Une photographie diffusée par l'US Navy le 8 février 2026 montre des observateurs, dont les négociateurs en chef américains Steve Witkoff et Jared Kushner, assistant aux opérations aériennes sur le pont d'envol du porte-avions USS Abraham Lincoln (CVN 72), de classe Nimitz, en mer d'Arabie, le 7 février 2026. Photo Hannah Tross / US NAVY via AFP
L’armée américaine se prépare à l’éventualité d’opérations soutenues, pouvant durer plusieurs semaines, contre l’Iran si le président Donald Trump ordonne une attaque, ont indiqué deux responsables américains.
Un tel scénario pourrait déboucher sur un conflit bien plus grave que ceux observés jusqu’à présent entre les deux pays. Cette révélation, faite par des responsables s’exprimant sous couvert d’anonymat, accroît les enjeux des efforts diplomatiques en cours entre les États-Unis et l’Iran. Les émissaires américains Steve Witkoff et Jared Kushner doivent en effet tenir des négociations avec des responsables iraniens mardi à Genève, avec des représentants d’Oman en tant que médiateurs.
En marge de la conférence de Munich sur la sécurité, le secrétaire d’État américain Marco Rubio a averti samedi que, bien que Donald Trump privilégie un accord avec Téhéran, « cela reste très difficile à réaliser ».
« Depuis 47 ans, ils parlent et parlent et parlent »
Dans le même temps, le Pentagone a ordonné un renforcement de la présence militaire américaine dans la région, avec notamment l'envoi d'un second porte-avions au Moyen-Orient. Des responsables américains ont précisé vendredi que l'envoi de l’USS Gerald R. Ford, le plus grand porte-avions du monde, s'accompagnait de celui de milliers de soldats, d'avions de combat, de destroyers lance-missiles guidés et d’autres moyens capables de mener des frappes et de faire face à des salves de missiles.
S’exprimant vendredi devant les troupes sur une base en Caroline du Nord, Donald Trump a ouvertement évoqué la possibilité d’un changement de régime en Iran, estimant que « cela semble être la meilleure chose qui puisse arriver ». « Depuis 47 ans, ils parlent et parlent et parlent », a-t-il déclaré, sans préciser qui pourrait prendre le pouvoir à la place du régime en place, affirmant seulement qu’« il y a des gens ».
Le président américain a depuis longtemps exprimé son scepticisme face au potentiel envoi de troupes au sol en Iran, déclarant l’an dernier que « la dernière chose à faire, c'est d'envoyer des forces terrestres », alors que les moyens militaires actuellement déployés au Moyen-Orient suggèrent plutôt des options de frappes aériennes et navales. Au Venezuela, il a toutefois montré sa disposition à recourir également aux forces d’opérations spéciales, comme lors du rapt du président Nicolas Maduro dans un raid éclair mené à Caracas début janvier.
Interrogée sur les préparatifs d’une éventuelle opération militaire américaine prolongée, la porte-parole de la Maison Blanche, Anna Kelly, a déclaré que Donald Trump dispose de « toutes les options sur la table concernant l’Iran ». « Il écoute divers points de vue sur chaque sujet, mais prend la décision finale en fonction de ce qui est le mieux pour notre pays et notre sécurité nationale », a-t-elle ajouté.
Risques en hausse
Les États-Unis avaient envoyé deux porte-avions dans la région l’an dernier, avant de mener des frappes contre des sites nucléaires iraniens pendant la « guerre des 12 jours » entre l'Iran et Israël.
Cependant, cette opération « Midnight Hammer » en juin avait constitué une attaque ponctuelle, avec des bombardiers furtifs partis des États-Unis pour frapper des installations nucléaires iraniennes. L’Iran avait riposté par une frappe très limitée contre la base américaine d'al-Udeid, située au Qatar, tout en prévenant indirectement l'administration américaine.
Les préparatifs en cours sont cette fois « plus complexes », ont cependant indiqué les responsables américains. Dans le cadre d’une campagne prolongée, l’armée américaine pourrait cibler des installations sécuritaires iraniennes, et non plus seulement les infrastructures nucléaires, a précisé l’un des responsables, sans fournir davantage de détails. Selon des experts, les risques pour les forces américaines seraient nettement plus élevés dans une telle opération contre l’Iran, qui dispose d’un important arsenal de missiles. Des frappes de représailles iraniennes augmenteraient également le risque d’un conflit régional.
Le même responsable a indiqué que les États-Unis s’attendaient pleinement à une riposte iranienne, pouvant entraîner des frappes et contre-frappes sur une période prolongée. La Maison-Blanche et le Pentagone n’ont pas répondu aux questions concernant les risques de représailles ou d’embrasement régional.
M. Trump a menacé à plusieurs reprises de bombarder l’Iran en raison de son programme nucléaire et balistique ainsi que de la répression interne. Jeudi, il a prévenu que l’alternative à une solution diplomatique serait « très traumatisante, très traumatisante ».
Les Gardiens de la révolution iraniens ont de leur côté averti qu’en cas de frappes sur le territoire iranien, ils pourraient riposter contre les nombreuses bases militaires américaines au Moyen-Orient, situées en Jordanie, en Syrie, au Koweït, en Arabie saoudite, au Qatar, à Bahreïn, aux Émirats arabes unis ou encore en Turquie.
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu s'est entretenu mercredi 11 février avec Donald Trump à Washington, soulignant que si un accord avec l’Iran était conclu, « il devrait inclure des éléments vitaux pour Israël ».
L’Iran s'est dit prêt à discuter de limitations de son programme nucléaire en échange d’une levée des sanctions, mais a exclu de lier cette question à son programme de missiles.
Cet article est une traduction d'une enquête publiée en anglais par l'agence Reuters.




La grande différence entre les EU et l’Iran, c’est que pour ce dernier la mort de dizaines de milliers d’Iraniens est un détail , alors qu’il suffit de quelques soldats morts américains pour que ça devienne un vrai cauchemar politique pour Trump, ou tout autre président amèricain. Le vie humaine n’a pas la même valeur dans les deux pays. C’est bien la force des iraniens. Et c’est bien l’hésitation de Trump. Sauf que dans la guerre technologique et à distance d’aujourd’hui , le bouton a remplacé le soldat. Et ça les barbus devraient bien y penser.
04 h 42, le 16 février 2026