Le Premier ministre Nawaf Salam s’entretenant avec le président du Kurdistan d’Irak, Netchirvan Barzani, à Munich en marge de la Conférence de sécurité. Photo ANI
Le Premier ministre Nawaf Salam a multiplié les rencontres officielles à Munich, où il participe à la Conférence de sécurité qui a lieu annuellement dans cette ville, se réunissant notamment avec le président du Conseil présidentiel au Yémen, Rachad el-Alimi, avec lequel M. Salam a effectué « un tour d’horizon des développements dans la région et des moyens de renforcer la coopération arabe », selon un communiqué.
Au cours de l’entretien, M. Alimi a exprimé au Premier ministre ses craintes que « certains, au Liban, ne travaillent toujours contre le retour de la stabilité au Yémen », ce à quoi M. Salam a répondu que « le gouvernement libanais ne permettra en aucune sorte que le territoire libanais soit utilisé pour viser n’importe lequel des pays arabes frères ». « Nous aspirons au contraire que le gouvernement yéménite retrouve son autorité sur l’ensemble des terres du Yémen », a-t-il poursuivi.
La guerre civile au Yémen a commencé durant l’été 2014 entre les forces armées sous le commandement du président Mansour Hadi et les rebelles chiites houthis, des alliés du Hezbollah au Liban et de l’Iran, d’où le fait que le Hezbollah est probablement la partie visée par le responsable yéménite. Depuis 2017, les forces fidèles à l’ex-président Abdallah Saleh se sont jointes au conflit.
Le Koweït sera « présent à la conférence de Paris »
M. Salam s’est également entretenu vendredi avec le Premier ministre du Koweït Cheikh Ahmad Abdallah al-Ahmad Al-Sabah et l’a remercié « pour le rôle historique que son pays a joué au Liban ». Les deux hommes ont discuté « de l’importance de redynamiser les relations libano-koweïtiennes et le rôle koweïtien dans la reconstruction du Liban et son développement ».
De son côté, Cheikh Ahmad Al-Sabah a affirmé « l’importance accordée par le Koweït à la stabilité du Liban, et à la souveraineté de l’État sur tout le territoire », et a assuré le Premier ministre de « la présence du Koweït à la Conférence de Paris pour le soutien à l’armée libanaise ».
Depuis le dernier conflit entre le Hezbollah et Israël en 2023-2024, la question des armes du parti chiite pro-iranien a été mise sur le tapis, et le gouvernement libanais a pris des décisions en faveur du monopole des armes aux mains de l’État en août 2025. L’armée, chargée du désarmement, a terminé une première phase au sud du Litani, et entamé la seconde au nord du fleuve en février. Une conférence pour apporter du soutien à l’armée libanaise est organisée le 5 mars à Paris par les pays du Quintette (France, Etats-Unis, Arabie saoudite, Egypte et Qatar).
A ce sujet, M. Salam a assuré que « le plan du gouvernement pour assurer la souveraineté des armes aux mains de l’État se poursuit de manière continue et ferme ».
Le Premier ministre s’est également entretenu avec le président du Kurdistan d’Irak, Netchirvan Barzani, à propos des derniers bouleversements dans la région. Les deux hommes ont convenu de la nécessité d’ « éviter à la région toute guerre qui ferait de nouveaux ravages ».
« Pour un Moyen-Orient dénué d'armes nucléaires »
Le Premier ministre Nawaf Salam avait auparavant eu un entretien avec la directrice de la Campagne internationale pour l'abolition des armes nucléaires, Melissa Parke, à Munich. A l'issue de cette réunion, il a déclaré que « la position stable du Liban, et avec lui tous les membres de la Ligue arabe, est d’appeler à une région dénuée d’armes nucléaires et de toutes les armes de destruction massive au Moyen-Orient ».
Dans un message sur X, M. Salam a estimé qu’une telle position « acquiert d’autant plus d’importance aujourd’hui, à la lumière des guerres dans le monde, et vu l’augmentation inquiétante des budgets alloués à l’armement, et de la fabrication de missiles à têtes nucléaires, qui avait pourtant décliné depuis la moitié des années 80 ».
« J’ai également assuré (à Mme Parke) que le Liban, qui faisait partie des premiers pays ayant voté en faveur du Traité de non-prolifération des armes nucléaires en 2016, continuera de voter pour les décisions qui poussent les pays à se joindre à ce traité », a-t-il poursuivi.
Au niveau de la région, Israël, dont les capacités nucléaires sont entourées d’opacité, n’a jamais signé ce traité. L’Iran, bien que signataire du document, est régulièrement accusé par ses ennemis, notamment Israël et les États-Unis, de vouloir acquérir des armes nucléaires. Un bras de fer oppose actuellement Téhéran et Washington sur le dossier nucléaire : des négociations sont en cours mais, en cas d’échec, une frappe américaine sur l’Iran n’est pas exclue.


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