Le Premier ministre libanais Nawaf Salam, à Baabda. Photo Mohammad Yassine/L'Orient-Le Jour
Le Premier ministre libanais, Nawaf Salam, a affirmé mercredi que la deuxième phase du plan de désarmement des milices, notamment du Hezbollah, est « réalisable en quatre mois » si l’armée libanaise « dispose des mêmes conditions ». Ces déclarations interviennent à une semaine de la conférence de soutien à l’armée libanaise et aux Forces de sécurité intérieure (FSI), prévue le 5 mars à Paris.
Le 16 février, le commandant en chef de l’armée, le général Rodolphe Haykal, a présenté au Conseil des ministres sa vision pour l’application de la seconde phase du plan de désarmement des milices, notamment du Hezbollah. Avec l’approbation du gouvernement, il s'est accordé un délai de quatre à huit mois pour compléter cette étape, qui concerne la région située entre les fleuves Litani et Awali. En fixant un délai, l’armée a voulu montrer sa détermination à aller de l’avant dans ce chantier face aux pressions internationales, particulièrement des États-Unis et d’Israël. Mais la formule finalement adoptée semble également avoir été conçue pour éviter une crise interne, à l’heure où le Hezbollah estime que l’accord de novembre 2024 ne prévoit son désarmement qu’au sud du fleuve Litani et appelle le gouvernement à « renoncer au monopole des armes ».
« Pour achever ce plan de monopole des armes, nous veillerons, en tant que gouvernement, à ce que nos forces armées disposent de tous les moyens nécessaires, et nous travaillerons à leur assurer le plus large soutien politique et populaire », a souligné M. Salam. Il a rappelé qu’« à la fin de l’année dernière, l’armée a achevé la première phase de son plan dans le sud du fleuve Litani. C’est la première fois depuis 1969 que nos forces armées reprennent le contrôle opérationnel complet de cette région ». Le Premier ministre a également dénoncé la persistance des attaques israéliennes.
« Nous nous réunissons aujourd’hui, un an après que notre gouvernement a obtenu la confiance du Parlement et commencé son travail, a ajouté M. Salam. Ce fut une année exceptionnelle en termes d’événements et de défis. Pendant de longues décennies, une culture d’impunité, de pillage des deniers publics et d’absence de responsabilité a prévalu. Cela a profondément érodé la confiance dans l’État, tant chez les citoyens, qui constituent le contrat social et la légitimité du pouvoir, que chez nos frères arabes et la communauté internationale. »
« Après un an, nous ne prétendons pas avoir accompli des miracles, mais nous avons posé les bases nécessaires pour faire face à ces défis, en changeant une trajectoire qui conduisait inévitablement à l’effondrement complet de l’État et de la société, a-t-il poursuivi. Il va de soi que le mandat du gouvernement prendra fin avec l’achèvement de l’échéance électorale. Ce que nous avons accompli ne répond peut-être pas à toutes nos ambitions ni à celles des Libanais, mais l’essentiel est d’avoir mis le pays sur la voie de la reconstruction de l’État et de ses institutions, et de la restauration de la confiance des citoyens. »


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