s’éternise....
C’est un après-midi comme un autre. Farah sirote un café avec sa mère, Sahar Raï. Aux alentours de 13h30, la femme de 26 ans, hôtesse dans un restaurant d’un quartier aisé de Tripoli, est prête à partir pour le travail. D’habitude, Sahar l’embrasse. Pas cette fois : la quinquagénaire est malade. Avant de prendre son tour, Farah appelle une dernière fois sa mère, seule à la maison : « Va dormir, maman », lui dit-elle avant de raccrocher. Vers 16h, son téléphone sonne : c’est sa sœur. Farah répond, mais n’entend que la cohue. Puis son cousin l’appelle. Quelque chose cloche, il ne le fait jamais. Elle sort pour répondre : « Ton immeuble est tombé. » « Maman est à la maison ! » crie-t-elle. La Tripolitaine s’effondre, ses collègues la portent pour la conduire jusqu’à chez elle. Trois kilomètres...
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