Le président américain, Donald Trump, s’entretient avec des journalistes après avoir prononcé son discours lors d’une séance plénière de la 56ᵉ réunion annuelle du Forum économique mondial (WEF), à Davos, en Suisse, le mercredi 21 janvier 2026. Photo d'archives Laurent Gillieron/Pool via Reuters
« Insulte », « dénigrement »: des propos de Donald Trump affirmant que les alliés de l'OTAN étaient « restés un peu loin des lignes de front » en Afghanistan ont suscité vendredi des réactions indignées au Royaume-Uni, le gouvernement accusant le président américain de « faire erreur ».
Dans une interview jeudi à la chaîne américaine Fox News, Trump a critiqué le rôle des autres pays membres de l'OTAN, assurant que les Etats-Unis n'ont « jamais eu besoin d'eux ».
« Ils diront qu'ils ont envoyé des troupes en Afghanistan... et c'est vrai, mais ils sont restés un peu en retrait, un peu loin des lignes de front », a-t-il déclaré, en référence à l'intervention d'une coalition internationale menée par les États-Unis pour chasser el-Qaëda de ses sanctuaires après les attentats du 11 septembre 2001.
Le président américain « fait erreur en minimisant le rôle qu'ont joué les troupes de l'OTAN, notamment les forces armées britanniques », a réagi vendredi à la mi-journée un porte-parole du Premier ministre Keir Starmer. « Nous sommes extrêmement fiers de nos forces armées, et leur service et leur sacrifice ne seront jamais oubliés », a-t-il poursuivi, soulignant le tribut payé par Londres dans cette intervention militaire, avec la mort de 457 de ses soldats. Il s'agit là du plus lourd bilan derrière les États-Unis, qui ont perdu plus de 2.400 soldats en Afghanistan.
Plus de 150.000 membres des forces armées britanniques ont été déployés en Afghanistan entre septembre 2001 et août 2021.
« Absurdes »
Plus tôt sur la chaîne Sky news, le secrétaire d'État britannique à la Santé Stephen Kinnock, qui s'exprimait au nom du gouvernement, avait jugé les commentaires de Donald Trump « profondément décevants ». Le ministre de la Défense John Healey et la ministre des Affaires étrangères Yvette Cooper ont eux aussi rappelé les pertes britanniques.
La cheffe de l'opposition conservatrice Kemi Badenoch a dénoncé des propos « absurdes ». « Les troupes britanniques, canadiennes et de l'OTAN ont combattu et sont mortes aux côtés des États-Unis pendant 20 ans. C'est un fait, pas une opinion. Leur sacrifice mérite le respect, pas le dénigrement », a-t-elle écrit sur X.
La présidente de la commission parlementaire des Affaires étrangères, la députée travailliste Emily Thornberry, a estimé, elle, que ces propos étaient « une insulte » pour les familles des personnes décédées. « Comment ose-t-il remettre en question leur sacrifice ? », a aussi réagi le chef du parti libéral-démocrate, Ed Davey, sur X.
Les propos du président américain ont aussi fait réagir en Pologne. « J'exige et j'attends partout du respect à l'égard des vétérans de l'Armée polonaise, des vétérans des missions à l'étranger, des vétérans qui ont prouvé combien ils savent servir admirablement la patrie et nos engagements alliés », a déclaré aux journalistes le ministre de la Défense, Wladyslaw Kosiniak-Kamysz, rappelant que 43 soldats polonais étaient morts en mission en Afghanistan.
Parmi les autres alliés de l'OTAN, le Canada a perdu 158 soldats en Afghanistan, selon un site gouvernemental. La France, qui a été présente militairement en Afghanistan de 2001 à 2014 et a compté jusqu'à près de 4.000 soldats dans ce pays au plus fort de l'engagement de l'OTAN, a elle perdu 89 soldats. « Que les fantômes des 1.000 soldats européens et canadiens tombés en Afghanistan viennent te hanter », a écrit sur X Michel Goya, ancien colonel de l'armée de terre reconverti en analyste militaire, en réponse à Donald Trump. Le Danemark recense de son côté 44 soldats morts en Afghanistan, dont 37 au combat.


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