Une femme, arborant une fausse blessure par balle sur le front, observe lors d’un rassemblement de soutien aux manifestations nationales en Iran, à Rome, en Italie, le 13 janvier 2026. Photo d'archives REUTERS/Francesco Fotia
Le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme Volker Türk a appelé vendredi les autorités iraniennes « à mettre fin à leur répression brutale » du récent mouvement de contestation dans ce pays. « J'appelle les autorités iraniennes à reconsidérer leur position, à faire marche arrière et à mettre fin à leur répression brutale, notamment aux procès sommaires et aux peines disproportionnées », a annoncé M. Türk à l'ouverture d'une session extraordinaire du Conseil des droits de l'homme consacrée à la situation dans ce pays.
« J'exige la libération immédiate de toutes les personnes détenues arbitrairement par les autorités iraniennes. Et j'appelle à un moratoire complet sur la peine de mort », a ajouté le responsable onusien. Cette session extraordinaire du Conseil a été réclamée lundi par l'Islande, l'Allemagne, la Macédoine du Nord, la Moldavie et le Royaume-Uni, et a été soutenue par plus d'une vingtaine d'autres Etats membres.
Le projet de résolution discuté vendredi demande la prolongation de deux ans de la « Mission d'établissement des faits » sur l'Iran, créée en novembre 2022, à la suite à la répression des manifestants en Iran après la mort en détention de la jeune Iranienne Mahsa Amini.
Le texte exprime « sa profonde préoccupation face à la répression violente et sans précédent des manifestations pacifiques par les forces de sécurité » en Iran, « notamment les informations concernant des exécutions extrajudiciaires de manifestants, y compris de femmes et d'enfants, et le recours à une force excessive et meurtrière ».
Mercredi, les autorités iraniennes ont donné un premier bilan de 3.117 morts. Mais selon le pouvoir, la grande majorité (2.427) sont des « martyrs » - soit des forces de sécurité ou des passants, et non des « émeutiers » comme sont qualifiés les manifestants. Human Rights Activists News Agency (HRANA), organisation basée aux Etats-Unis, évoque quand à elle 5.002 morts, principalement des manifestants, et au moins 26.852 arrestations. De son côté, l'ONG Iran Human Rights (IHR) basée en Norvège a elle confirmé la mort de 3.428 manifestants, mais dit cependant craindre que le chiffre réel atteigne les 25.000 morts.
Selon M. Türk, « les autorités iraniennes ont cherché à délégitimer les manifestants en les qualifiant de +terroristes+, d'+ennemis de l'État+ et d'+ agents étrangers+ ». « Rien de tout cela ne saurait justifier le recours à un usage excessif, inutile et disproportionné de la force, ni réduire l'obligation du gouvernement de garantir le respect des procédures légales et la transparence des enquêtes », a-t-il ajouté, estimant que « l'impunité » suite aux violations « alimente le ressentiment et les tensions en Iran ».
« J'insiste donc pour que des enquêtes indépendantes soient menées sur toutes les violations des droits humains », a-t-il insisté. Si elle est renouvelée, la « Mission d'établissement des faits » sur l'Iran devra présenter ses conclusions lors de la 63e session du Conseil en septembre prochain.


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