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Politique - Sécurité

Haykal entame sa visite aux Etats-Unis par des réunions avec le CENTCOM

Le chef de l'armée est attendu à Washington pour des réunions sur la situation sécuritaire au Liban et le désarmement du Hezbollah.

Haykal entame sa visite aux Etats-Unis par des réunions avec le CENTCOM

Le commandant en chef de l'armée libanaise, Rodolphe Haykal (1er à gauche), lors d'une réunion avec le CENTCOM en Floride, le 2 février 2026. Photo tirée du compte X de l'ambassade des Etats-Unis à Beyrouth

Arrivé lundi à Washington pour une visite de trois jours, le commandant en chef de l’armée libanaise, le général Rodolphe Haykal, doit enchaîner de nombreux rendez-vous avec des responsables et élus américains, avec qui il doit discuter de l’évolution de la situation sécuritaire au Liban et dans la région. Il doit également communiquer des mises à jour opérationnelles ainsi que les progrès accomplis par l’armée libanaise dans le cadre du plan de désarmement du Hezbollah approuvé par le gouvernement de Nawaf Salam l’été dernier.

Ce déplacement du chef de l’armée libanaise intervient dans un contexte particulièrement tendu. À son retour, il devra présenter devant le Conseil des ministres sa vision pour l’exécution de la deuxième phase du plan du monopole des armes, à l’heure où le Hezbollah campe sur son refus de désarmer et affirme même qu’il pourrait intervenir aux côtés de l’Iran si le régime de Téhéran était attaqué. Prévue initialement en novembre, la visite du commandant de l’armée à Washington avait finalement été reportée, sur fond de mécontentement américain à l’égard de l’action de la troupe et de sa volonté de ne pas entrer en confrontation armée avec le Hezbollah.

Rodolphe Haykal doit ainsi s’entretenir mardi avec le secrétaire adjoint du Pentagone pour les affaires de sécurité internationale, Daniel Zimmerman, le chef d’état-major américain Dan Caine, les membres du Conseil de sécurité nationale Sebastian Gorka et Wayne Wall, ainsi que Robert Palladino, haut responsable du Bureau des affaires du Proche-Orient.

Il devrait également se réunir avec plusieurs membres du Congrès, en particulier le président de la commission des Affaires étrangères, Brian Mast, le démocrate Gregory Meeks, les sénateurs Lindsey Graham et Jeanne Shaheen, des membres de la commission des forces armées du Sénat, ainsi que des représentants de l’amitié libano-américaine au Congrès.

Les discussions devraient porter sur les difficultés posées par le désarmement du Hezbollah, les menaces terroristes transfrontalières, le soutien à l'armée au niveau de la préservation de la stabilité, la coopération militaire régionale et la lutte contre la contrebande. La stratégie de défense américaine au Moyent-Orient et le rôle du Liban à ce sujet seront également abordés. M. Haykal rencontrera enfin les communautés libanaise et arabe lors d’une réception donnée à l’ambassade libanaise à Washington.

Par ailleurs, une session du Congrès américain consacrée au Liban et intitulée « La politique américaine à l’égard du Liban : les obstacles au démantèlement de l’emprise du Hezbollah sur le pouvoir », s’est tenue mardi. Au cours de cette audition, le représentant américain Mike Lawler a affirmé que « Washington souhaite voir le Liban comme un véritable partenaire dans la région », évoquant la possibilité pour le pays de rejoindre à l’avenir les accords d’Abraham et le processus de normalisation, a rapporté la chaîne locale MTV. M. Lawler a estimé qu’« il existe une opportunité historique d’affaiblir l’influence du Hezbollah à la faveur des récents changements régionaux », tout en avertissant que cette fenêtre est étroite et pourrait se refermer si des décisions rapides ne sont pas prises.

De son côté, l’ancien secrétaire d’État adjoint américain David Schenker a affirmé que « le processus de désarmement reste très lent » et que « le gouvernement libanais fait preuve d’hésitation ». Il a ajouté que « l’aide américaine devrait être conditionnée aux performances, et non accordée de manière ouverte et inconditionnelle ».

Pendant la même session, Dana Stroul, directrice de recherche au Washington Institute for Near East Policy, a déclaré que Washington disposait d’un laps de temps limité pour contribuer à remodeler le Liban, mais que cela « ne pourra pas être accompli par la seule pression militaire », appelant plutôt à « une architecture politique et économique globale liant le soutien américain aux réformes, aux élections et à la reconstruction ».

Dès son arrivée, le chef de l'armée s'est rendu lundi au quartier général du Commandement central des États-Unis (CENTCOM) à Tampa, en Floride, selon des informations rapportées par la chaîne saoudienne al-Arabiya. L’ambassadeur des Etats-Unis à Beyrouth, Michel Issa, a « salué chaleureusement la visite officielle du commandant général Rodolphe Haykal aux États-Unis, qui se poursuit avec les responsables américains et le CENTCOM », dans une publication sur X lundi. « Le travail mené par les Forces armées libanaises pour désarmer les acteurs non étatiques et renforcer la souveraineté nationale, en tant que garant de la sécurité du Liban, est plus important que jamais », a-t-il ajouté.

La semaine dernière, des responsables militaires libanais s'étaient réunis avec des membres du MARCENT (Marine Corps Forces Central Command), dirigé par le général Joseph Clearfield, qui préside également le comité de supervision du cessez-le-feu au Liban-Sud (mécanisme). Les discussions étaient axées sur la coopération militaire et l'importance du mécanisme. « Alors que le MARCENT continue de jouer un rôle central au sein du mécanisme, ces discussions avec nos partenaires demeureront un élément essentiel de nos efforts », a déclaré le général Clearfield. « Nous sommes attachés à une paix et une stabilité durables dans la région », a-t-il ajouté.

Malgré la trêve conclue en novembre 2024 censée mettre fin à plus d'un an d'hostilités avec le Hezbollah, Israël continue de mener régulièrement des frappes sur le territoire libanais, affirmant viser le parti chiite qu'il accuse de se réarmer. Début janvier, l'armée libanaise avait annoncé avoir achevé la première phase de son plan de désarmement du Hezbollah, couvrant la zone située au sud du fleuve Litani, à environ 30 kilomètres de la frontière israélienne. L’État hébreu juge les progrès de l'armée libanaise « insuffisants », tandis que le parti chiite a rejeté les appels à remettre son arsenal. Une conférence de soutien à l'armée libanaise est par ailleurs prévue le 5 mars à Paris.

Arrivé lundi à Washington pour une visite de trois jours, le commandant en chef de l’armée libanaise, le général Rodolphe Haykal, doit enchaîner de nombreux rendez-vous avec des responsables et élus américains, avec qui il doit discuter de l’évolution de la situation sécuritaire au Liban et dans la région. Il doit également communiquer des mises à jour opérationnelles ainsi que les progrès accomplis par l’armée libanaise dans le cadre du plan de désarmement du Hezbollah approuvé par le gouvernement de Nawaf Salam l’été dernier.Ce déplacement du chef de l’armée libanaise intervient dans un contexte particulièrement tendu. À son retour, il devra présenter devant le Conseil des ministres sa vision pour l’exécution de la deuxième phase du plan du monopole des armes, à l’heure où le Hezbollah campe...
commentaires (2)

Comment mesurer que le désarmement est complet si personne ne connaît l’inventaire précis? Israel ne reconnaît pas le désarmement du Sud, laissant penser qu’il pourrait ne jamais être satisfait dans le futur…Ne faudrait-il pas une garantie de sécurité américaine face a Israel? Ce serait du Win Win Win pour les 3 états .

Sam

10 h 33, le 04 février 2026

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Commentaires (2)

  • Comment mesurer que le désarmement est complet si personne ne connaît l’inventaire précis? Israel ne reconnaît pas le désarmement du Sud, laissant penser qu’il pourrait ne jamais être satisfait dans le futur…Ne faudrait-il pas une garantie de sécurité américaine face a Israel? Ce serait du Win Win Win pour les 3 états .

    Sam

    10 h 33, le 04 février 2026

  • Une belle brochette de responsables que le chef de l’armée va enfin rencontrer. Il va probablement entendre les mêmes conseils, les mêmes promesses…et les mêmes reproches. A défaut d’informations, on peut supposer que la visite aura une grande influence sur le plan de désarmement au nord litani. Les EU connaîssent bien la situation délicate du tissu libanais, mais dans le jeu des nations il n’y a pas de compassion , et c’est le résultat qui compte. Ce sera donc donnant donnant . Des cadeaux certes, mais à condition d’en finir avec les armes et les guerres absurdes. On nous l’a assez dit.

    NG

    06 h 50, le 04 février 2026

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