Des partisans du Conseil de transition du Sud, séparatiste, manifestant à Aden, dans le sud du Yémen, le 16 janvier 2026. Photo AFP
Le chef des séparatistes du Yémen a promis de continuer à oeuvrer pour un État indépendant, en s'adressant à ses partisans sur les réseaux sociaux pour la première fois depuis sa disparition après une brève offensive de son mouvement dans le sud du pays.
En décembre, les forces du Conseil de transition du Sud (CTS), dirigées par Aidarous al-Zoubaidi et soutenues par les Émirats arabes unis, se sont emparées de deux provinces du sud du Yémen, Hadramout et Mahra, lors d'une offensive repoussée par des frappes saoudiennes et par les forces yéménites au sol soutenues par l'Arabie saoudite.
M. al-Zoubaidi, accusé de « haute trahison » et chassé du Conseil présidentiel yéménite, a été déclaré en fuite début janvier, le jour même où il devait participer à Riyad à des pourparlers censés ramener la paix entre les différentes factions à la tête du pays.
L'Arabie saoudite a affirmé qu'il était parti pour les Émirats tandis que des responsables du CTS assurent qu'il se trouve toujours au Yémen. « Nous n'accepterons pas plus longtemps des solutions qui limitent nos droits ou nos imposent une réalité inacceptable », a-t-il déclaré vendredi soir dans un message adressé à ses partisans.
Lors de leur offensive, les forces du CTS s'étaient un moment emparées d'un territoire correspondant en grande partie à l'ancien Etat du Sud-Yémen, qui a existé entre 1967 et 1990 et qu'ils voulaient rétablir. Cette offensive a provoqué des tensions entre l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, deux puissances du Golfe qui soutiennent des factions rivales au sein du gouvernement yéménite.
« Je vous promets (...) que nous poursuivrons ensemble jusqu'à atteindre l'objectif national souhaité », a déclaré le chef séparatiste. « Avec votre détermination, nous triompherons. Avec votre unité, le Sud sera protégé et avec votre volonté, l’État futur sera établi », a-t-il ajouté.
Vendredi, des milliers de manifestants se sont rassemblés à Aden, dans le sud du Yémen, en soutien aux séparatistes, brandissant des portraits de leur chef ou criant des slogans hostiles à Rashad al-Alimi, qui dirige le Conseil présidentiel soutenu par l'Arabie saoudite.
Un manifestant, Hussein Mohammad al-Yafai, a déclaré à l'AFP qu'il était venu pour « rejeter les mesures illégitimes prises par l'Arabie saoudite contre le Sud ». Un autre manifestant, Wafi Al-Arimi, a déclaré qu' « aucune puissance sur terre ne peut contraindre les habitants du Sud à abandonner leur projet national ».
Après la mise en échec de l'offensive séparatiste, le chef du Conseil présidentiel avait affirmé que toutes les forces militaires du sud du Yémen opéreraient désormais sous le commandement de la coalition dirigée par Riyad, tandis que les ministres et membres du Conseil pro-Émirats ont été limogés.


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