Le prince Tahnoun ben Zayed, conseiller émirati à la Sécurité nationale, lors d'une visite à la Maison-Blanche pour rencontrer le président américain Donald Trump, le 18 mars 2025. Photo d'archives tirée du compte X US Mission to UAE
Cinq-cent millions de dollars, un deal sans bruit, quatre jours avant la seconde investiture du président américain Donald Trump, le 20 janvier 2025. À la signature, une plume royale des Émirats arabes unis déplace la somme colossale vers les caisses de la société de cryptomonnaie principalement détenue par la famille Trump, la World Liberty Financial. Une étape majeure dans un processus entamé plusieurs mois plus tôt entre le frère du président émirati, Mohammad ben Zayed (MBZ), le cheikh Tahnoun ben Zayed al-Nahyane, également conseiller à la Sécurité nationale du pays, et l’administration du 47e président des États-Unis.
L'affaire, révélée par le Wall Street Journal, est loin de constituer un simple accord commercial. Elle s’inscrit dans une chronologie diplomatique claire, dont les débuts peuvent être retracés à la mission confiée par MBZ à son frère : faire des Émirats arabes unis l’un des leaders mondiaux de l’intelligence artificielle (IA). Une mission en bonne voie, puisque l’investissement dans la World Liberty Financial, les visites officielles et les dîners à la Maison-Blanche ont pavé le chemin d’un accord, en mai dernier, dans lequel l’administration américaine s’était engagée à fournir 500 000 puces sophistiquées d’IA par an à la petite Sparte du Golfe.
G42, Huawei et Pékin
Or, si un cinquième de ces puces était destiné à la société G42, propriété de Tahnoun ben Zayed, cette dernière était fortement suspectée de collusion avec Pékin, et son géant technologique Huawei, par la précédente administration américaine. Au cœur de ces suspicions : Peng Xiao, l’un des principaux conseillers de Tahnoun ben Zayed et PDG de G42. D’origine chinoise, il avait retenu l’attention de l’administration Biden, accusé par le président du comité spécial de la Chambre sur le Parti communiste chinois de soutenir des entreprises entrant en « violation des droits de l’homme ». Washington avait alors jusque-là refusé de vendre ses puces à la fédération émiratie par crainte d’un transfert de technologies vers Pékin.
Alors que certains continuent de partager ces craintes au sein de l’actuelle administration Trump, le chiffre a été revu à la baisse au fil des négociations pour n’atteindre que 35 000 puces, elles-mêmes encadrées par plusieurs mesures de protection assurant que l’export ne bénéficie ni la Chine ni Huawei.
Reste qu’avec 49 % des parts de World Liberty Financial, Tahnoun ben Zayed place Peng Xiao, aux côtés d’un autre de ses lieutenants, au conseil d’administration de l’entreprise fondée entre autres par la famille Trump. Un placement au sein d’un CA prisé, comptant les enfants de deux des figures centrales de la politique américaine : Eric Trump et Zach Witkoff, respectivement fils du président de la 1re puissance mondiale, et de l’envoyé spécial des États-Unis au Moyen-Orient.
« Il n’y a pas de conflits d’intérêt »
Si l’un des porte-parole de World Liberty Financial, David Wachsman, affirme que ni le président ni son envoyé n’ont été impliqués dans l’accord, et qu’il « n’y a pas de conflits d’intérêt », il faut noter que plusieurs millions de dollars ont été versés aux familles du président et de son envoyé lors du deal. Sur les 250 millions avancés à la signature, 31 ont rejoint les comptes des cofondateurs Zak Folkman et Chase Hero, 187 ceux de la famille Trump, dans deux entités dont il est propriétaire, et 31 millions ont été versés à des sociétés de la famille Witkoff.
C’est d’ailleurs l’envoyé spécial Steve Witkoff qui a préparé le terrain en se rendant auprès du prince émirati en Sardaigne, cet été, à bord de son yacht, et aux Émirats arabes unis en décembre 2024. Une semaine après cette visite officielle, deux entités commerciales ont d’ailleurs vu le jour au Delaware et à Abou Dhabi, toutes deux baptisées Aryam Investment 1. Le groupe qui a été à l’origine du deal de 500 millions de dollars, mais aussi l’un des investisseurs-clés dans un projet de centre de traitement de données par intelligence artificielle annoncé par Donald Trump au premier jour de son mandat, estimé à 500 milliards de dollars.
De quoi réserver à Tahnoun ben Zayed les honneurs de l’administration républicaine. D’autant que le puissant prince n’en était pas à son coup d’essai auprès de la famille Trump : un accord signé par l’une de ses compagnies en 2024 avait déjà permis à la société d’investissement de Jared Kushner, le gendre de Donald Trump, de lever 1,5 milliard de dollars. Le président Trump a ainsi accueilli l’officiel émirati en grande pompe, en mars notamment, à l’occasion d’un dîner à la Maison-Blanche. Dîner durant lequel Tahnoun a promis que son pays investirait 1 400 milliards de dollars aux États-Unis sur dix ans.
Pas de doutes pour la sénatrice démocrate Elizabeth Warren, du Massachusetts : « C’est de la corruption. » Une menace à la sécurité américaine, ajoute-t-elle, au profit des compagnies de crypto du président. Selon Bloomberg, ces dernières ont augmenté la fortune de la famille Trump de plus d’un milliard de dollars, en seulement un an.




Comme le père, cheikh Zaid, les fils ne sont pas moins intelligents. Faire la cour à Trump, le roi du monde, ne peut être que payant ! Le qatar aussi l’a bien compris en lui offrant un avion-palace de cinq cent millions de dollars. A l’inverse, nos barbus et leurs soldats écervelés de chez nous font l’inverse, ils veulent prendre sa place et diriger le monde avec l’aide de Dieu…rien que ça. Comme haute stratégie il y a mieux.
05 h 36, le 03 février 2026