Le président de l'Autorité palestinienne (AP), Mahmoud Abbas, lors d'une visite à Moscou le 22 janvier 2026. Ramil Sitdikov/AFP
Le président palestinien, Mahmoud Abbas, a appelé samedi à la levée de « tous les obstacles » imposés selon lui par Israël à la mise en œuvre de la deuxième phase du cessez-le-feu à Gaza, dans un discours retransmis à l'ouverture du 39e sommet annuel de l'Union africaine à Addis Abeba.
« Nous soulignons la nécessité de lever tous les obstacles imposés par l'occupation israélienne à la mise en œuvre des dispositions liées à la deuxième phase de l'accord, y compris le travail » du Comité national pour l'administration de Gaza (NCAG), « afin d'assurer la continuité des services, la coordination de l'effort humanitaire et de permettre un redressement rapide », a déclaré M. Abbas dans un discours lu par son Premier ministre, Mohammed Mustafa.
Le président palestinien a accusé Israël de « continuer à violer » l'accord de cessez-le-feu à Gaza entré en vigueur le 10 octobre un peu plus de deux ans après le début de la guerre déclenchée par le mouvement islamiste palestinien Hamas.
« Depuis l'annonce du cessez-le-feu et jusqu'à aujourd'hui, plus de 500 Palestiniens ont été tués (dans la bande de Gaza), ce qui menace la durabilité de la trêve et la mise en œuvre intégrale de sa deuxième phase », a-t-il ajouté.
Les États-Unis avaient annoncé à la mi-janvier le passage à la deuxième phase du plan du président américain Donald Trump, destiné à mettre fin définitivement à la guerre à Gaza.
Cette deuxième phase prévoit un retrait progressif israélien de la bande de Gaza, le désarmement du Hamas et le déploiement d'une force internationale de stabilisation.
Mais s'il a accepté de renoncer à la gouvernance future du territoire, le mouvement islamiste, au pouvoir à Gaza depuis 2007, refuse catégoriquement de déposer les armes aux conditions posées par Israël.
L'armée israélienne de son côté contrôle toujours plus de la moitié de la bande de Gaza, tandis que les deux camps s'accusent quotidiennement de violations du cessez-le-feu.
« Plusieurs conditions »
Les 15 experts palestiniens composant le NCAG, créé pour gérer provisoirement le territoire et placé sous l'autorité du « Conseil de paix » de Donald Trump, restent pour l'heure basés en Egypte, malgré la réouverture très partielle, le 2 février, du poste-frontière de Rafah, occupé par l'armée israélienne du côté palestinien depuis mai 2024.
Le diplomate bulgare Nikolaï Mladenov, nommé par Donald Trump haut représentant pour Gaza, avait affirmé vendredi que « plusieurs conditions » devaient être remplies avant que les membres du Comité national puissent entrer à Gaza, lors d'une table ronde en marge de la Conférence de Munich sur la sécurité.
« Premièrement, le Hamas doit transférer le contrôle civil des institutions de Gaza (...). Ce n'est pas un gouvernement qui s'installe après une élection. C'est beaucoup plus compliqué », a-t-il expliqué, « parce que le Hamas gouverne Gaza depuis 20 ans (...) et a mis en place des politiques qui ne sont pas en ligne avec la législation palestinienne ».
Comme autres conditions, il a cité la fin des « violations du cessez-le-feu » ainsi qu'une « augmentation radicale de l'aide à la population » du territoire.
« Enfin, nous devons nous assurer que le cadre convenu pour le démantèlement des armes à Gaza est en place », a dit M. Mladenov, en soulignant l'importance du rôle futur des forces de sécurité palestiniennes.
La Force internationale de stabilisation (ISF) « est très importante, mais beaucoup plus importante sera la nouvelle force de sécurité palestinienne qui devrait être déployée à Gaza afin de sécuriser le terrain avec l'assistance de l'ISF », a-t-il ajouté
Frappe américaine en Iran ce week-end ? « Absolument », dit Barrack, « je n’en sais rien », répond Trump