L'ambassadeur des États-Unis aux Philippines, Lee Lipton (2e en partant de la droite), écoute l'ambassadeur des États-Unis auprès de l'ASEAN, Kevin Kim (2e en partant de la gauche), s'entretenir avec le secrétaire d'État américain Marco Rubio à son arrivée à l'aéroport international Ninoy Aquino de Manille, le 21 juillet 2026. Photo Brendan Smialowski / POOL / AFP
La Chine et les Philippines ont convoqué mardi leurs ambassadeurs mutuels, après l'accrochage survenu près d'un îlot disputé en mer de Chine méridionale, dernier épisode en date d'un différend maritime ancien entre les deux voisins.
Au nom de raisons historiques, la Chine revendique la quasi-totalité des îlots de cette étendue maritime cruciale pour le commerce mondial. Ces prétentions se heurtent à celles d'autres pays riverains - les Philippines ou encore le Vietnam.
Ce nouvel incident s'est déroulé lundi près du récif Second Thomas, dans l'archipel des Spratleys. Des soldats philippins y sont stationnés sur un navire volontairement échoué par Manille en 1999 pour affirmer sa souveraineté.
L'armée philippine accuse les garde-côtes chinois d'avoir blessé un marin philippin.
Le président Ferdinand Marcos a convoqué l'ambassadeur de Chine aux Philippines à ce propos et s'est entretenu avec lui mardi, a indiqué à la presse la porte-parole de la présidence, Claire Castro, qui n'a pas dévoilé le contenu exact de leurs discussions.
Les garde-côtes chinois ont pour leur part qualifié la version présentée par les Philippines de « complète inversion de la vérité ». Ils ont publié une vidéo montrant selon eux du personnel philippin s'approchant à vive allure dans un canot pneumatique et tentant de frapper des garde-côtes chinois avec ce qui ressemble à des rames.
Le ministère chinois des Affaires étrangères a indiqué mardi avoir convoqué « d'urgence » l'ambassadeur des Philippines « pour lui adresser des protestations solennelles ».
Il affirme dans un communiqué que les Philippins à bord des canots pneumatiques « se sont approchés et ont percuté de manière dangereuse le navire des garde-côtes chinois » et les ont « délibérément harcelés et attaqués », qualifiant ces actions de « méprisables ».
« C'est la partie philippine qui a provoqué en premier, mais elle s'est ensuite posée en victime, a déformé les faits et fait un battage médiatique malveillant sur cette affaire », a indiqué le ministère.
- « Déstabilisante » -
Alliés des Philippines, les Etats‑Unis ont dénoncé, par la voix du département d'Etat, les « actions dangereuses et agressives » attribuées à la Chine.
La ministre australienne des Affaires étrangères, Penny Wong, a, elle, jugé l'attitude de Pékin « dangereuse et déstabilisante ».
Le secrétaire d'Etat américain, Marco Rubio, a atterri mardi matin à Manille dans le cadre d'une réunion de ses homologues de l'Association des nations d'Asie du Sud-Est (Asean), qui regroupe 11 pays.
Son entourage n'a pas confirmé publiquement une réunion avec son homologue chinois, Wang Yi, qui sera également présent mercredi et jeudi à Manille. M. Rubio a dit être ouvert à la possibilité d'une telle rencontre.
Dans une tribune publiée dans la presse philippine, le secrétaire d'Etat évoque l'engagement américain « en faveur de la liberté de navigation en Asie du Sud-Est » et réaffirme le parapluie défensif des Etats-Unis dans la région.
« Cette liberté n'est en aucun cas garantie. Si ces eaux tombaient sous le contrôle d'une puissance disposée à utiliser le commerce comme une arme géopolitique, tant les Etats-Unis que les Etats de l'Asean seraient confrontés à de nouvelles menaces graves pour leur souveraineté, leur sécurité et leur avenir économique », a-t-il écrit dans une claire allusion à la Chine.
Marco Rubio effectue sa première visite en tant que secrétaire d'Etat aux Philippines, où il entend réaffirmer le partenariat renforcé des Etats-Unis.

