Avec la réouverture de Rafah, l’espoir suspendu des Gazaouis bloqués en Cisjordanie occupée
Coincés depuis le 7-Octobre, ces Palestiniens osent croire à un retour possible vers la bande dévastée. Tous savent pourtant qu’ils risquent d’attendre encore longtemps.
L'OLJ / Alice FROUSSARD, envoyée spéciale à Jénine et Tulkarem en Cisjordanie occupée,
le 07 février 2026 à 00h00
Un chauffeur de bus regarde par la fenêtre alors qu'il transporte des patients et des blessés de guerre palestiniens, accompagnés de leurs proches, qui s'apprêtent à quitter l'enclave pour se faire soigner à l'étranger via le poste-frontière de Rafah entre Gaza et l'Égypte, quelques jours après son ouverture par Israël pour un nombre limité de personnes, à Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, le 3 février 2026. Bashar Taleb/AFP
À 90 ans, Mohammad vit dans une petite chambre de 15m² qu’il partage avec trois autres Palestiniens, à Jénine. Aux murs, quelques photos et des versets du Coran. Rien, ou presque, ne le relie à la mer, aux ruelles de Jabalia, tout au nord de Gaza, où il a passé l’essentiel de sa vie. « Pourtant, elle est là bas », insiste-t-il. Depuis deux ans, ce Palestinien est bloqué loin de l’enclave côtière : le 7 octobre 2023, il était à Umm el-Fahm, en Israël. La guerre a refermé sur lui les frontières, comme on ferme une porte sans prévenir. Depuis, Mohammad se souvient.Le vieil homme, bonnet en laine vissé sur la tête et keffieh rouge autour de la nuque, les mains serrées et le corps recroquevillé sous l’effet froid, raconte comment il a été agressé au lendemain du 7-octobre et s’est fait voler tout son argent. Comment, blessé, après mille...
À 90 ans, Mohammad vit dans une petite chambre de 15m² qu’il partage avec trois autres Palestiniens, à Jénine. Aux murs, quelques photos et des versets du Coran. Rien, ou presque, ne le relie à la mer, aux ruelles de Jabalia, tout au nord de Gaza, où il a passé l’essentiel de sa vie. « Pourtant, elle est là bas », insiste-t-il. Depuis deux ans, ce Palestinien est bloqué loin de l’enclave côtière : le 7 octobre 2023, il était à Umm el-Fahm, en Israël. La guerre a refermé sur lui les frontières, comme on ferme une porte sans prévenir. Depuis, Mohammad se souvient.Le vieil homme, bonnet en laine vissé sur la tête et keffieh rouge autour de la nuque, les mains serrées et le corps recroquevillé sous l’effet froid, raconte comment il a été agressé au lendemain du 7-octobre et s’est fait voler tout son...
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