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Politique - Commémoration

Pluie d'hommages à la veille de l'anniversaire de l'assassinat de Rafic Hariri

Des supporteurs ont défilé à moto et en voiture à Beyrouth et Tripoli.

Pluie d'hommages à la veille de l'anniversaire de l'assassinat de Rafic Hariri

Une femme traverse devant un portrait de l'ancien Premier ministre Rafic Hariri, près de sa tombe à Beyrouth. Photo d'archives AFP

De nombreux hauts responsables, élus et personnalités, ont rendu hommage vendredi à l’ancien Premier ministre Rafic Hariri, à la veille de la commémoration du 21ᵉ anniversaire de son assassinat le 14 février 2005 dans un attentat à la bombe au centre-ville de Beyrouth, qui a coûté la vie à 21 autres personnes et fait 226 blessés.

Arrivé jeudi à Beyrouth, son fils Saad Hariri, également ancien chef du gouvernement qui vit depuis plusieurs années à l’étranger après s’être retiré de la vie politique libanaise, a enchaîné les rendez-vous à la Maison du Centre, recevant notamment l’ambassadeur américain Michel Issa, l’ambassadeur français Hervé Magro, l'ambassadeur russe Alexandre Roudakov et la coordinatrice spéciale des Nations unies pour le Liban, Jeanine Hennis-Plasschaert. Des supporteurs ont défilé à moto et en voiture dans certaines rues de Beyrouth et Tripoli.

Saad Hariri a par ailleurs reçu le numéro deux de la Chambre, Élias Bou Saab, à la Maison du Centre. « Aujourd’hui, plus que jamais, nous comprenons l’ampleur de cette perte et ce que le Liban et tous les Libanais ont perdu, du sud au nord, de la Békaa à Beyrouth, en passant par le Mont-Liban », a déclaré M. Bou Saab. « Si le Premier ministre Rafic Hariri était parmi nous aujourd’hui, nous aurions tellement plus d’espoir dans une réalité différente. Sa sagesse, son intelligence et sa détermination à sauver le Liban dans les moments difficiles étaient manifestes dans les dossiers qu’il a traités par le passé, et il les aurait certainement traités de la même manière aujourd’hui. Nous aurions alors pu espérer un dialogue plus large et plus inclusif entre les Libanais, pour nous aider à sortir de la crise que nous traversons », a-t-il ajouté. M. Bou Saab a par ailleurs confié que « la rencontre annuelle avec le Premier ministre Saad Hariri » pour la commémoration de l'assassinat de son père, est « douloureuse ». Il a par ailleurs exprimé l'espoir que M. Hariri « reviendra pour jouer un rôle plus actif » sur la scène libanaise.

Saad Hariri a également reçu l'ancien ministre Michel Pharaon. Ce dernier a regretté l'absence de justice, concernant l'attentat qui a coûté la vie à Rafic Hariri, estimant que « la seule voie vers une réparation et un apaisement est de reconstruire le Liban sur les fondements posés » par l'ancien Premier ministre, notamment l'accord de Taëf et les résolutions internationales, en particulier la résolution 1559. M. Pharaon a appelé à « régler la question des armes du Hezbollah, rétablir la justice, la stabilité et la sécurité, et surtout, mener à bien les réformes ». Parmi les visiteurs de la Maison du Centre, les députés Walid Baarini et Ahmad Rustom, à la tête d'une délégation venue du Akkar.

« Un homme qui a consacré sa vie au projet de l’État »

Parmi les personnalités qui se sont exprimées à l'occasion de l'anniversaire de l'assassinat de Rafic Hariri, le chef de l’État, Joseph Aoun, a dit ressentir « l’absence d’un homme qui a consacré sa vie au projet de l’État, à la reconstruction du Liban et au renforcement de sa présence arabe et internationale ». Rafic Hariri « croyait en un Liban d’État et d’institutions, en la coexistence, et que le véritable redressement commence par l’investissement dans l’homme, l’éducation et l’économie », a indiqué M. Aoun, dans un message publié sur le compte X de la présidence.

Réagissant à la commémoration de la disparition de Rafic Hariri, le chef du Parlement Nabih Berry a déclaré : « Nous le regrettons comme homme d’État, défenseur de l’unité et de la modération. A l'occasion de l'anniversaire de son martyre, nous sommes appelés à respecter ces principes afin de préserver le Liban, auquel il s’est consacré ».

Dans un message sur la plateforme X, le Premier ministre Nawaf Salam a pour sa part rendu hommage à « un grand homme du Liban ». « Rafic Hariri, martyr de la nation, était animé d'une vision éclairée et d'une détermination sans faille à reconstruire le Liban après des années de guerre, de destruction et d'occupation. Il s'était également engagé à consolider la paix civile, la stabilité et l'unité nationale par la mise en œuvre de l'accord de Taëf », a-t-il écrit. M. Salam a par ailleurs indiqué avoir chargé la ministre des Affaires sociales, Hanine Sayed, de le représenter samedi à la cérémonie qui aura lieu sur la tombe de l'ancien Premier ministre à Beyrouth.

L’ancien Premier ministre Tammam Salam s’est également exprimé sur X, estimant que l’assassinat de Rafic Hariri avait « marqué un tournant dans l’histoire de notre pays et constitue un message selon lequel la construction de l’État exige de grands sacrifices ». « Rendre hommage à sa mémoire, c’est renouveler notre engagement pour un État fort et juste, régi par la loi, préservant son unité nationale et plaçant l’intérêt du Liban au-dessus de tout. Que Dieu protège le Liban et son peuple », a-t-il écrit.

L’ancien ministre Wadih el-Khazen est aussi monté au créneau. « Plus que jamais, nous affirmons notre attachement aux valeurs incarnées par le martyr : un véritable patriotisme, le respect de la démocratie et la recherche constante de l’unité et de la stabilité du Liban. Nous n’oublierons pas ses grands sacrifices et continuerons de suivre sa voie pour un Liban meilleur », a-t-il notamment écrit dans un communiqué publié par l’Agence nationale d’information (Ani, officielle).

Bahia Hariri rend hommage à son frère

Dans la matinée, Bahia Hariri a également rendu hommage à son frère défunt lors du rassemblement annuel organisé avec l’Association des familles Hariri et leurs proches de la famille Charaf, chez elle à Saïda, rapporte l’Ani. « Nous poursuivons le parcours du président martyr avec Saad Hariri et avec tous ceux qui croient au 'haririsme' comme un héritage et des valeurs humaines et nationales. Notre choix a été et restera le projet de construction de l’État tel que l’a voulu Rafic Hariri », a-t-elle déclaré.

Bahia Hariri, qui s’est ensuite rendue à la Maison du Centre, a accueilli la délégation de l’association, la remerciant pour son soutien constant dans toutes les étapes difficiles depuis l’assassinat de Rafic Hariri. Elle a affirmé : « Nous poursuivons le parcours du président martyr avec Saad Hariri et avec tous ceux qui croient au 'haririsme' comme un héritage et des valeurs humaines et nationales. Notre choix a été et restera le projet de construction de l’État tel que l’a voulu Rafic Hariri. »

Un membre élargi de la famille de l’ancien chef du gouvernement, Amine Hariri, a pris la parole au nom de la délégation en déclarant que « le 'haririsme' reste un courant symbole de solution et non de problème, quelle que soit la pression dans le paysage politique », et que le soutien à ce courant va au-delà des 'chiffres électoraux' ». Un autre des enfants de Rafic Hariri, l’homme d’affaires Fahd Rafic Hariri, s’est rendu au mausolée de son père au centre de Beyrouth pour se recueillir et prier, selon un communiqué de l’Ani qui a précisé qu’il était en déplacement professionnel au Liban et qu’il était déjà reparti.

Le député sunnite de Tripoli (Liban-Nord), Achraf Rifi, a, lui, estimé que ceux qui ont assassiné l’ancien Premier ministre « ont payé le prix du crime du siècle », ajoutant que « son rêve d’un Liban phare du développement, de la modernité et du leadership n’est pas mort et ne mourra pas, tandis que leur projet, celui d’une culture de mort, de destruction et de sang, approche de sa fin ». Il a également affirmé qu’« il n’y aura aucune indulgence envers les criminels et les exécutants tant que justice ne sera pas rendue », rejetant toute tentative de règlement ou de compromis politique autour de l’assassinat.

Geagea et Bassil

Le chef des Forces libanaises (FL), Samir Geagea, a quant à lui appelé à l’unité afin de « réaliser ce qu’il reste des objectifs de Rafic Hariri, en fidélité à sa mémoire », estimant qu’une grande partie des objectifs pour lesquels il est mort a d’ores et déjà été atteinte. Selon lui, « le camp de la « moumanaa » (l’axe pro-iranien) a assassiné Rafic Hariri sous prétexte qu’il était à l’origine de la résolution 1559 du Conseil de sécurité de l’ONU, qui appelait au retrait de l’armée d’Assad du Liban et au démantèlement de toutes les organisations armées illégales ». Il a ajouté : « Aujourd’hui, nous ne voyons plus (Bachar) Assad, même en Syrie, et nous sommes à deux doigts de dissoudre l’ensemble des organisations armées illégales et d’étendre l’autorité de l’État, à travers l’armée libanaise et les forces de sécurité légitimes, sur l’ensemble du territoire libanais ».

Le leader du Courant patriotique libre (CPL, aouniste), Gebran Bassil, a estimé qu'au Liban « chacun a payé son tribut, mais le tribut le plus lourd est l’assassinat physique, sans oublier la dureté de l’assassinat politique » soulignant que « la grande injustice réside dans le fait que la vérité demeure non révélée ». Il a également souhaité miséricorde à l’âme de Rafic Hariri et de ses compagnons, ainsi qu’à tous ceux qui ont été victimes d’assassinats, appelant à tirer la leçon selon laquelle « le dialogue et l’entente sont les seuls à même de sauver le Liban. »

Le ministre de l'Information Paul Morcos a déclaré pour sa part dans une publication sur X que le « martyre (de Rafic Hariri) n’était pas un événement passager, mais un moment charnière de l’histoire de la nation, où la volonté des Libanais de rester attachés à la justice et à la vérité a été mise à l’épreuve ».

« Nous pleurons la disparition de l'homme de l'unité islamique et nationale, un homme d'État qui a défendu avec ferveur la protection du Liban et a su tirer parti de la force de la résistance (du Hezbollah) pour atteindre cet objectif », a déclaré pour sa part le vice-président du Conseil supérieur chiite, Ali Khatib. « En cette douloureuse commémoration, nous ne pouvons que réitérer notre profonde tristesse face à cette immense perte nationale, et notre espoir de voir se réaliser son aspiration à préserver l'unité du territoire libanais ainsi que l'unité islamique et nationale », a-t-il ajouté.

De nombreux hauts responsables, élus et personnalités, ont rendu hommage vendredi à l’ancien Premier ministre Rafic Hariri, à la veille de la commémoration du 21ᵉ anniversaire de son assassinat le 14 février 2005 dans un attentat à la bombe au centre-ville de Beyrouth, qui a coûté la vie à 21 autres personnes et fait 226 blessés.Arrivé jeudi à Beyrouth, son fils Saad Hariri, également ancien chef du gouvernement qui vit depuis plusieurs années à l’étranger après s’être retiré de la vie politique libanaise, a enchaîné les rendez-vous à la Maison du Centre, recevant notamment l’ambassadeur américain Michel Issa, l’ambassadeur français Hervé Magro, l'ambassadeur russe Alexandre Roudakov et la coordinatrice spéciale des Nations unies pour le Liban, Jeanine Hennis-Plasschaert. Des supporteurs ont...
commentaires (2)

La tradition est de ne jamais dire du mal des défunts. Un grand leader charismatique. Dommage qu’il n’ait pas eu le temps de réparer l’électricité ,l’eau, la justice,…malgré tous les milliards de dettes. Un détail que tout le monde semble oublier.

Sam

09 h 34, le 14 février 2026

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Commentaires (2)

  • La tradition est de ne jamais dire du mal des défunts. Un grand leader charismatique. Dommage qu’il n’ait pas eu le temps de réparer l’électricité ,l’eau, la justice,…malgré tous les milliards de dettes. Un détail que tout le monde semble oublier.

    Sam

    09 h 34, le 14 février 2026

  • Rafic Hariri et Bachir Gemayel ont été tués parceque ils étaient bons pour le Liban. Il faut que l'Histoire soit écrite. C'est le seul moyen de fermer les plaies du passé.

    Moi

    14 h 22, le 13 février 2026

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