Un bureau de l'Unrwa à Saïda, au Liban-Sud. Photo d'archives Mohammad Yassine/L'Orient-Le Jour
« L'action populaire » au sein du mouvement islamiste Hamas au Liban a critiqué mercredi la décision de l’Unrwa, l’agence onusienne chargée de venir en aide aux réfugiés palestiniens dans les pays d’accueil, de réduire de 20 % ses activités dans ses zones d’intervention à partir du 1er février 2026.
Le Hamas a affirmé que la décision de réduire les salaires et les heures de travail des employés de l’Unrwa entraînera « une dégradation du niveau et de la qualité des services fournis aux réfugiés, aura un impact négatif sur leurs conditions de vie, accentuera les dommages sociaux, affaiblira le sentiment de sécurité de l’emploi et affectera la stabilité des familles des employés ». Le mouvement palestinien a également estimé que cette décision, qui « coïncide avec des mesures prises par l’agence visant à restreindre ses services de santé et d’éducation », laisse entrevoir « un processus systématique susceptible de conduire, de facto, au transfert des services de l’Unrwa vers les pays hôtes ».
La décision de l’Unrwa devrait avoir un impact de taille sur les employés de l'agence au Liban, dont beaucoup sont palestiniens, ayant pour conséquence une réduction des salaires et des heures de travail. Ces mesures devraient également se traduire, entres autres, au niveau de l'éducation des écoliers palestiniens par un passage à quatre jours de cours au lieu de cinq, selon des informations récoltées auprès de responsables palestiniens locaux.
Les États-Unis, principal bailleur de fonds de l'Unrwa, avaient suspendu leur financement, suivis par d'autres pays, après des accusations portées par Israël selon lesquelles des employés de l’agence pourraient être impliqués dans l’attaque sanglante du Hamas contre Israël, le 7 octobre 2023. C'est dans ce contexte que le Hamas a estimé que « cette décision intervient à la suite des critiques formulées par le président américain Donald Trump à l’encontre de l’Unrwa, de l’adoption par l’occupation israélienne de lois et de décisions visant à empêcher l’agence de poursuivre ses activités, à la qualifier d’organisation terroriste et à couper les services de ses centres, ainsi que de la décision de plusieurs pays donateurs de suspendre leur contribution financière ».
Le Hamas a par ailleurs mis en garde contre « de nouvelles réductions dans le contexte des pressions auxquelles l’Unrwa est confrontée », estimant que « cette approche sert l’occupation israélienne, qui cherche à mettre fin au rôle de l’Unrwa en prélude à la liquidation de la question des réfugiés palestiniens, à la remise en cause du droit au retour, à l’aggravation des crises au sein de la société palestinienne et à la création de difficultés supplémentaires pour les pays arabes hôtes ». Le mouvement palestinien a enfin appelé à « rejeter la décision sur l’Unrwa, à soutenir les droits des employés, à accroître les dons en faveur de l’agence et à unifier la position des pays hôtes de réfugiés ». Plusieurs manifestations ont eu lieu ces derniers jours.
Mardi, des habitants du camp de réfugiés palestiniens de Aïn el-Héloué ont organisé un sit-in devant le siège de l’Unrwa à Saïda, au Liban-Sud, à l’appel du mouvement palestinien indépendant, pour protester contre la réduction des services de l’Unrwa et dénoncer « les mesures arbitraires à l’encontre de plusieurs employés palestiniens » de l'agence.


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