Des hommes afghans font la queue pour recevoir de la nourriture dans un centre de distribution du Programme alimentaire mondial (PAM) à Yakawlang, dans la province de Bamyan, en Afghanistan, le 1er janvier 2026. Photo Sayed HASSIB/Reuters
Quelque 150.000 Afghans qui s'étaient réfugiés en Iran et au Pakistan sont rentrés dans leur pays depuis janvier, la grande majorité de force, a alerté l'agence de l'ONU pour les réfugiés (HCR) vendredi.
S'exprimant depuis Kaboul, le représentant du HCR en Afghanistan, Arafat Jamal, a averti que « le nombre déjà élevé de retours cette année est préoccupant compte tenu de la rigueur de l'hiver, avec des températures glaciales et de fortes chutes de neige dans une grande partie du pays ». « Depuis le début de l'année, près de 150.000 Afghans sont revenus d'Iran et du Pakistan », a-t-il dit, lors d'un point de presse de l'ONU à Genève. Ce nombre est plus élevé que celui enregistré à la même période l'an dernier. « L'an dernier, à la même époque, on en comptait que 98.000 », un nombre qui a augmenté plus fortement fin 2025, a précisé un porte-parole du HCR, Babar Baloch, à l'AFP.
Le Pakistan et l'Iran, qui accueillent des millions d'Afghans ayant fui les guerres passées, la misère ou des risques pour leur sécurité, renvoient massivement familles et personnes seules, la plupart de manière forcée, selon le HCR. En un peu plus de deux ans, depuis septembre 2023, cinq millions d'Afghans, dont certains installés depuis des années au Pakistan ou en Iran, sont rentrés en Afghanistan. Sur la seule année 2025, ils étaient 2,9 millions, selon le HCR.
« La rapidité et l'ampleur de ces retours ont plongé l'Afghanistan dans une crise encore plus profonde, alors que le pays continue de faire face à une situation humanitaire et des droits humains qui se détériore, en particulier pour les femmes et les filles, à une économie moribonde et à des catastrophes naturelles récurrentes », a souligné M. Jamal. Un sondage réalisé par le HCR auprès d'Afghans rentrés dans leur pays montre les difficultés qu'ils ont à trouver un emploi, même informel, et le fait que beaucoup se retrouvent sans document d'identité.
« Nous sommes profondément préoccupés par la pérennité de ces retours. Alors que 5% des personnes interrogées déclarent vouloir quitter à nouveau l'Afghanistan, plus de 10% connaissent un proche ou un membre de leur communauté qui est déjà reparti après son retour », a indiqué M. Jamal. Il a indiqué que la priorité du HCR cette année serait de soutenir la réintégration de ces Afghans qui rentrent dans leur pays. Pour 2026, le HCR a besoin de 216 millions de dollars pour soutenir les personnes déplacées à l'intérieur de l'Afghanistan ainsi que ceux qui sont revenus dans le pays. Cet appel n'est actuellement financé qu'à hauteur de 8%.


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