Tarek Mitri s’exprimant lors du lancement du « Référentiel des fonctions et des compétences », le 11 février. Photo ANI
Une réunion consacrée au « Référentiel des fonctions et des compétences » s’est tenue à l’hôtel Mövenpick sous le patronage du vice-président du Conseil Tarek Mitri, à l’initiative du Conseil de la fonction publique (CFP), en partenariat avec l’Union européenne (UE) et Expertise France.
Destinée aux directeurs généraux et aux responsables des établissements publics, la rencontre a mis en lumière l’un des piliers du projet de réforme administrative en cours.
M. Mitri a salué l’initiative du CFP visant à mettre en place un guide de référence des fonctions et des compétences tout en remerciant l’UE et Expertise France pour leur appui à ce projet qu’il inscrit dans une dynamique de réforme. Devant les directeurs généraux et les hauts fonctionnaires réunis, il a insisté sur leur rôle déterminant, estimant qu’aucune réforme ne peut aboutir sans leur implication directe et leur adhésion réelle.
Reconnaissant que le gouvernement ne dispose peut-être pas du temps nécessaire pour concrétiser l’ensemble des engagements pris, il a affirmé sa volonté d’initier une série de réformes partielles, appelées à s’intégrer dans une vision plus large de modernisation de l’administration. Il a souligné que la décision politique, même ferme, reste insuffisante si elle n’est pas relayée par ceux qui assurent la gestion quotidienne de l’État.
Évoquant le débat sur le lien entre réforme administrative et justice salariale, M. Mitri a estimé qu’il n’est pas possible de subordonner l’une à l’autre et qu’il convient d’avancer simultanément sur ces deux volets.
Abordant la question sensible de la répartition confessionnelle des postes, il a rappelé les dispositions de l’article 95 de la Constitution, dénonçant les pressions visant à maintenir des logiques de quotas au détriment du critère de compétence. Selon lui, la compétence repose sur l’expertise et l’expérience propres à chaque fonction, et le guide de référence constitue un outil concret pour favoriser des nominations fondées sur des critères objectifs. Il a enfin réaffirmé l’engagement du gouvernement en faveur d’une réforme salariale étroitement liée à la modernisation administrative.
De son côté, la présidente du CFP, Nisrine Machmouhi, a détaillé les principaux axes du projet de réforme administrative, mené avec le soutien d’Expertise France et financé par l’UE. Elle a souligné que cette initiative s’inscrit dans une vision globale visant à renforcer le rôle stratégique de l’État, améliorer la performance institutionnelle, accélérer la transformation numérique, promouvoir l’innovation et la qualité des services, tout en développant les parcours professionnels et les compétences des agents publics.
Lancé il y a plus de cinq ans puis interrompu par la crise de 2019, le chantier a été relancé et a permis d’aboutir à des avancées significatives : la définition de 21 domaines fonctionnels sur 22, l’élaboration de 131 descriptions de fonctions de référence sur 135, ainsi que l’organisation de 18 ateliers spécialisés réunissant près de 200 représentants de dizaines d’administrations et d’établissements publics.
Le dispositif repose sur trois piliers : un cadre méthodologique des fonctions de référence, un dictionnaire des compétences précisant les niveaux requis et un guide descriptif des postes. Il sera complété par un système d’information dédié à la gestion des ressources humaines. Selon Mme Machmouhi, la mise en œuvre de ce cadre a déjà produit des effets concrets, notamment la suppression de 2 457 postes communs et l’unification de plus de 3 300 intitulés de fonctions. Des restructurations sont en cours dans plusieurs ministères, dont la Santé et le Développement sociale, avec la suppression de centaines de postes spécialisés et la disparition de deux institutions relevant de ce dernier ministère. Une structure organisationnelle type a également été élaborée pour les municipalités, en coopération avec la municipalité de Saïda.
Les représentants de l’UE et d’Expertise France ont réaffirmé leur soutien à cette réforme, considérée comme un levier stratégique pour renforcer la gouvernance et la performance du secteur public libanais.
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