Le chef de la diplomatie libanaise, Joe Raggi. Photo ANI
Le chef de la diplomatie libanaise, Joe Raggi, a dénoncé mardi le maintien de l’arsenal du Hezbollah, affirmant qu’il était devenu « un fardeau pour la communauté chiite », lors d’une interview accordée à la chaîne émiratie Sky News Arabia. Ses propos selon lesquels « tant que les armes ne seront pas totalement monopolisées par l’État, Israël conservera malheureusement le droit de poursuivre ses attaques conformément à cet accord » ont notamment provoqué des réactions du mouvement Amal et du Hezbollah.
« La communauté chiite est une composante essentielle (du Liban), et nous sommes tous citoyens de ce pays. Vos armes ne sont plus en mesure de vous protéger ni de protéger le Liban, et sont devenues un fardeau pour la communauté chiite. Seul l'État protège tous les Libanais », a indiqué le ministre. « Personne ne cherche à restreindre les droits de la communauté chiite. Nous voulons au contraire bâtir un État normal, caractérisé par la liberté et la prospérité. Nous devons résoudre la question des armes, et vous devez réintégrer l'État », a-t-il ajouté à l'adresse du mouvement chiite.
Joe Raggi rejoint par ces propos le président Joseph Aoun qui avait durci dimanche le ton face au Hezbollah et appelé le parti chiite à être « raisonnable » concernant son désarmement.
« L'État cherche à monopoliser les armes pour le bien du peuple libanais et pour rétablir sa souveraineté sur l'ensemble de son territoire, car tout en dépend : les aides, le redressement économique, la reconstruction et les investissements », a souligné le ministre. Il a dans ce cadre rappelé que les pays donateurs « exigent le monopole des armes et des réformes économiques. Le rétablissement de la confiance des investisseurs et le bon fonctionnement du système politique et économique ne pourront être assurés tant que les armes resteront hors du contrôle de l'État ». Le chef de la diplomatie libanaise a rappelé que « l'accord (de cessez-le-feu) était favorable à Israël », estimant que « tant que les armes ne seront pas totalement monopolisées par l'Etat, Israël conservera malheureusement le droit de poursuivre ses attaques conformément à cet accord ».
« Insolence »
Commentant sa rencontre la semaine dernière avec le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, M. Raggi l'a qualifiée de « franche, claire, calme et courtoise ». Il a par ailleurs confirmé « des désaccords sur plusieurs points, notamment concernant l'ingérence directe de Téhéran dans les affaires libanaises ». « Les Iraniens affirment ne pas s'ingérer dans les affaires libanaises, mais ils exercent une ingérence financière, militaire et politique directe. Ils sont ouverts au dialogue et à l'écoute de nos idées. Ils disent soutenir le Hezbollah, mais ne pas interférer dans ses décisions internes », a indiqué M. Raggi, révélant avoir demandé à son homologue iranien « de cesser les déclarations qui s'ingèrent dans les affaires libanaises et critiquent les décisions du gouvernement ». Il a en outre fait remarquer que « la différence entre l'Iran et les États-Unis réside dans le fait que ces derniers soutiennent l'État libanais et fournissent des armes à la troupe, tandis que Téhéran arme une organisation qui échappe à la légitimité libanaise ».
Le député du mouvement chiite Amal, Kassem Hachem, a estimé dans un communiqué que les propos du ministre des Affaires étrangères « dépassent les limites de l’insolence, et plus encore, en en venant à justifier l’agression israélienne contre le Liban ». Il a dans ce cadre dénoncé « une atteinte à la dignité nationale ». « Si nous vivions dans un État pleinement souverain et digne, sa révocation s’imposerait, a-t-il estimé. Ce qui a été dit ne peut être justifié sous aucun prétexte, pas même celui de la liberté d’expression. Jusqu’à quand la politique de l’autruche ? Il est temps de dire les choses telles qu’elles sont ». Le député Ali Ammar a lui estimé que les déclarations du ministre « constituent un échec politique, national et moral retentissant ». Selon lui, « au lieu de condamner les agressions israéliennes et de défendre la souveraineté libanaise, le ministre justifie le crime et le meurtre sionistes dont sont victimes les enfants de son pays ». Il appelle dans ce cadre à « une position claire et décisive du président de la République et du chef du gouvernement » face à ce type de déclarations.
Sur les réseaux sociaux également, de nombreux Libanais ont exprimé leur colère, critiquant le ministre pour avoir semblé justifier les frappes israéliennes.


Un patriote chargé des affaires étrangères, on comprend la rage du duo chiite, habitué à des ministres dociles du genre bassil et autres . Sans jeu de mot , Raggi, le bien nommé, fait rager le duo. Lorsque le duo est mécontent c’est que c’est bon pour le Liban. Ce brave Ali ammar doit savoir que pour sauver ses plumes c’est son hezbollah qui a tout accordé à Israël. Trop tard pour les larmes de crocodile. Fallait pas faire la guerre Ali, et fallait pas la perdre en plus !
07 h 26, le 15 janvier 2026