Aida Tohme Mhanna, mère de Mortada Mhanna, policier municipal libanais enlevé par l’armée israélienne en février 2025, montre une photo de son fils sur son téléphone portable à Bint Jbeil, le 3 novembre 2025. Photo Matthieu Karam/L’Orient-Le Jour
Le Premier ministre Nawaf Salam a reçu jeudi matin au Grand Sérail une délégation du Comité des familles des 20 détenus libanais dans les prisons israéliennes, en présence du député du Hezbollah Hussein el-Hajj Hassan, a rapporté l'Agence nationale d'information (Ani, officielle).
S'exprimant au nom des familles, Fatima Karaki, sœur du détenu blessé Hussein Karaki, a déclaré que la rencontre était « rassurante » et que M. Salam avait confirmé « les efforts déployés par les voies diplomatiques, internationales et onusiennes ». Elle a ajouté que les familles « ont demandé une collaboration accrue avec le Comité international de la Croix-Rouge » afin de connaître le sort et les conditions de détention de leurs proches, et a exprimé l'espoir que l'État libanais obtiendrait leur libération.
Pour sa part, Abbas Kabalan, membre du Comité des familles, a souligné qu'aucune information claire n'était disponible concernant le sort ou les conditions de détention des Libanais. Il a appelé l'État libanais à assumer « pleinement ses responsabilités et à prendre des mesures plus concrètes, au-delà des échanges avec les instances internationales ».
« Priorité nationale »
À l'issue de cette réunion, la deuxième après celle organisée début décembre à Baabda avec le président Joseph Aoun, le député du Hezbollah Hussein el-Hajj Hassan a déclaré que la délégation avait « remis un mémorandum exposant sa vision du suivi des dossiers des détenus » au Premier ministre, soulignant que ce dernier avait « adopté la plupart des idées présentées ». « Nous avons convenu avec lui qu’il suivrait directement ce dossier à tous les niveaux, et nous lui avons présenté un avis juridique auquel il a totalement adhéré, étant lui-même juriste », a ajouté le parlementaire.
Parmi les 20 Libanais récemment détenus par Israël, onze ont été capturés sur le territoire libanais lors de la guerre, dont neuf sur le champ de bataille, et neuf autres l'ont été après le début du cessez-le-feu, entré en vigueur le 27 novembre 2024.
M. Hajj Hassan a également souligné que « certains détenus sont blessés ou malades » et qu'Israël avait « jusqu'à présent refusé toute visite du Comité international de la Croix-Rouge, empêchant ainsi l'accès à l'information et l'échange de messages ». Il a qualifié cet enlèvement de « grave violation » et a déclaré que Nawaf Salam avait fait preuve d'une « approche positive et compréhensive », confirmant que le dossier des détenus serait traité comme une « priorité nationale » et « suivi directement par tous les ministères concernés et les voies diplomatiques ».
En plus de ces 20 détenus, s'ajoutent quelque 42 personnes disparues dont les dépouilles pourraient être retenues par l'armée israélienne. Trois autres détenus libanais de longue date seraient toujours incarcérés par Israël : Yehya Skaff, un membre du Fateh capturé en Israël en 1978 après avoir pris part, la même année, à une opération sanglante près de Tel-Aviv, Abdallah Alyan, enlevé en 1981 de chez lui, à Bayada, et Mohammad Faran, capturé en 2005 au large de Naqoura.



