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Des compagnies émiraties se retirent d'un salon de la défense saoudien


Des compagnies émiraties se retirent d'un salon de la défense saoudien

Un drapeau des Emirats arabes unis. Photo AFP

Des entreprises émiraties se sont retirées d'un important salon de la défense qui se tient en Arabie saoudite, ont affirmé deux sources proches du dossier. Ce retrait est le dernier signe en date que les tensions entre les deux puissances pétrolières du Golfe se répercutent sur leurs intérêts commerciaux.

Le Salon mondial de la défense doit se dérouler à Riyad, la capitale saoudienne, du 8 au 12 février. On ignore pour l'instant si tous les participants émiratis, initialement prévus au sein du pavillon national, se sont retirés. Ni le ministère des Affaires étrangères des Émirats arabes unis, ni le bureau de presse du gouvernement saoudien n'ont fait de commentaire dans l'immédiat.

Autrefois piliers de la sécurité régionale, les deux poids lourds du Golfe ont vu dernièrement leurs intérêts diverger sur tous les sujets, des quotas pétroliers à la géopolitique. Leurs désaccords ont éclaté au grand jour en décembre, lorsqu'une offensive d'un groupe séparatiste du sud du Yémen, soutenu par les Émirats arabes unis, l'a mené trop près des frontières saoudiennes. La situation a rapidement dégénéré en une frappe de la coalition dirigée par l'Arabie saoudite contre une cargaison d'armes liée aux Émirats arabes unis, au port de Mukalla. Les Émirats arabes unis ont depuis retiré toutes leurs forces du Yémen, mais les tensions se sont exacerbées, l'Arabie saoudite accusant les émiratis d'avoir aidé un chef séparatiste yéménite à fuir via la Somalie.

Le retrait des Émirats de ce salon annuel de la défense montre que le désaccord entre les deux puissances pétrolières pourrait avoir des répercussions sur leurs nombreuses relations commerciales et d'investissement. Si les transactions transfrontalières restent pour l'instant globalement inchangées, les tensions commencent à se faire sentir dans le monde des affaires, qui se prépare discrètement à d'éventuelles perturbations, malgré la poursuite des activités commerciales quotidiennes, selon deux sources économiques du Golfe.

Plus ce différend au sein du Golfe s'éternise, plus la crainte d'une répétition d'un scénario similaire au boycott commercial qui avait frappé le Qatar en 2017 lors de son propre bras de fer avec ses voisins du Golfe risque de grandir dans le monde des affaires. L'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis entretiennent des relations commerciales d'une valeur de 30 milliards de dollars, avec des mouvements constants de marchandises et de dirigeants entre les deux pays.

Durant le blocus du Qatar, qui avait pris fin en 2021, certains fonds liés à l'Arabie saoudite ont imposé des restrictions empêchant le déploiement de capitaux dans ce pays – des conditions que les investisseurs craignent de voir ressurgir si le conflit actuel s'aggrave. À l'époque, les banques ont dû choisir entre se ranger du côté des Émirats arabes unis et de l'Arabie saoudite ou celui du Qatar.

Cette fois-ci, les enjeux sont considérables, les deux économies étant étroitement liées. De nombreux conglomérats familiaux saoudiens et de grandes entreprises maintiennent d'importantes activités et un personnel conséquent aux Émirats arabes unis, où sont basés nombre de leurs équipes dirigeantes.

Des questions qui auraient été impensables il y a quelques mois concernant les perturbations potentielles des vols et des chaînes d'approvisionnement font désormais partie des évaluations des risques internes, ont affirmé les deux sources du monde des affaires du Golfe. « Si la situation s'aggrave, tout le monde y perdra », a déclaré un dirigeant d'entreprise de haut rang.

Cette information est une traduction d'une dépêche de Reuters publiée en anglais.

Des entreprises émiraties se sont retirées d'un important salon de la défense qui se tient en Arabie saoudite, ont affirmé deux sources proches du dossier. Ce retrait est le dernier signe en date que les tensions entre les deux puissances pétrolières du Golfe se répercutent sur leurs intérêts commerciaux.Le Salon mondial de la défense doit se dérouler à Riyad, la capitale saoudienne, du 8 au 12 février. On ignore pour l'instant si tous les participants émiratis, initialement prévus au sein du pavillon national, se sont retirés. Ni le ministère des Affaires étrangères des Émirats arabes unis, ni le bureau de presse du gouvernement saoudien n'ont fait de commentaire dans l'immédiat.Autrefois piliers de la sécurité régionale, les deux poids lourds du Golfe ont vu dernièrement leurs intérêts...