Une personne allume une bougie lors d'un hommage aux 27 migrants qui ont péri lorsque leur canot pneumatique s'est dégonflé alors qu'ils tentaient de traverser la Manche, au parc Richelieu à Dunkerque, en France, le 25 novembre 2021. Photo REUTERS/Johanna Geron/Photo d'archive
L'accord migratoire franco-britannique, conclu à l'été 2025 dans le but de réduire le nombre de traversées clandestines de la Manche, « n'a pas vraiment changé quoi que ce soit » sur le littoral du nord de la France, a estimé mercredi l'association d'aide aux migrants Utopia 56. L'accord, signé en juillet et entré en vigueur en août, prévoit le renvoi en France de migrants arrivés au Royaume-Uni via une embarcation clandestine, en échange de l'accueil légal par ce pays de migrants se trouvant en France, sur le principe du « un pour un ».
Selon les derniers chiffres du ministère de l'Intérieur, transmis mercredi à l'AFP, 305 migrants ont été renvoyés en France tandis que 367 ont été admis légalement au Royaume-Uni dans le cadre de cet accord. Loin de l'objectif de 2.500 échanges, selon une source au fait de ce dispositif prévu dans un premier temps jusqu'en juin 2026. « Ce deal n'est qu'un échange transactionnel », a estimé Charlotte Kwantes, porte-parole d'Utopia 56, lors de la présentation du bilan 2025 effectué par l'association sur le littoral du Nord et du Pas-de-Calais. Depuis son entrée en vigueur, il « n'a pas vraiment changé quoi que ce soit » à la frontière franco-britannique, a-t-elle ajouté.
Selon les chiffres officiels des autorités britanniques, 41.472 personnes sont arrivées au Royaume-Uni après avoir traversé la Manche sur de petites embarcations, dites « small boats », en 2025. Ce chiffre est le deuxième plus élevé depuis le début de ces traversées en 2018, après le record de 2022 (45.774 arrivées). Ces traversées se font « toujours dans des conditions très chaotiques et très dangereuses (...), des conditions qui sont rendues encore plus chaotiques du fait d'une forte présence des forces de l'ordre », a pointé Charlotte Kwantes.
Sur l'année 2025, Utopia 56 a reçu 363 appels de détresse en mer, pour des « small boats » transportant au total près de 14.000 personnes, a souligné Félicie Penneron, co-coordinatrice d'Utopia 56 à Grande-Synthe (Nord).
Au total, au moins 29 migrants sont morts en mer en 2025, selon un décompte de l'AFP à partir de sources officielles françaises et britanniques. Dans le même temps, plus de 6.000 migrants ont été secourus en mer, selon la Préfecture maritime de la Manche et de la mer du Nord.


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