Un chauffeur de taxi au Liban. Photo d'archives João Sousa/L'Orient Today
Les syndicats de chauffeurs de transports en commun menacent de recourir à la rue d'ici 15 jours contre ce qu’ils appellent « la concurrence déloyale » de véhicules non enregistrés, comme les voitures individuelles utilisées comme taxis, ou encore des tuk-tuks qui transportent des passagers sans aucune licence officielle, annonce un communiqué de la Fédération des transports routiers publié par l’Agence nationale d’information (Ani, officielle), lundi.
Bassam Tleiss, président de la Fédération des transports routiers, a certifié à L’Orient-Le Jour que « les revendications ne sont pas nouvelles, mais elles continuent d’être ignorées par le gouvernement ». Il parle des voitures privées employées comme taxis, des plaques d’immatriculation utilisées sur plusieurs véhicules illégalement, des tuk-tuks qui transportent des passagers alors qu’ils avaient été importés sous la catégorie « motos à trois roues »…
Dans le communiqué publié par l’Ani, le syndicaliste dénonce le fait que « le nombre de plaques d’immatriculation légales ne dépasse pas 4250, alors que les minibus et autres véhicules roulant illégalement s'élèvent à plus de 15 000 ». Concernant les tuk-tuks, il préconise « d’en arrêter l’importation et d’en limiter la circulation – si besoin en est – dans les villages et les routes secondaires exclusivement, tout en s’assurant qu’ils ne représentent plus de danger à la circulation ».
En réponse à une question sur le timing de ce mouvement de grève, M. Tleiss rappelle à L’OLJ qu’une réunion avait eu lieu il y a sept mois environ avec le Premier ministre Nawaf Salam et plusieurs responsables concernés, dont le ministre du Travail, « mais rien n’a été fait depuis pour mettre un frein à la concurrence déloyale ». « Nous ne demandons pas de mesures qui nécessitent le déboursement de fonds, mais simplement l’application de la loi », insiste-t-il, précisant que la concurrence déloyale provient de chauffeurs libanais et non-libanais.
« Imaginez-vous un chauffeur de taxi ou de bus qui paie tous les impôts, toutes les taxes, la cotisation à la Caisse de sécurité sociale (CNSS) et un autre à côté qui fait le même travail sans rien payer, comment voulez-vous que le premier gagne sa vie ? », poursuit-il.
M. Tleiss confirme qu’il s’est donné 15 jours pour tenter de trouver un compromis avec l’Etat, assurant qu’il se met au travail dès le 19 janvier, pour prendre rendez-vous avec les responsables concernés. Mais il souligne auprès de L’OLJ que « les chauffeurs de taxis et de bus, à travers leurs différents syndicats, pourraient lancer le mouvement de protestation et de fermeture de routes à n’importe quel moment, sans attendre le résultat de mes pourparlers avec les responsables, et je leur ai dit que je ne pouvais pas les en empêcher ».
Les chauffeurs du port de Beyrouth protestent aussi
De son côté, le syndicat des chauffeurs de camion du port de Beyrouth a publié lundi un communiqué relayé par l’Ani appelant à l’escalade « pour protéger les droits des chauffeurs libanais en les enregistrant dans la Caisse nationale de sécurité sociale et en n’employant plus d'étrangers au noir ». Ces chauffeurs sont ceux employés par les sociétés privées de transport.
« La dégradation de la situation des chauffeurs libanais n’est pas imputable aux seules politiques générales, elle est due à la tendance des bureaux de transports d’embaucher des étrangers au noir pour économiser les frais liés à l’emploi des Libanais, et ce, en violation des lois en vigueur », poursuit le communiqué.
Les syndiqués appellent à la prise en compte des revendications suivantes : reconnaître le recrutement massif et illégal de non-Libanais et mettre fin à cette pratique, enregistrer tous les chauffeurs sans exception à la CNSS, respecter les lois au port et ailleurs, ne plus exploiter les chauffeurs libanais dans la confrontation avec l’Etat pour les abandonner ensuite sans reconnaître les responsabilités des uns et des autres.
« Nous ne sommes pas contre une réorganisation du secteur, mais nous rappelons que toute réforme qui ne prendra pas en compte les droits des chauffeurs sera lacunaire et rejetée », conclut le communiqué.



Trump juge « totalement inacceptable » la réponse de l'Iran pour mettre fin à la guerre
Aoun appelle l'UE et le Canada à « faire pression sur Israël » pour le contraindre à respecter le cessez-le-feu